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Agriculture – Pêche

À Bordeaux, la vente directe en soutien aux agriculteurs en difficulté

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gironde

Alors que le Salon de l'agriculture relance chaque jour les débats autour de la crise paysanne, la situation semble paradoxalement bénéficier aux nombreux lieux de vente directe, du producteur au consommateur.

Yvon Crance, à l'origine de la "Coop Paysanne", dans sa boutique.
Yvon Crance, à l'origine de la "Coop Paysanne", dans sa boutique. © Radio France - Damien Gozioso

Bordeaux, France

Élue récemment ville la plus "locavore" de France, la capitale de la Gironde fait honneur à sa réputation en cette période de crise pour l'agriculture. Alors que le Salon de l'Agriculture bat son plein, la situation est difficile pour les agriculteurs qui manifestent régulièrement. Au cœur de leurs revendications, les "intermédiaires" dans les circuits de vente. C'est en réponse à cela que les filières en circuit court et vente directe se multiplient, et Bordeaux n'échappe pas à cette tendance.

Ruches, AMAP et compagnie

Il existe plus de 200 associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) en Gironde dont une trentaine pour la métropole bordelaise. Ajoutez à ce chiffre une quinzaine de "ruches" de La ruche qui dit Oui également implantées à Bordeaux et autour, la vente en circuit court se porte bien, et même de mieux en mieux. "Depuis cet été et les crises du porc et du lait, on a vraiment vu les inscriptions augmenter sur le site de la ruche" explique Maud Cazaux-Pelluchon, responsable de la ruche des Chartrons à Bordeaux, la plus ancienne. Elle compte aujourd'hui plus de 2000 inscrits et distribue chaque semaine une centaine de paniers constitués de denrées locales.

Et Maud Cazaux-Pelluchon constate tristement qu'elle est en première ligne face à la détresse des producteurs : "sur nos quarante producteurs, je dira que la moitié rencontrent des difficultés...". C'est il y a plus de trois ans déjà, lors de la précédente crise agricole d'ampleur, qu'elle a voulu se lancer dans l'aventure de la ruche avec une ami, "pour soutenir les producteurs qui cherchaient à sortir du circuit classique".

Circuit court ou vente direct ?

D'autres formules existent et viennent en aide aux producteurs de la région. Depuis six mois à Lormont, la "Coop Paysanne" regroupe 53 producteurs qui se relaient pour vendre leur marchandise, cette fois sans aucun intermédiaire. "C'est un sujet autour duquel nos clients sont très sensibles" constate Yvon Crance, à l'origine du projet. En cette période de difficultés, acheter local est une démarche revendiquée par certains clients.

C'est bon, c'est bien, et surtout c'est local !
Jacqueline — cliente de la "Coop Paysanne"

Yvette, son cabas rempli de pommes de terre et d'une belle pièce de veau, explique sans détour que les éleveurs ont besoin de se sentir soutenus : "Ils sont vraiment malheureux, ils ont raison de se battre. Ils faut qu'ils vivent ces gens-là et c'est pas avec ce qu'ils ont... Je serais agricultrice, j'aimerais qu'on s'occupe de moi alors je pense que c'est normal qu'on les aide".

Et pour Yvon Crance, ces circuits court ont un rôle à joueur dans le maintien de l'activité paysanne, notamment en donnant aux agriculteurs une sécurité et une confiance dans leur production.

Yvon Crance : "Permettre à l'éleveur de faire bien son travail"