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Dans les rues de Strasbourg, ce mardi soir.

Attaque mortelle à Strasbourg : ce que l'on sait de la fusillade qui a fait au moins trois morts et 12 blessés

Gérard Holtz, la parole et le geste

mercredi 19 juin 2013 à 12:29 France Bleu

 

Gérard Holtz - Maxppp
Gérard Holtz © Maxppp

 

« Le négatif ne m’intéresse pas. Même si ça peut agacer, je reste d’un enthousiasme viscéral ! » Silhouette fine et nerveuse, cheveux poivre et sel toujours impeccablement coiffés, visage anguleux au teint souvent hâlé que soulignent parfois une barbe naissante de baroudeur et un sourire gourmand, Gérard Holtz – sémillant sexagénaire – conjugue depuis belle lurette l’information et la pratique sportive : « Une journée sans sport, c’est une journée foutue ! » Journaliste populaire et enfiévré, il s’adonne désormais avec bonheur à sa passion pour le théâtre. Du coup en 2012, le reporter sportif télévisuel s’est embarqué dans un sacré pari : troquer le soir venu son micro pour le costume d’Argan, et interpréter dans les villes-étapes du Tour de France « Le malade imaginaire » de Molière, au sein de la « Compagnie de la Reine ». Un franc succès.Titulaire d’un DESS de droit public, Gérard Holtz se forme à l’Institut français de presse avant d’intégrer le Centre de Formation des Journalistes de Paris dont il sort diplômé en 1972.Il entre alors à l’ORTF (Office de Radiodiffusion et Télévision Française), où il présente le Journal Télévisé. Ainsi débute sa carrière au sein du Service Public de l’Audiovisuel.Au début des années 80, il devient grand reporter au Service des Sports d’Antenne 2 et rafle en 1985 le 7 d’Or du Meilleur journaliste sportif. Performance qu’il réédite en 1988, 1990, 1993 et 1995.Ses reportages sur le rallye Paris-Dakar lui ouvrent l’accès à un large public. Il se forge une véritable notoriété grâce à ses émissions au sein du Tour de France cycliste qu’il propose encore aujourd’hui.En 1992, sa présence sur le petit écran est remarquée durant les Jeux Olympiques d’Hiver à Albertville.Entre 1985 et 1992, puis de 2005 à 2008, il assure la présentation de l’emblématique « Stade 2 ».En 1999, il anime le jeu « Les Cinglés de la télé », et reprend les manettes du Journal Télévisé de 13 heures sur France 2 entre septembre 2000 et Juillet 2001.À partir de 1999 et pendant plus de 15 ans – en compagnie notamment de Michel Drucker, Claude Sérillon et Sophie Davant – il est fidèle au rendez-vous solidaire du « Téléthon », au cours de prestations en forme de marathon qui font de lui une espèce d’icône télévisuelle.Parallèlement, Gérard Holtz fait l’acteur au cinéma en jouant des rôles proches de son activité professionnelle dans « Le Maître d’école » de Claude Berri (1981), « Inspecteur La Bavure » (1980), et « Banzaï » (1983) de Claude Zidi.Sur les planches, il fait partie de l’équipe des animateurs de France 2 qui interprètent « Un fil à la patte » de Georges Feydeau en 2005, sous la houlette d’Olivier Minne. Cette expérience originale rencontre un bon succès d’audience. Puis on le voit jouer Molière : « Le Mariage forcé » en 2008 au Théâtre Montansier de Versailles, et en 2011 « Les Fourberies de Scapin »  dans cette même salle, et sur la route du Tour.En 2009, il publie un ouvrage autobiographique : « Je suis bien plus petit que mes rêves ».Framboise, son épouse de 1979 à 2006, lui a donné deux garçons : Julien et Antoine, respectivement âgés de 33 et 25 ans. Sa dernière compagne, Muriel Mayette, est administrateur général de la Comédie Française.Planches à roulettes Né à Paris le 8 décembre 1946, Gérard Holtz – « Gégé » pour les copains – est un petit gars de Belleville d’extraction extrêmement modeste : « Été comme hiver, mes parents vendaient des frites sur le Boulevard. Quand je suis né, ils habitaient un studio tellement minuscule qu’ils m’ont confié à mes grands-parents qui eux logeaient dans un petit deux-pièces avec lavabo et toilettes sur le palier. Avec sa casquette vissée sur la tête, mon grand-père allait bosser chez Renault, et ma grand-mère jouait à la loterie dans les cafés pour essayer de gagner le poulet qui constituait le plat de viande de la semaine ! »Plus tard, son père se fait embaucher dans une boutique de maroquinerie, puis monte une petite boutique de bracelets-montres et le bambin réintègre le logis parental amélioré : « On était pauvres, mais heureux ! Dans le quartier, le linge pendait au-dessus des ruelles. Le soir, les personnes âgées sortaient leurs chaises sur le perron pour discuter. Nous les gamins, on allait piquer des roulements à billes et des boulons dans les ateliers du coin, et on se construisait des planches à roulettes avec lesquelles on dévalait les trottoirs du Pré-Saint-Gervais jusqu’à la République ! On faisait aussi des parties de foot endiablées avec un ballon de papier entouré d’élastiques ! »À l’école, c’est un bon élève qui a bien capté le message de son père : « Je n’ai que mon certificat d’études, je ne pourrai jamais t’aider à faire tes devoirs. Il faut que tu te prennes en charge ! » Deux coups durs mettent à mal cette juvénile existence. Il a 8 ans quand un choc brutal avec une balancelle le mène au bord de la trépanation. L’année suivante, atteint par la tuberculose, il est expédié d’urgence dans un sanatorium de la Corrèze. La plèvre enflammée, il passe des semaines avec 41° de fièvre, frôle plusieurs fois la mort, et passe deux ans loin des siens à se morfondre. Il en sort tellement affaibli que le diagnostic du médecin est sans appel : « Cet enfant restera rachitique, et ne pourra plus jamais faire de sport ! »Mais le garçon ne l’entend pas de cette oreille : « Lutter contre l’adversité était devenu mon credo ! » Il pédale sec sur le vélo que son papa lui achète au mont-de-piété, devient un membre de l’équipe juniors de foot du Racing Club de France, poursuit des études  en vendant des disques au BHV, des bracelets-montres avec ses parents, et s’inscrit dans la classe libre du Cours Simon.Jusqu’au jour où il assiste à une émission publique de Jacques Paoli sur Europe1 : « J’hésitais beaucoup entre devenir comédien ou journaliste, mais en sortant du studio, je me suis dit : voilà le métier de mes rêves ! »« Vive le Sport ! » Parvenu au statut enviable de star du petit écran, Gérard Holtz n’oublie jamais de rendre hommage à sa « bonne étoile », à sa « chance phénoménale », qui ont fait de lui le héros de sa propre « success story ». Héritier parfois nostalgique des Robert Chapatte, Roger Couderc, de l’époque héroïque où l’on « s’engueulait souvent dans les couloirs pendant que les cendriers volaient bas avant d’aller tous au bistro boire un coup ensemble », il tient à respecter sa recette des trois « c » : convivial, collégial, concret. Brocardé parfois pour ses côtés play-boy limite cabotin, d’aventurier des grands espaces médiatisés, pour ses retards légendaires, il est soutenu par nombre de ses collègues : « Gégé, tout le monde l’aime sauf les jaloux ! Il réagit en pro dans n’importe quelle situation. Il est nickel même en plein désert ! »Emporté par un torrent en crue au Pakistan en 1975, crashé en hélicoptère sur le Dakar en 1998, cisaillé au genou par le disque de frein d’une moto sur la même épreuve en 2003, le reporter casse-cou aujourd’hui un peu calmé a prouvé qu’il n’est pas un baroudeur d’opérette. « Il n’est jamais blasé ! Il aime les autres, essaie de les comprendre, et ne donne jamais de leçons ! » apprécie Patrick Poivre d’Arvor.Il sait cependant rester prudent sur des sujets qui fâchent comme le bien-fondé du Paris-Dakar ou les questions de dopage. « Il n’est pas naïf, il est tout simplement gentil et sincère » soulignent ses collaborateurs, qui notent par ailleurs : « Ce n’est pas lui qui ferait une entourloupe ! C’est un compétiteur, pas un tueur ! Dans le métier, c’est assez rare ! »Fidèle à sa devise en forme de triptyque : « Fidélité – Passion – Amour », l’ancien pilier du Téléthon défend ses espérances en ces temps incertains où tout devient spectacle, violence et marchandise : « Les supporters qui pètent les plombs, les hordes qui se battent en dehors des stades, la corruption…  Si le sport devient la guerre, alors il faut tout arrêter ! »Croqueur de vie Pas le genre à rester les deux pieds dans le même sabot, Gégé pratique assidûment le vélo, le ski, et le golf à l’heure du déjeuner généralement constitué d’une banane, d’une pomme et d’un bout de fromage. Au fronton de son Panthéon sportif figurent Jean-Claude Killy, Alain Prost, Yannick Noah, David Douillet, qui sont devenus ses amis, comme naguère Laurent Fignon.Émerveillé chronique, il n’est pas rassasié de défis : « Il me reste au moins trois souhaits à accomplir : piloter un vieux coucou, escalader l’Himalaya et participer aux Vingt-Quatre-Heures du Mans ! L’extase, c’est de repousser ses limites ! »Fan de Gainsbourg, Dutronc, Souchon, Voulzy, Brel, Ferré, Brassens, guitariste à ses heures, il est « chef de commando » d’un groupe musical où sévissent Nelson Montfort, Fred Courtadon et Michel Dhrey.À son grand dam, un challenge pourtant lui échappe : dépasser son mètre soixante-huit, ce qui l’a toujours tracassé, voire complexé.Mais ça ne l’empêche pas, tel le Petit Poucet avec ses cailloux, de jalonner son existence d’une ribambelle d’histoires d’amour où l’on croise au gré des saisons Alexandra Kazan, l’actrice Julie Arnold, l’avocate Hélène Le Blanc, Élodie Gossuin, Marie la belle-fille de Graeme Allwright, ou plus récemment Muriel Mayette. Gégé ne s’en cache pas : « Je suis un disciple de Casanova ! J’aime les femmes ! Je croque la vie ! »Il n’oublie pas d’où il vient : il se lave toujours les mains à l’eau froide.

 

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