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Père Christophe Boccheciampe : du 9 au 15 janvier

Par le dimanche 15 janvier 2017
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Père Christophe Boccheciampe
Père Christophe Boccheciampe © Radio France - Christophe Zagaglia

Ordonné prêtre il y a 9 ans, Christophe Boccheciampe exerce son ministère depuis 4 ans sur la rive Sud d'Ajaccio et dans la vallée du Prunelli. Rencontre avec ce curé de 37 ans qui incarne la nouvelle génération dynamique des prêtres en Corse.

Il ne fait jamais de grasse matinée le dimanche, ni même d’ailleurs les autres les jours de la semaine. Alors que la rive Sud se réveille doucement en ce dimanche de décembre, le Père Christophe est déjà sur la route qui le mène à l’Isulella, sur la commune de Pietrosella, où il célèbrera dans quelques heures l’office dominical dans la petite église Sainte Monique : « Nous passons l’hiver au chaud ici car l’église à Purtichju a d’importantes fuites d’eau l’hiver, nous sommes dans l’attente d’une nouvelle église qui sortira de terre on l’espère très vite ».

La vocation ? Christophe Boccheciampe l’a eue grâce à un prêtre, à l’adolescence, qui lui a donné goût à la prière, le sens de l’Eucharistie et qui lui a fait découvrir le rôle du prêtre dans une communauté. Le Père Christophe est parti un an au séminaire à Marseille, s’en sont suivies deux années au séminaire interdiocésain en Avignon pour apprendre le cycle de la philosophie, avant de passer 3 ans à Aix-en-Provence. Retour ensuite en Corse. Christophe Boccheciampe est ordonné diacre en 2006 à Ghisunaccia, puis prêtre un an plus tard, le 1er juillet 2007 à Cervioni d’où il est originaire : «J’avais en charge tout le secteur de Cervioni jusqu’en Castagniccia, j’ai commencé à travailler avec l’abbé Olive Tagliazucchi et le Père Adalbert » poursuit le curé.

Des châtaigniers aux palmiers

Il y a 4 ans, Monseigneur de Germay, actuel évêque de Corse, lui demande de rejoindre la Corse du Sud. Le Père Christophe quitte les montagnes de Castagniccia pour les plages de la rive Sud d’Ajaccio où il exerce son ministère depuis 2013 : « J’ai l’habitude de dire que je suis passé des châtaigniers aux palmiers. Je me plais beaucoup sur ce secteur, c’est une très belle expérience que je vis avec de nouveaux projets et de nouvelles rencontres, c’est une autre perspective pour moi » confie l’homme d’Eglise.

Son secteur inter-paroissial compte neuf communes qui s’étendent sur la rive Sud d’Ajaccio. De Coti-Chjavari à Bastelicaccia, en passant par Pietrosella et Purtichju, sans oublier la montagne avec la vallée du Prunelli, Bastelica, Tolla, Ocana, Eccica-Suarella et Cavru, un secteur important pour le curé : « En plus de ma mission au quotidien sur ce secteur, j’assure l’aumônerie de l’enseignement catholique à l’école Saint Joseph à Ajaccio, je suis chapelain de l’ordre Saint Lazare et depuis peu aumônier des sapeurs-pompiers de Corse du Sud, je suis très peu à la maison ! » .

Pour l’aider, le Père Christophe peut compter sur le soutien indéfectible du diacre Ange-Marie Bastelica : « Il me donne un sacré coup de main sur le secteur, j’ai une totale confiance en lui, si j’ai une impossibilité, je sais qu’il veillera à ma place».

Misère aussi visible au soleil

La population globale du secteur inter-paroissial de la rive Sud d’Ajaccio et dans la vallée du Prunelli est estimée entre 10 000 et 15 000 personnes l’hiver, multipliée par dix à l’arrivée de l’été. Le curé est souvent sollicité au-delà des offices et est souvent invité chez les gens : «Le prêtre est celui qui vit avec sa communauté » insiste Christophe Boccheciampe. L’homme d’Église tient aussi à son rôle social et de confident.

« Nous devons être attentifs sur ce qui ne va pas et faire attention à la pauvreté ou bien à l’isolement dans les villages notamment. Le prêtre est la partie visible de la Miséricorde de Dieu, il n’a pas à juger les gens, on doit aider la personne à avancer avec ce qu’elle est et en la relevant. Vous savez, sur la rive Sud, il n’y a pas que des gens riches contrairement à ce que l’on pense ».

9h. Le Père Boccheciampe arrive sur le terre-plein de l’église Sainte Monique à l’Isulella. À une heure de la messe dominicale, les bénévoles sont déjà sur le pont depuis quelques heures pour préparer l'office religieux. Il sont quatre-vingt sur le secteur. Patrick est l’un d’entre eux. Il a intégré l’équipe il y a quelques mois. « C’est le Père Christophe qui m’a donné envie de devenir bénévole et de m’occuper de l’église. Grâce à lui, je reviens à la messe et je participe à la vie de la paroisse, ça été une révélation pour moi » souligne le sexagénaire.

Des compliments qui ravissent le curé mais pour autant le Père Christophe reste modeste. « C’est vrai que j’ai la facilité d’aller rencontrer l’autre mais je ne fais que remplir la mission que m’a confié Dieu ».

Christophe Boccheciampe entend bien poursuivre son travail ces prochaines années sur la rive Sud d’Ajaccio et dans la vallée du Prunelli, avec en point d’orgue le projet de la nouvelle église de Purtichju. Un ministère sous les palmiers avant de retrouver peut-être un jour les châtaigniers.