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Les beurrières de Nebbiu : du 3 au 9 octobre

Les beurrières de Nebbiu

In Vivo du dimanche 9 octobre 2016

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Philippe Wilson est agriculteur à Vallecalle dans le Nebbiu. Avec son épouse, il confectionne du beurre fermier. Rencontre avec un militant de la terre au parcours atypique.

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Les beurrières de Nebbiu : du 3 au 9 octobre

Une micro ferme en plaine de Vallecalle, à quelques encablures du lac de Padule. Au loin, quatre vaches et un taureau ruminent paisiblement à l'ombre sous les chênes.

Il est 11h, dans son atelier construit entièrement en bois, Philippe Wilson lance sa deuxième baratte de la matinée. L'agriculteur s'active car il vendra son beurre dès demain au marché. Fils d’immigrés irlandais et siciliens, ce quinquagénaire est arrivé en Corse « par hasard ». Après plusieurs vies professionnelles sur le continent, qui l'ont amené à être éleveur de chiens de traîneaux et conducteur d'attelage dans les Alpes ou encore psychoclinicien pour les enfants, Philippe a eu envie, avec son épouse, de changer de vie.

« Nous sommes arrivés en Corse avec un Renault trafic et nos trois enfants. Nous n'avions pas d'ambitions particulières avec ma femme, sauf de mettre à profit notre amour pour la terre » souligne l'artisan. La famille Wilson a été aidée à son arrivée dans le Nebbiu : les voisins, le maire, les gens du village leur ont prêté main forte. « On nous a fourni une aide mécanique et matérielle, ça a été une chance, il y a eu une solidarité paysanne ».

Philippe Wilson vend son beurre en vente directe - Radio France
Philippe Wilson vend son beurre en vente directe © Radio France - Christophe Zagaglia

4 vaches jersiaises et 1 taureau

Aujourd'hui, la famille vit sans aucune aide extérieure, sans subvention ni prime. « Nous avons mis de l'argent de côté pour un projet agricole. Aujourd'hui, nous vivons sans crédit ni dette, nous sommes également autonomes au niveau alimentaire, nous produisons ce que nous consommons ».

Midi approche, Philippe Wilson verse le lait dans la baratteuse, un de ses rituels quotidiens. Ce lait, il le doit à ses quatre vaches, des Jersiaises, des ruminants sélectionnés sur l'Île de Jersey en Angleterre, une race du même berceau que la vache corse et la Noire de l'Altas. « Quand nous avons débuté notre activité ici, nous avons été surpris de ne pas voir de vaches laitières, on nous a dit qu'il n’en n’a pas toujours été ainsi. Notre choix s'est porté naturellement sur la Jersiaise, une vache adaptée au climat de l'île ».

Des vaches productives, nourries d’herbe à 98%, qui peuvent donner en pleine lactation jusqu'à 20 litres de lait au quotidien. « Ce sont des beurrières, leur lait a un très fort taux de matière grasse, qui avoisine les 51%, c'est idéal pour faire du beurre ».

Philippe Wilson avec ses vaches jersiaises - Radio France
Philippe Wilson avec ses vaches jersiaises © Radio France - Christophe Zagaglia

Paysan militant

Dans son petit atelier de fabrication, l'agriculteur finit la deuxième baratte de la matinée. L'élaboration du beurre n'est pas un secret : « On le fait en maturation lente, sans conservateurs ni ferments, du coup, la date limite de consommation est très courte, je le fabrique le jeudi pour le vendre sur les marchés en fin de semaine, c’est un produit vivant, non pasteurisé ».

La famille Wilson vend son beurre mais aussi son fromage, uniquement en vente directe, soit à la ferme ou sur les marchés. Les produits des beurrières du Nebbiu sont présents sur les étals des marchés de la microrégion en période estivale, et dans le courant de l'automne sur le marché de Bastia.

Nous sommes en permaculture depuis 10 ans. Au-delà de la technique, c'est une philosophie, notre but est de valoriser au maximum ce que l'on a. Nous produisons notre propre nourriture, l'autonomie n'a aucun sens si on est dépendant de nos besoins primaires. Pour nous ce n'est pas une souffrance, c'est viable et possible, nous sommes des paysans militants mais nous ne sommes pas seuls en Corse dans ce cas.

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