Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Saint-Étienne : plus de 150 agriculteurs ont manifesté devant la préfecture de la Loire

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Plus de 150 agriculteurs ont manifesté devant la préfecture de la Loire à Saint-Étienne (Loire) ce mercredi 24 février. Un rassemblement à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Loire pour faire pression sur l'Etat face à des prix de vente pratiqués beaucoup trop bas.

Plus de 150 agriculteurs ont manifesté ce mercredi avec une quarantaine de tracteurs devant la préfecture de la Loire.
Plus de 150 agriculteurs ont manifesté ce mercredi avec une quarantaine de tracteurs devant la préfecture de la Loire. © Radio France - Julien Gonzalez

Une quarantaine de tracteurs a bloqué la Grand'rue à Saint-Étienne (Loire) à midi ce mercredi 24 février. Plus de 150 agriculteurs en colère ont manifesté devant la préfecture de Saint-Etienne à l’appel de la FDSEA de la Loire et des Jeunes Agriculteurs de la Loire. Un rassemblement pour demander que la loi Egalim, approuvée depuis deux ans pour éviter les spirales à la baisse des prix, soit véritablement appliquée. Un cri d'alerte également lancé pour faire pression alors que les négociations commerciales annuelles entre transformateurs et distributeurs des filières agroalimentaires sont sur le point de s'achever.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Gérer mes choix

Parmi le cortège, Adrien Poncet est venu de Saint-Romain-la-Motte. Avec cinq associés, cet agriculteur installé depuis plus de 10 ans dans le Roannais travaille sur 300 hectares pour produire du lait. Avec 1000 euros d’emprunts à rembourser par mois, il ne cache pas sa colère dans ce secteur où il est très dur de survivre.

"Le lait nous est payé aux alentours de 320 euros la tonne, sachant qu'il nous coûte entre 250 et 300 euros selon les exploitations, il ne reste guère pour vivre !" - Adrien Poncet, agriculteur éleveur laitier à Saint-Romain-la-Motte

Pour Adrien Poncet, agriculteur dans le Roannais, le prix d'achat du lait aux agriculteurs lui permet tout juste de survivre.

"Le lait à l'heure actuelle, il nous est payé aux alentours de 320 euros la tonne en prix de base. Après certes, plus on fait de la qualité, mieux on est payé. Sachant qu'il nous coûte entre 250 et 300 euros selon les exploitations, il ne reste guère pour vivre : une fois qu'on a tout payé il nous reste plus rien. C'est pas normal : on fait un produit pour nourrir les gens et à côté de ça, nous on galère pour remplir notre propre assiette !"

Des prix de vente pratiqués beaucoup trop bas, c'est aussi ce que dénonce Gérard Gallot, le président de la FDSEA dans la Loire qui assure que l'avenir de l'agriculture est menacé. Pour l'instant, le monde paysan est le grand perdant des négociations commerciales selon lui, la loi Egalim n'étant pas appliqué d'après ses mots. 

"Sur un cadis de 100 euros de produits alimentaires, il ne revient que six euros dans les exploitations agricoles !" - Gérard Gallot, président de la FDSEA dans la Loire

Pour Gérard Gallot, président de la FDSEA dans la Loire, l'avenir du monde paysan est menacé à cause de prix de vente pratiqués beaucoup trop bas.

"On sait qu'il a ruisselé à peu près quatre milliards d'euros depuis 2019, que les consommateurs ont payé, et qui est resté où, je ne sais pas : dans la grande distribution, dans les entreprises... mais qui n'a pas ruisselé jusqu'à nos exploitations. Cet argent, il est chez le distributeur, parce que le distributeur met les produits en rayon, il est sur les approvisionneurs qui livrent le produit aux distributeurs, il est a l'entreprise qui fabrique, qui met par exemple un litre de lait dans un pot... Il y a un chiffre pour moi qui est marquant : on sait qu'aujourd'hui sur un cadis de 100 euros de produits alimentaires, il revient six euros dans les exploitations agricoles. Il suffirait que ces six euros, ils passent à sept ou à huit euros, cela permettrait tout de suite aux exploitations d'améliorer leurs revenus". 

Une colère partagée par Mathieu Brun, agriculteur de vaches allaitantes à Périgneux. Lui  perd 1 euro de prix de revient par kilo sur ses bêtes. Un contexte déjà très dur pour cet agriculteur qui a repris l'exploitation familiale il y a 3 ans. Et il redoute de nouvelles dépenses possibles en cas de réforme des zones vulnérables aux nitrates.

"Avec la réforme des zones vulnérables aux nitrates, on aurait des contraintes environnementales plus élevées, donc c'est à nouveau des mises aux normes, des charges, des crédits !  Je ne sais pas comment ça va être possible !" - Mathieu Brun, agriculteur de vaches allaitantes à Périgneux

Mathieu Brun, agriculteur de vaches allaitantes à Périgneux, redoute une nouvelle réforme des zones vulnérables aux nitrates qui impliquerait encore des dépenses dans un contexte déjà très dur.

"Ils vont nous répertorier sur des cartes et du coup on aura des contraintes environnementales plus élevées que ce que l'on a. Et cela impliquerait des mises aux normes, des choses qui se sont faites sur des élevages il y a très peu de temps qu'il va falloir tout remodifier. Donc c'est à nouveau des charges, à nouveau des crédits, à nouveau plein de contraintes. Tout ça alors que le prix est toujours au plus bas donc je ne sais pas comment ça va être possible !" 

Un rassemblement qui s'est achevé sans entretien avec la préfète de la Loire dans la matinée. Et après avoir déversé une benne de fumier devant le parvis de la préfecture, les agriculteurs ont promis de rester mobiliser et d'organiser de nouvelles actions pour maintenir la pression face à l'Etat. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess