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Greg LeMond, l’avant-gardiste américain

-
Par France Bleu

Greg Lemond
Greg Lemond © Maxppp

 

« Dans ma vie, j’ai toujours cherché un équilibre ! Quand j’étais coureur, c’était le bonheur en hiver, la souffrance au début de la saison, la fraîcheur à la fin de l’été ! » La crinière a blanchi, mais le regard est toujours aussi bleu, assorti d’un sourire de gamin naïf et farceur. Greg LeMond présente désormais l’aspect d’un cinquantenaire certes un peu empâté, mais encore fort alerte du mouvement, du raisonnement, et au franc-parler intact. « Un gars comme lui, c’est un gage de sincérité et d’authenticité dans le vélo ! » estime son ancien collègue Éric Boyer. Véritable pionnier à son époque, premier – et désormais seul – Américain vainqueur du Tour de France, le triple Maillot Jaune pose sur l’évolution du cyclisme un regard lucide, original, courageux et dépourvu de complaisance, surtout quand il s’agit de considérer le cas de son compatriote et ancien ami Lance Armstrong.

Jeune skieur de haut niveau aux États-Unis, Greg LeMond cultive sa forme en pratiquant la bicyclette, et s’aperçoit qu’il détient de fortes potentialités sur deux roues. Il se lance alors dans la compétition, décroche des titres nationaux, mais faute de rivaux à sa mesure dans son pays, il émigre en Europe où il devient en 1979 Champion du monde des juniors.En 1980, repéré par Cyrille Guimard, il passe professionnel. En 1982 il enlève le Tour de l’Avenir.En 1983, à l’âge de 23 ans, il s’empare du titre de Champion du monde, du Critérium du Dauphiné Libéré, et du Super Prestige Pernod.En 1984, il débute sur le Tour comme équipier de Laurent Fignon, et ramène à Paris le maillot blanc du Meilleur jeune.En 1985, séduit par les propositions financières de Bernard Tapie, il rejoint la formation conduite par Bernard Hinault à qui il apporte une aide décisive pour arracher la Grande Boucle.En 1986, il remporte son premier Tour de France.En 1987, il est victime d’un très grave accident de chasse. La poitrine et l’abdomen criblés de plombs, après une opération d’une durée de sept heures, il entame une convalescence de 2 ans.En 1989, il effectue un retour magistral sur les routes en revêtant un second Maillot arc-en-ciel, et en signant son deuxième succès dans le Tour de France, exploit qu’il réédite en 1990, accédant ainsi au sein du club des triples vainqueurs de la Grande Boucle.À son palmarès figurent également la Coors Classic (1981 – 1985), le Critérium des As (1983), les Grands Prix de Callac, Lisieux, Amiens, Dijon, ainsi que des étapes dans les Tours de France, d’Italie, et d’Espagne.En 1994 – victime d’une myopathie rare de l’adulte, une maladie consécutive à son accident de chasse et à la présence des nombreux plombs qui lui restent dans le corps – il met un terme à sa carrière, à 33 ans.En 2009, il tient une chronique sur le Tour dans le quotidien « Le Monde ».Depuis, sous forme d’entretiens ou d’articles, il intervient régulièrement dans les médias pour donner son avis sur les pratiques de dopage et la gestion du cyclisme par les instances internationales, et mène le mouvement « Change Cycling Now ».Époux de Kathy qui lui a donné trois enfants Scott, Geoffroy et Simone, c’est aujourd’hui un homme d’affaires prospère, aux multiples activités.Précoce Maillot Jaune Né le 26 juin 1961 à Lakewood, une localité proche de Los Angeles en Californie, Greg Lemond est le fils d’un descendant d’émigré d’origine irlandaise et d’une indienne Cherokee. Cette maman ne transige ni sur sa culture, ni sur ses différences, ce qui fait que le gamin se forge de bonne heure une solide philosophie : « Moi, je suis LeMond et personne d’autre ! »L’enfant à l’esprit fier et indépendant devient rapidement un sportif accompli qui se fait remarquer sur les pistes de ski des Montagnes Rocheuses. Mais, comme il s’en souvient encore, c’est dans la plaine qu’il découvre sa vocation, bien différente de celles de ses copains qui se rêvent en star du basket ou du football américain : « En 1976, un modeste club situé en face de la maison a organisé une petite compétition. J’ai décidé d’y participer, pour voir. Avec mon vieux vélo qui pesait une tonne je me suis retrouvé seul ado parmi quarante adultes qui montaient des machines de pro « Cinelli ». Je ne connaissais rien aux courses, tout ce que je savais c’est qu’on devait couper en tête la ligne d’arrivée. Alors, j’ai pédalé comme un malade pendant 45 kilomètres, et je suis arrivé deuxième. Les autres coureurs n’en revenaient pas ! Du coup, mon père m’a inscrit au club et m’a payé un vrai vélo de course jaune et un maillot jaune aussi. C’est comme ça que tout a commencé ! »L’appétit venant en mangeant, le jeune Greg survole rapidement le cyclisme local, sans comprendre pourquoi son look suscite sourires et moqueries. On le prend pour un arrogant : « Un jour, j’ai sympathisé avec un adversaire particulièrement coriace, un vieux briscard avec qui l’on n’arrêtait pas de se tirer la bourre. C’est là qu’il m’a parlé du Tour de France et du Maillot Jaune. Quelle découverte ! J’ai compris pourquoi on rigolait sur mon passage ! Dès le lendemain, je suis parti m’acheter un autre maillot ! »Pourtant, quelques années plus tard, c’est la vraie « Tunique d’Or » qu’il enfile ! Récompense d’une ambition, d’un courage de conquérant de l’Atlantique - original car d’Ouest en Est - et d’un sens de l’adaptation qui épate encore Raphaël Géminiani : « C’est un super doué qui a tout compris du cyclisme européen. Son adaptation a été fulgurante ! »Un chic type L’arrivée de Greg Lemond la main dans la main de Bernard Hinault en haut de l’Alpe d’Huez en 1986, puis en 1989 cette victoire sur les Champs-Élysées avec son guidon de triathlète et 8 secondes d’avance sur Fignon figurent parmi les plus belles pages du Tour. « Sur le podium, j’étais très gêné pour Laurent ! », confiera plus tard le vainqueur. Ces hauts-faits cachent évidemment quelques bisbilles de coulisses, vu les tempéraments du « Professeur » et du « Blaireau ». Mais curieusement, à l’inverse de certains de ses compatriotes, Greg, le pionnier qui teste les nouveautés technologiques et ouvre la brèche à ses successeurs États-uniens, n’est pas perçu comme un yankee suffisant et envahissant, comme le souligne l’un de ses coéquipiers, Charly Mottet : « C’était vraiment le reflet du sportif américain bourré de talent. Relax, décontracté, toujours une blague au coin des lèvres, avec son accent chantant ! Mais sous son dilettantisme apparent et sa joie de vivre quotidienne, il cachait une grande exigence envers lui-même et il savait rester très concentré sur son sujet ! Un vrai chic type, incapable de vous faire une entourloupe ! »C’est sans doute pour ces raisons qu’au sein du peloton, à partir de 1993 son inexorable déclin ne fait sourire personne. Surtout quand il en fait franchement état : « Depuis mon accident, au niveau de la résistance, de la récupération, je ne suis plus le même athlète. Je suis dans la grisaille. C’est trop dur à tous les niveaux, la douleur, le regard des autres, les nerfs, le public… Si je me sens partir à la dérive, j’arrêterai avant ! »Le poids de la maladie et d’une douloureuse rupture avec son père pour des raisons commerciales, lui font, en 1994, joindre le geste à la parole. Embarquant un jour sombre de vent et de pluie dans la voiture-balai du Tour, il conclut sobrement : « J’avais rêvé d’un autre départ ! » Pourtant, il s’est battu pour revenir au meilleur niveau. Mais un gros détail lui a échappé.Greg découvre « la médecine sportive » « En 1991, j’étais en superforme, et je pensais bien gagner le Tour ! Mais les coureurs ses sont mis à rouler comme des avions, avec des étapes à 50 km/h de moyenne. J’avais du mal à suivre ! Des équipiers se transformaient en champions, je n’y comprenais plus rien, et j’ai fini à 13 minutes d’Indurain ! Bien après, je suis allé voir un docteur qui m’a dit que tout allait bien, mais que désormais, pour suivre le rythme, j’avais juste besoin d’EPO, de testostérone, d’hormone de croissance, d’insuline et d’hémoglobine bovine à usage vétérinaire. Ce jour-là, évidemment j’ai refusé, et j’ai compris que je ne ferai pas de vieux os dans le métier ! »Ayant ainsi découvert le dopage à l’époque nommé « évolution », Greg en est devenu l’un des grands pourfendeurs, un militant inlassable poursuivant la lutte sans flancher : « Les coureurs dopés sont comme des toxicomanes ! Cette corporation accepte l’inacceptable ! Managers, directeurs sportifs, tout le monde est piqué au jeu ! C’est comme à Wall Street, pour faire du profit, il y aura toujours des candidats ! »Un qui n’a guère apprécié de telles prises de position, surtout quand il s’est trouvé mis en cause, c’est Lance Armstrong. Avant de tomber de son piédestal, « Le Roi » lui a livré une guerre sans merci, et Greg LeMond a dû se battre sur tous les fronts : « Dès que j’ai mis sa probité en doute, il m’a insulté, intimidé, menacé, fait en sorte que mon contrat avec ma maison de cycles soit rompu, et lui et son entourage ont tenté de me salir publiquement sur le plan personnel et familial ! Des années de cauchemar qui m’ont coûté une fortune ! Ce type, c’est un prédateur ! »Évidemment, les aveux et la déchéance de l’auteur de la « Plus grande escroquerie de l’Histoire du Sport » ne lui sont pas trop désagréables.Grand amateur de pêche à la truite et de ballades en forêt, Greg n’est pas aigri : « Même un  peu émoussée par toutes ces histoires lamentables, j’ai toujours la passion du vélo ! »

 

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