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Les Eaux d'Orezza : du 19 au 25 septembre

Les Eaux d'Orezza

In Vivo du dimanche 25 septembre 2016

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Relancée il y a 17 ans par l'industriel François-Xavier Mora, originaire du canton, la société des Eaux d'Orezza est une entreprise florissante. Chronique d'un succès pas forcément annoncé qui dépasse aisément aujourd'hui les frontières de la Corse.

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Les Eaux d'Orezza : du 19 au 25 septembre

Ses yeux pétillent. Marie-Laurence Mora, PDG des Eaux d'Orezza, ne cache pas sa fierté. Assise devant le kiosque rose orangé à Rapaghju, d'où jaillit l'eau ferrugineuse, pour la plus grande curiosité des touristes, l'épouse du regretté chef d'entreprise se souvient. « Nous nous sommes lancés avec mon mari dans un pari fou. Au départ, nous avons investi plus de 2 millions d'euros avec une exploitation provisoire ! Cela a été une aventure humaine incroyable. Je suis fière avec ma famille et mes employés d'avoir fait des Eaux d'Orezza un fleuron de la Corse » souligne la dirigeante.

Un poumon économique pour le canton

Propriété du Conseil Départemental de Haute-Corse, la source de l'Acqua Citosa est gérée par délégation de service public. La concession prend fin cette année. La société des Eaux d'Orezza compte aujourd'hui 28 salariés. Elle produit 12 millions de bouteilles par an pour un chiffre d'affaire de 8 millions d'euros. 90 % des ventes sont faites sur la Corse, 9 % sur le continent français ainsi qu'en Europe, et 1 % à l'international comme au Japon.

Jean-Louis Rossi est le directeur industriel de l'usine. Devant le balai incessant de la machine d'embouteillage et les va-et-vient des techniciens dans l'enceinte du bâtiment datant de Napoléon III, le responsable du site a aussi le regard fier. « Nous sommes devenus la locomotive de la région, c'est un miracle économique ! » s'exclame Jean-Louis Rossi. « Dès le lancement de l'aventure, François-Xavier Mora a signé un pacte moral avec les salariés. Il a voulu faire travailler prioritairement des gens de son canton, aujourd'hui, la grande majorité des salariés de l'usine est originaire des villages environnants. Cette année encore, nous avons embauché deux jeunes de la région » poursuit le directeur industriel.

Des rayons des supermarchés aux tables des prestigieux restaurants étoilés, en passant par le comptoir d'un bar de village ou les couloirs de grands centres médicaux sur le continent et à l’étranger, la bouteille au bouchon bleu ciel est partout. « Nous travaillons à flux tendu mais il y a un savoir-faire. Nous avons investi dans des machines à la pointe de la technologie, ce qui nous permet aujourd'hui de faire face et tout se passe très bien » souligne le responsable de l'usine.

Les Eaux d'Orezza produisent 12 millions de bouteilles pas an  - Maxppp
Les Eaux d'Orezza produisent 12 millions de bouteilles pas an © Maxppp - Eaux d'Orezza

Nouvelle délégation de service public

En cette belle matinée d'août où le ciel bleu azur est de la couleur des Eaux d'Orezza, les techniciens et manutentionnaires s'affairent pour charger au plus vite le semi-remorque. Carl'Antò Guastalli est employé à l'Acqua Citosa depuis 1999, cet Orezzincu est l'un des plus anciens dans l'entreprise. « Je travaille ici depuis le début, je suis polyvalent, c'est indispensable. Quand François-Xavier Mora cherchait des gens du canton, je n'ai pas hésité à postuler» souligne le quadragénaire.  Jean-Jacques Rocchi est technicien, Casinchese originaire de Loretu, il travaille à Rapaghju avec son épouse. « C'est une entreprise familiale, tout le monde se connaît, simu trà Casinchesi è Orezzinchi è dunque simu tutti parenti ! » s'exclame le jeune employé.

J'habite à Piazzole et suis à 10 minutes de chez moi, comme disait un ami à l'époque, avoir une fiche de paie à Orezza c'est quelque chose d'extraordinaire !»  Carl'Antò Guastalli, salarié.

La nouvelle concession pour l'exploitation des Eaux d'Orezza se fait attendre. D'autres entreprises insulaires ont répondu à l'appel d'offre du Conseil Départemental de Haute-Corse pour la nouvelle délégation de service public. Pour autant, Marie-Laurence Mora est sereine. « Je ne redoute pas grand-chose, je suis déterminée à continuer l'aventure. Nous avons mis, avec les salariés, toute notre âme et notre passion et ce n'est pas terminé : nous avons d'autres projets dans les cartons avec notamment des créations d'emplois » affirme la PDG de la société.

L'avenir de l'Acqua Citosa sera connu probablement d'ici la fin de l'année, en attendant, l'Orezza peut continuer à pétiller en Corse et dans le monde entier.

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