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Bibendum Story : l'Aventure Michelin sur France Bleu Pays d'Auvergne

mardi 19 juin 2018 à 16:14 Par Pascal Gourvat, France Bleu Pays d'Auvergne

Stéphane Nicolas de l'Aventure Michelin raconte l'histoire des femmes et des hommes qui ont construit la légende Michelin.

Stéphane Nicolas nous raconte l'Aventure Michelin
Stéphane Nicolas nous raconte l'Aventure Michelin

Clermont-Ferrand, France

Elisabeth Pugh-Barker

La Naissance de Michelin

Tout le monde associe le caoutchouc à Michelin et Michelin à Clermont-Ferrand. Mais comment peut-on expliquer que la préfecture auvergnate, éloignée des ports de commerce, soit devenue la capitale d’une matière première d’origine tropicale ? A priori l’hévéa ne pousse pas dans la chaîne des puys.

Pour en trouver l’explication il faut remonter au début du XIXème siècle. Une certaine Madame Daubrée tient à Paris un pensionnat réputé, et parmi ses élèves se trouve une jeune écossaise, Elisabeth Pugh-Barker, née en 1809. Elisabeth est la nièce du chimiste Charles Macintosh, qui s’est intéressé très tôt aux applications du caoutchouc. C’est lui par exemple qui a l’idée de dissoudre du caoutchouc pour enduire des vêtements et les rendre imperméable. En Grande-Bretagne, un « Mac » désigne un imperméable. Charles fabriquait aussi des petites balles rebondissantes qui plaisaient beaucoup à sa nièce. 

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Elisabeth Pugh-Barker - © Michelin

Arriva ce qui devait arriver, le fils de Madame Daubrée, Edouard, tombe amoureux d’Elisabeth. Ils se marient, en 1829, et l’avenir du couple va s’écrire en Auvergne, où Edouard Daubrée installe avec son cousin Aristide Barbier une usine de construction mécanique sur les bords de la Tiretaine. Les affaires marchent bien, et Elisabeth leur suggère alors d’introduire du caoutchouc dans leur activité pour améliorer encore leurs produits : fabriquer des tuyaux, des valves, des clapets. Dès le départ, Elisabeth prend les choses en main et organise un petit atelier près de la place Delille où elle fait venir du caoutchouc naturel pour le transformer. Elle se souvient d’ailleurs des petites balles de caoutchouc que lui fabriquait son oncle et elle va en faire un produit du catalogue Barbier-Daubrée, qui rencontrera un gros succès dans les écoles et pensionnats de la région. 

A la fin du siècle, en 1891, quand les petits-enfants d’Aristide Barbier cherchent à diversifier l’activité de la petite manufacture, c’est sur le caoutchouc qu’ils s’appuient. Ces petits-enfants  s’appellent André et Edouard Michelin et ils croient dur comme fer à leur nouveau produit, le pneu démontable pour vélo. Vous connaissez la suite de l’histoire…

Comme quoi une histoire d’amour peut avoir une influence considérable sur la prospérité d’une région !

Charles Terront

Le pneu de vélo démontable

Nous sommes à Clermont à l’été 1891. Dans la cour de son usine Edouard Michelin et son contremaître travaillent à la mise au point d’un pneu de vélo révolutionnaire, le pneu démontable. Ce n’est pas facile, il faut travailler la roue, la chambre à air, l’enveloppe. Il faut quelque chose de simple et rapide à réparer. Et puis il faut aller vite. En effet, son frère André a repéré que le Petit Journal (1 million de lecteurs à l’époque) organise une course cycliste Paris-Brest et retour en septembre de la même année.

-          « le délai est trop court, on ne sera pas prêts » dit le contremaître

-          « ça ferait un lancement épatant, nous serons les seuls à avoir un pneu démontable, c’est une supériorité que nous ne retrouverons peut-être jamais » dit André. « Débrouillez-vous » !

Il faut aussi trouver un coureur qui accepte de prendre le risque de courir avec ce nouveau pneu. André décide d’aller voir Charles Terront. 

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Charles Terront - © Michelin

En 1891 Terront a 34 ans. C’est un vétéran, mais qui remporté plus de 200 victoires en 15 ans, c’est la 1ère star du cyclisme français. La discussion s’engage et finalement au cours d’un bon déjeuner Michelin réussit à le convaincre de participer à la course avec ses pneus. C’est donc lui qui prend le départ de la course le matin du 6 septembre, parmi 210 concurrents.

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Charles Terront - © Michelin

Le début de la course est difficile, Terront perd du terrain, il est victime de plusieurs crevaisons. D’ailleurs il le dit « je suis crevé », à tel point que la nouvelle de sa mort se répandra. Heureusement il n’en est rien, mais à Brest, il a 51 minutes de retard sur le favori. 

Mais la 2ème partie de la course va lui être favorable. A Guimgamp le favori à 1 heure et demi d’avance mais il est exténué et s’arrête pour dormir. Terront en profite et redouble d’efforts pour passer devant. Sur la fin de la course, il faut même sonner une cloche aux oreilles de Terront pour l’empêcher de s’endormir ! Mais ses efforts sont récompensés et il gagne la course avec 8 heures d’avance. 

André Michelin est à Paris, il suit la course d’heure en heure grâce au télégraphe et voyant la victoire se profiler, il fait imprimer des centaines de prospectus qu’il peut distribuer dès que le coureur franchit la ligne d’arrivée. 

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Charles Terront - © Michelin

Charles Terront signe la première victoire de Michelin en compétition, et André Michelin sa première grande campagne publicitaire.

Bibendum

Bibendum

Vous connaissez tous Bibendum, qui a été élu meilleur logo du monde, unanimement reconnu sur tous les continents, de la Chine aux Etats-Unis. Mais savez-vous qu’il y a 120 ans c’est dans notre région Auvergne Rhône Alpes qu’est né ce personnage emblématique ?

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Bibendum - © Michelin

Nous sommes en 1894, les frères Michelin prennent un stand à l’exposition universelle de Lyon, où le public vient découvrir les nouveautés de l’époque. Les frères Michelin empilent sur leur stand des pneus du plus grand au plus petit pour montrer qu’ils proposent de nombreuses dimensions. A cette époque les automobiles sont encore très rares, les pneus sont des produits précieux, ils sont donc emballés dans un papier de soie blanc.

Une fois que l’installation est finie, Edouard (qui a fait l’Ecole des Beaux-arts et qui a un sens de l’observation très développé) se tourne vers son frère André et lui dit : « regarde André, cette pile de pneu, avec une tête et des bras on dirait un bonhomme ». 

André s’occupait de la publicité et il rentre à Paris avec cette idée en tête. Quelques temps plus tard il en parle avec un affichiste qui s’appelle O’Galop. C’est lui qui va donner vie à cette idée. Il tire son inspiration du slogan de l’époque : « le pneu Michelin boit l’obstacle ». O’Galop va donc représenter le bonhomme fait de pneus, à une table de banquet, levant fièrement  son verre en disant « Nunc Est Bibendum », ce qui veut dire en latin : « c’est le moment de boire ». 

Mais pas boire n’importe quoi ! Dans la coupe se trouvent les obstacles que le pneu pouvait rencontrer sur son chemin et qu’il devait absorber : des clous, des tessons de bouteille, un fer à cheval tordu…

Nous sommes en 1898, ce nouveau personnage…ce drôle de personnage vient de naître !

…mais il n’avait pas encore de nom. Il a bien fait rire le public ce drôle de personnage avec sa coupe et ses obstacles. Et c’est tout naturellement le public qui a spontanément associé ce mot bizarre « Bibendum » à ce personnage détonnant dans la publicité de l’époque.

Camille Jenatzy

Record de vitesse

A la fin du XIXème siècle, les progrès vont très vite. C’est la seconde révolution industrielle, des nouveautés arrivent de partout, et parmi elles l’automobile. 

La France est un pays très dynamique dans ce domaine. Des passionnés de mécanique, dont André Michelin fait partie, fondent l’Automobile Club de France en 1896 et s’intéressent aux records de vitesse. Qui réussira à battre le record précédent ? Qui réussira à franchir la barre symbolique des 100 km/h ? On ne sait même pas si le corps humain est capable de résister à de telles vitesses.

Parmi ceux qui s’intéressent à cette question, un ingénieur belge : mince, nerveux, il porte une barbichette rousse qui le fait surnommer « le diable rouge ». C’est Camille Jenatzy. Il s’intéresse particulièrement à l’électricité appliquée aux véhicules, d’ailleurs il construit des fiacres électriques à Paris.

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Camille Jenatzy - © Michelin

Jenatzy entreprend de construire une voiture, électrique bien sûr, aérodynamique (en forme de fusée) et la plus légère possible, pour battre le record de vitesse. Il surnomme sa voiture la « Jamais Contente », peut-être en hommage à l’humeur versatile de son épouse…

Le projet est prêt en 1899 mais que faire pour les pneus ? Comment un bandage de caoutchouc rempli d’air peut résister à une telle vitesse ? Jenatzy connaît bien le problème, son père dirige une usine de caoutchouc et fabrique des pneus. Mais étant donné le caractère exceptionnel de son besoin, c’est vers les frères Michelin qu’il se tourne. On imagine un pneu plus large, avec un diamètre plus petit, pour abaisser le centre de gravité et mieux tenir la route…Et finalement Jenatzy s’élance sur la ligne droite d’Achères, en région parisienne, le 29 avril 1899, où il atteint 105 à l’heure !

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Camille Jenatzy - © Michelin

Jenatzy réussit son pari, il fait entrer Michelin et la voiture électrique dans l’histoire de la compétition automobile.

Léon Théry

La Coupe Gordon Benett

Le 5 juillet 1905 l’Auvergne accueille un événement international majeur : 80000 spectateurs, 300 journalistes venus du monde entier, le recteur a même décalé les épreuves du Bac qui devaient se tenir le même jour. L’octroi de Clermont enregistre 5000 voitures dans les 3 jours précédents l’événement. A titre de comparaison la production annuelle en France est de 4000 voitures, et elle est de loin la 1ère d’Europe à l’époque.

Cet évènement qui déplace les foules, c’est la Coupe Gordon-Bennett. Cette coupe a été fondée en 1900 par James Gordon-Bennett, magnat de la presse américaine. C’est une course automobile où plusieurs nations s’affrontent avec leurs voitures, leurs pilotes et leurs pneus. L’enjeu est autant sportif que politique.

En 1905, les frères Michelin ont proposé d’organiser cette course en France, en Auvergne, sur un circuit de montagne de 137 km.

L’enjeu est énorme et repose en partie sur les épaules de Léon Théry, l’un des 3 pilotes qui représentent la France. C’est un solide gaillard de 26 ans, sportif, passionné de mécanique, talentueux pilote, surnommé « le chronomètre ». Au petit matin du 5 juillet 1905 il prend le départ de la course au volant d’une voiture Brasier. Il a confiance dans sa voiture, rapide et robuste, ainsi que dans ses pneus, des Michelin naturellement. Mais il sait que la lutte va être rude avec les concurrents internationaux. Il sait qu’il peut aussi compter sur autre chose : Michelin vient d’inventer rien moins que le pit-stop, qui permet d’assurer le ravitaillement de la voiture et le changement des pneus en 3 minutes, là où il faut 7 à 10 minutes aux équipes concurrentes.

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Léon Théry - © Michelin

La lutte est serrée. Théry s’accroche à son volant et scrute la route malgré la poussière qui lui brûle les yeux. Les italiens sont de redoutables concurrents, notamment Vincenzo Lancia, le fameux pilote de FIAT. Théry le pousse dans ses retranchements, les mécaniques sont mises à rude épreuve. L’italien casse son radiateur, le moteur chauffe et finit par gripper, permettant à Théry de prendre l’avantage. 

Vers 15h, le journal l’Auto fait paraître son édition spéciale : Théry a gagné la course, à la moyenne fantastique de 78 km/h. Il devient héros national et Michelin confirme son statut de champion.

Eugène Renaux

Renaux au Puy-de-Dôme

Le 13 janvier 1908, un record vient d’être battu : un avion a réussi à franchir 1 kilomètre. Les frères Michelin s’enthousiasment pour ce nouveau moyen de transport et décide de l’encourager. Six semaines plus tard, début mars, ils proposent un prix de 100000 F or pour l’aviateur qui réussira à décoller de Paris, décrire un cercle au-dessus de l’Arc de triomphe, se diriger vers Clermont, tourner autour des flèches de la cathédrale pour venir atterrir au sommet du puy-de-Dôme… sans s’écraser. Rendez-vous compte, 350 km, soit 350 fois le record du mois de janvier ! Certains disent que c’est impossible, d’autres qu’il faudra des dizaines d’années avant de réussir un tel exploit. Peu importe, Michelin a confiance en l’avenir.

Eugène Renaux aussi. Eugène Renaux c’est un sportif, il pilote tout : vélo, moto, auto…En 1910 il revend son garage et se lance dans l’aviation. Après 6 vols d’un quart d’heure, il obtient son brevet de pilote. Et brevet en poche, il décide de s’attaquer à la Coupe Michelin. Le règlement dit qu’il faut un passager dans l’avion ? Renaux va voir Albert Senoucque et réussit à la convaincre d’être avec lui pour cette aventure. Tous les matins, les 2 hommes se renseignent sur les conditions météo des jours à venir. Et c’est finalement le 7 mars 1911 qu’ils décollent de l’aérodrome de Buc, en banlieue parisienne, à 9h12. Le règlement précise que le vol doit s’effectuer en moins de 6 heures, ils doivent donc se poser sur le puy de Dôme avant 15h12. 

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Eugène Renaux - © Michelin

Comme tous les avions de cette période héroïque, leur appareil est frêle, constitué de bois et de toile enduite. A 10h18 ils passent au-dessus de Montargis. Ils traversent ensuite du brouillard, Senoucque dit à Renaux : « nous ne sommes pas perdus, mais je ne sais pas exactement où nous sommes ». Les 2 hommes arrivent finalement à Cosne sur Loire où ils font une pause pour ravitailler avant de repartir en direction de Clermont.

Clermont où les cloches de la cathédrale sonnent à toute volée et où les sirènes de l’usine Michelin retentissent. La population a été prévenue de la tentative. Renaux voit une multitude de petits points qui bougent au sol : les gens sortent de chez eux pour le voir passer.

Eugène Renaux - Aucun(e)
Eugène Renaux - © Michelin

Il atterrit finalement en douceur sur l’étroite plate-forme au sommet du puy de Dôme, « sans casser de bois » comme on dit à l’époque, à 14h23. Il empoche donc les 100000 F… et prouve que Michelin avait raison de croire en l’avenir. 

Pierre Boulanger

La 2 CV

On fête cette année les 70 ans de la 2 CV. Tout le monde connaît cet emblème de Citroën, mais savez-vous qu’un esprit auvergnat est à l’origine de cette voiture légendaire ?

En 1922, Michelin a lancé une grande enquête pour connaître les besoins des Français en matière d’automobile. Deux ans après, elle livre ses conclusions : il y a 1,4 millions de clients potentiels pour une petite voiture économique. Quelques années plus tard Michelin devient propriétaire de Citroën et n’a pas oublié les résultats de cette enquête. Il décide de lancer le projet TPV, ce qui signifie « Toute Petite Voiture ». Pour Edouard Michelin, c’est un enjeu économique mais aussi social : il s’agit de mettre l’automobile à la portée du plus grand nombre.

C’est à Pierre Boulanger qu’il confie cette responsabilité. Pierre Boulanger c’est un homme du Nord, né en 1885 dans une famille modeste. Entre 1906 et 1908 il fait son service militaire à Satory, dans l’aérostation. Il décide ensuite d’émigrer aux Etats-Unis, mais la guerre éclate en 1914 et il revient en France pour servir dans l’aviation. 

Pierre Boulanger  - Radio France
Pierre Boulanger © Radio France - © Michelin

Lorsqu’il est démobilisé en 1919, il vient travailler à Clermont-Ferrand où Edouard Michelin lui confie le développement des cités. Il gagne rapidement sa confiance et devient directeur de Citroën dans les années 1930. Pierre Boulanger possède une maison à Lempdes, il connaît bien la campagne auvergnate et il va définir de façon simple le projet TPV : « une voiture capable d’emmener 4 personnes et 50 kg de bagages à 60 km/h, pour le 1/3 du prix d’une Traction. Elle doit être suffisamment confortable pour transporter un panier d’œufs à travers un champ labouré, sans en casser un seul ». 

Boulanger va veiller scrupuleusement au respect de ce cahier des charges. Pour lui, la technique est là pour répondre au besoin du client. Il n’hésite pas à faire appel à des solutions originales issues de l’aviation ou de la construction des Michelines. La 2 CV, c’est un mélange de bon sens, d’économie, et d’innovations. 

Il faudra du temps pour trouver les solutions idéales. C’est en 1948 que la 2 CV voit enfin le jour. L’intuition de Michelin et la ténacité de Pierre Boulanger sont récompensées, elle deviendra le symbole de la voiture populaire avec plus de 5 millions d’exemplaires fabriqués en 40 ans de carrière.

Marcel Michelin

Marcel Michelin et l'ASM

Si tout le monde connaît le stade Marcel-Michelin, savez-vous pourquoi il porte ce nom ? Qui était Marcel Michelin ?

Marcel Michelin - Aucun(e)
Marcel Michelin - © Michelin

Passionné de mécanique, très habile de ses mains, Marcel Michelin est le fils d’André, l’un des 2 frères fondateurs. Il joue un rôle important dans les développements technologiques de l’entreprise.

Marcel Michelin est d’un tempérament actif : grand, élancé, il aime voyager, découvrir, il aime la vie au grand air. Il n’est pas le seul chez Michelin, et c’est la raison pour laquelle il propose de créer en 1911 une Association pour regrouper tous les sportifs : ce sera l’ASM, Association Sportive Michelin. D’emblée, l’association est multisport : rugby, déjà, mais aussi football, course à pied, athlétisme, tennis…etc. Un gymnase et des terrains de sport sont aménagés avenue de la République, et l’ASM agit comme un club de loisirs.

En 1914 la guerre éclate, Marcel Michelin est mobilisé. Pendant la guerre il contracte une diphtérie qui lui paralyse l’épaule et le bras droit. Pendant 2 ans et demi il va subir des traitements électriques variés, sans résultats satisfaisants. Il ne se décourage pas et décide d’aller voir un professeur de culture physique à Clermont. Et là, avec cette nouvelle méthode, on constate un mieux au bout de 3 mois d’entraînement, et il retrouve presque complétement ses muscles au bout de 6 mois.

Résultat, sa vision du sport se renforce. Ce qui était jusque-là un loisir devient aussi un enjeu de santé. Il décide donc de développer encore les activités de l’ASM, qui entre temps change de nom pour devenir Association Sportive Montferrandaise. Il fait construire un nouveau complexe, rue Montlosier, et le symbole de ces installations est la piscine, la 1ère de Clermont, inaugurée en 1922, un équipement sportif très rare à l’époque. L’eau est constamment chauffée et renouvelée, et c’est un Bibendum fontaine qui assure cette fonction. Fervent pratiquant sportif, Marcel Michelin soutient les activités de l’ASM au plus haut niveau.

C’est un homme de conviction, et pendant la seconde guerre mondiale il s’engage dans la Résistance. Mais en 1943, il est dénoncé, arrêté, déporté. Il meurt dans un camp en Allemagne en janvier 1945, il avait 59 ans. C’est en hommage à son action et à ses convictions que l’ASM a décidé, juste après la guerre, de donner le nom de ce grand Homme au stade que vous connaissez.