Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Un agriculteur assure que ses vaches sont malades à cause d'une éolienne et d'une ligne très haute tension

-
Par , France Bleu Nord, France Bleu

Un agriculteur du Nord va porter plainte contre RTE et contre Boralex, propriétaire d'éoliennes. Il affirme que sa production de lait a diminué de moitié et que ses vaches meurent au fil des mois, à cause d'une ligne d'électricité à très haute tension et d'une éolienne non loin.

Philippe Marchandier devant son étable
Philippe Marchandier devant son étable © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Philippe Marchandier montre, dépité, le poil hérissé d'une de ses vaches, qui n'a plus que la peau sur les os. Selon lui, dans quelques temps, elle ne pourra plus se lever et partira pour l'abattoir. L'agriculteur, installé à Mazinghien, est persuadé que ses vaches se meurent à cause d'une ligne à très haute tension et d'une éolienne, toutes proches, s'apprête à porter plainte contre Boralex, propriétaire d'un parc d'éoliennes, et RTE, responsable du réseau public de transport d'électricité haute tension. 

Dans son étable, Philippe s'arrête aussi devant un veau né le matin et qui n'est toujours pas sur ses pattes, un tout petit gabarit. "Elles me font des veaux minuscules, invendables et qui la plupart du temps crèvent, déjà 25 depuis septembre", dénombre l'agriculteur. Rien que cette semaine, il en a perdu trois. 

Mon troupeau est foutu, ma ferme est foutue, elle ne vaut plus rien

L'éleveur a pourtant augmenté les doses de nourriture, fait des analyses de lait et de sang qui n'ont rien révélé d'anormal, changé du matériel, mais rien n'y fait : le troupeau s'affaiblit. Il donne d'ailleurs de moins en moins de lait. Moitié moins depuis des mois. Depuis qu'une éolienne s'est installée à 800 mètres de sa ferme, début juin. Philippe pointe notamment du doigt les ondes des éoliennes. Il a en effet remarqué qu'en fonction de la direction du vent, sa production de lait change : quand il vient du Nord, autrement dit de l'éolienne, elle diminue fortement, quand il est dans le sens contraire, elle remonte. Une différence de 200 litres de lait par jour.

L'éleveur explique qu'il avait déjà des difficultés depuis l'arrivée de la ligne à très haute tension, mais rien comparé à la situation actuelle. "Mon troupeau est foutu, ma ferme est foutue, elle ne vaut plus rien", se désespère-t-il. Selon une géobiologue passée dans son exploitation, il y a une source sous la ferme. Avec la ligne à très haute tension de 2 X 400 000 volts et l'éolienne, cela crée des "courants vagabonds" qui perturbent les bêtes. D'ailleurs, Philippe a fait un test : en coupant toute son installation électrique, il a encore relevé 8 volts dans son exploitation.

Philippe Marchandier a installé les bacs d'eau sur des palettes pour que l'eau ne soit pas remplie d'électricité
Philippe Marchandier a installé les bacs d'eau sur des palettes pour que l'eau ne soit pas remplie d'électricité © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Le reportage de Rafaela Biry-Vicente

Pour limiter la casse, Philippe a fait des aménagements. Il a par exemple installé les bacs d'eau sur des palettes de bois, pour qu'ils ne touchent plus le sol, et que l'eau soit donc sans courant. Les bêtes, qui avaient cessé de s'hydrater, boivent de nouveau, mais ça ne suffira pas à sauver son troupeau selon lui. 

Il a donc décidé d'attaquer RTE et Boralex par le biais de l'association "Les Animaux sous tension", qui gère des dizaines de cas en France. Il réclame des dédommagements, car il va devoir se séparer de ses bêtes et songer à une reconversion, peut-être les céréales, pour sauver la ferme familiale.

Un autre agriculteur inquiet 

À quelques kilomètres de là, à Rejet-de-Beaulieu, sur l'exploitation de Laurent Lemaire, la situation est moins dramatique, mais l'éleveur commence lui aussi à se poser de sérieuses questions. Sa ferme est entourée par un autre parc éolien, celui d'Oisy, avec ses six mâts. Et malgré de nombreuses analyses de sang, de questions au vétérinaire, d'augmentation de rations, il ne s'explique pas une baisse importante de la production. L'agriculteur s'inquiète aussi pour la baisse de la fertilité de ses vaches, qui est passée de 70 à 50%.

Il s'interroge enfin sur les conséquences des éoliennes sur la santé, car il souffre depuis plusieurs mois de démangeaisons inexpliquées. Il réclame donc, comme Philippe Marchandier, des analyses épidémiologiques.

RTE propose une rencontre et un diagnostic 

RTE affirme de son côté que l'agriculteur n'a jamais contacté ses services. L'entreprise, qui gère le réseau public de transport d'électricité haute tension, propose de le rencontrer et de l'accompagner via un GPSE. Il s'agit d'un groupe de travail permanent sur la sécurité électrique dans les exploitations agricoles, soutenu notamment par les ministères de l’Agriculture et de la Transition énergétique, et la chambre d'agriculture. Un GPSE permet de faire un diagnostic indépendant. En cas de courant dit parasite, le GPSE peut trouver des solutions techniques dans les installations de la ferme.

De son côté, Boralex explique que des mesures ont été réalisées chez l’éleveur et que des études sont en cours, mais la société assure que les installations sont réglementaires

Au niveau national, en mars, un groupe de travail de l'ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, va analyser "l’imputabilité aux éoliennes des troubles observés dans deux élevages bovins".

Philippe voit ses vaches dépérir depuis l'arrivée d'une éolienne près de sa ferme de Mazinghien.
Philippe voit ses vaches dépérir depuis l'arrivée d'une éolienne près de sa ferme de Mazinghien. © Radio France - Jade Peychieras
Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu