Musique Émissions – Rendez-vous

Toute première fois | Eté

Toute première fois : Joël Séria

Podcasts :
Joël Séria, le réalisateur des "Galettes de Pont-Aven"

Le réalisateur de 78 ans évoque son film culte tourné avec Jean-Pierre Marielle il y a 40 ans : "Les galettes de Pont-Aven"....Amour, peinture et parapluies !

Breton par son père , le réalisteur angevin Joël Séria a des liens affectifs forts avec la Bretagne où il venait souvent chez sa famille dans le Morbihan et où il a habité pendant la guerre. Séria a tourné peu de films mais en a écrit beaucoup. Il aurait peut-être voulu être poète, a été représentant (comme son père) et lorsqu'il fait son premier film : celui-ci est censuré. Drôle de destinée pour un cinéaste !

Son premier long-métrage "Mais ne nous délivrez pas du mal" , inspiré de l'histoire vraie de 2 jeunes filles transgressives qui deviennent meurtrières, sort en 1971. Jeanne Goupil y tient son premier rôle : elle est aujourd'hui encore la compagne du cinéaste. Le film devait être présenté à Cannes. Interdit 7 mois, il est devenu culte aujourd'hui. Séria voulait dénoncer aussi l'éducation religieuse pour le moins rigoureuse qu'il a reçu. Le cinéaste n'a que le certif, obtenu dans une école catholique. Il a refusé de passer le bac, comme d'autres refusent un César ou la légion d'honneur. On lui doit aujourd'hui moins de 10 films comme "Charlie et ses deux nénettes", "San Antonio ne pense qu'à ça" ou "Mumu" (2010) : Sylvie Testud y incarnait une institutrice dure, mais efficace. Il a tourné par ailleurs de nombreux épisodes de Nestor Burma avec Guy Marchand pour la télé.

Mais tout le monde se souvient de Séria grâce aux "Galettes de Pont-Aven" . Histoire d'amour, de peinture et de parapluies. Un film écrit à Riec-sur-Belon par Séria pour Jean-Pierre Marielle. Celui-ci y incarne Henri, un représentant de pébrocs, lassé par sa femme, par sa vie bourgeoise. Il plaque tout, à la recherche de liberté, d'amour et d'une nouvelle passion. Un peu comme Gauguin arrivant à Pont-Aven, il devient peintre (du dimanche), peint le corps des femmes. "Ton cul c'est mon génie" dit-il à sa modèle. Mais c'est par la plus candide d'entre toutes, qu'il est finalement destabilisé. Henri, obsédé sexuel ou esprit libertaire ? En recherche d'amour, répond Séria !Au casting : Andrea Ferreol, Bernard Fresson, Jeanne Goupil, qui (peintre elle-même) réalisera les toiles de Henri pour le film. Peu de bretons au générique, si ce n'est la morlaisienne Dominique Lavanant, en prostituée avec coiffe bretonne !