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À Marsanne, 800 chèvres et brebis débroussaillent les alentours du prieuré Saint-Félix

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Comment débroussailler sans faire d'efforts et sans polluer ? La mairie de Marsanne pense avoir trouvé la solution. Elle fait appel à un chevrier des Bouches-du-Rhône et son troupeau de 800 bêtes pour éclaircir les alentours du prieuré.

800 chèvres et brebis qui déboulent à Marsanne : ça fait du monde !
800 chèvres et brebis qui déboulent à Marsanne : ça fait du monde ! © Radio France - Willy Moreau

La végétation est dense autour du prieuré Saint-Félix de Marsanne, une ruine qui doit être réhabilitée l'année prochaine. Pour permettre aux travailleurs d'accéder facilement, la mairie doit d'abord faire place nette. Elle confie la mission débroussaillage à 650 chèvres et 160 brebis. Le troupeau est arrivé le lundi 10 août - et va rester 15 jours.

On veut faire connaitre le pastoralisme au grand-public - Dominique Narboux, directrice de l'ADEM 26

Faire du neuf avec du vieux. Le troupeau qui paît à Marsanne depuis lundi surprend. Une centaine de personne est venue assister à son arrivée. Pourtant, il y a des dizaines - voire une centaine - d'années, sans machine, cette technique était déjà utilisée. Les biquettes à l'appétit d'ogre avalent tout sur leur passage : deux hectares de végétation environ par jour pour ce troupeau de 800 bêtes. "Elles vont même chercher haut ! À hauteur d'homme, il n'y a plus rien sur les arbres", s'amuse Amandine. 

Une chèvre "ventre sur pattes" qui ne s'arrête devant rien.
Une chèvre "ventre sur pattes" qui ne s'arrête devant rien. © Radio France - Willy Moreau

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elles sont devenues animal non grata dans les forêts. "Elles arrachent les jeunes plantations", indique un garde-forestier. Et pourtant. Le périple qui les a menées d'Allex, où elles se sont régalé d'ambroisies, par la forêt de Marsanne s'est passé sans encombre. 

Si ce chevreau savait quel comité d'accueil l'attendait à Marsanne !
Si ce chevreau savait quel comité d'accueil l'attendait à Marsanne ! © Radio France - Willy Moreau

"Il ne faut pas qu'elle s'arrête, c'est tout", indique Dominique Narboux, la directrice de l'ADEM 26. Voir les chèvres transformées en débroussailleuses tout terrain lui fait plaisir : "On milite pour plus pastoralisme. Les pratiques pastorales c'est manger l'herbe qui pousse naturellement, de manière à ce qu'elle soit de nouveau là l'année d'après. Dans la Drôme, nous avons quand même 104.000 hectares de zones pastorales"

Plus économique, plus écologique, plus pratique

L'ADEM 26 met en relation mairie et éleveur. Comment malgré tout 800 bêtes se sont retrouvées d'un coup sur la commune de Marsanne d'à peine 1.400 habitants ? Le maire, Damien Lagier, en rigole : "Nous souhaitons débroussailler le site du prieuré avant le début des travaux l'année prochaine"

Quelques semaines plus tôt, il avait fait appel à un éleveur de moutons. Mais ils sont moins agiles que les chèvres et n'aiment pas les collines, c'est-à-dire tout l'inverse du site du prieuré perché au-dessus du village. "On a appris qu'un éleveur de chèvres était à Allex et nous avons pu le faire venir", explique Damien Lagier. 

Le chevrier Jean-Michel Cazeau contrôle la descente.
Le chevrier Jean-Michel Cazeau contrôle la descente. © Radio France - Willy Moreau

L'éleveur, celui qui marche à pas rapides derrière le troupeau, c'est Jean-Michel Cazeau, quinquagénaire truculent originaire de Mouriès, dans le département des Bouches-du-Rhône. Sous contrat Natura 2000 passé avec l'État pour quatre ans - 8.000 euros par mois et par contrat - il parcourt chaque été plusieurs communes de la Drôme. C'est sa première fois à Marsanne. 

"Je n'avais pas assez d'herbe sur la plaine des Ramières et j'ai appris qu'il cherchait ici", raconte-t-il. Pendant 15 jours, il est logé par la municipalité mais sait qu'il ne va pas beaucoup dormir : "C'est du 24h/24, 7j/7 et 365 jours dans l'année". Si ses bêtes donnent satisfaction à la mairie, il reviendra l'année prochaine, une fois la végétation repoussée. 

Jean-Michel Cazeau, bientôt à la retraite, souhaite former un jeune au pastoralisme pour prendre sa relève. Si l'envie vous dit, contactez France Bleu Drôme Ardèche. 

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