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"Accélérer sur les prix" : en Corrèze, le ministre de l'Agriculture plaide pour la rémunération agricole

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Par , France Bleu Limousin

Le nouveau ministre de l'Agriculture était en visite en Corrèze ce jeudi. Interpellé sur de nombreux sujets, Julien Denormandie a pris position sur la question des prix de rémunération aux agriculteurs. La problématique de la transmission des fermes, pour un métier en mal d'attrait, a été abordée.

Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation
Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation © Radio France - Nicolas Blanzat

Le prix payé aux éleveurs de viande limousine n'est pas à la hauteur des coûts de production et de leur travail. En déplacement en Corrèze, ce jeudi, sur deux exploitations à Perpezac-le-Noir puis à Sioniac, le nouveau ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a été notamment interpellé à ce sujet parmi bien d'autres mis sur la table par les agriculteurs et leurs représentants syndicaux.

Prix en chute libre pour les éleveurs, en hausse vertigineuse pour les clients

Durant le confinement, le prix payé aux agriculteurs est tombé "entre 3,20€ et 3,50€ le kilo de carcasse alors que celui payé par le consommateur a lui bondi de 8%" a dénoncé Laurent Boisset, agriculteur à Masseret, et membre de la commission export à la Fédération nationale bovine, " cherchez l'erreur " lance-t-il au ministre de l'Agriculture.

C'est un scandale

"C'est un scandale" répond tout de go Julien Denormandie, " le défi du prix est immense. Nos agriculteurs ne sont pas payés à la hauteur des coûts engagés et du travail réalisé. Ce n'est pas concevable, ça ne peut pas durer éternellement". Alors il y a bien eu la loi Egalim, sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. Mais elle ne donne pas pleinement satisfaction.

"Si ça a avancé dans certains domaines, ça reste beaucoup trop lent dans d'autres" reprend le ministre, " il faut donc accélérer sur les prix. Ici, quand le kilo de carcasse vendu ne permet pas de rémunérer l'éleveur, c'est quelque chose qui ne marche pas. Je le dis très clairement".

Des négociations commerciales à l'automne

Julien Denormandie renvoie à la nouvelle négociation des prix, avec des réunions dès la semaine prochaine avec le ministère de l'économie. "Il y aura ensuite, à l'automne, les vraies négociations pour pouvoir aller encore plus loin".  Il promet des discussions serrées "avec la grande distribution, mais aussi tout ce qui ne dépend pas d'elle. Et puis, collégialement, il faut que nous achetions français. L'alimentation française est la meilleure du monde, notamment du point de vue de la santé". Et de vanter les circuits courts.

Reste, en même temps, que c'est bien la majorité en place qui votait, il y a un an jour pour jour, le très contesté Ceta, l'accord de libre échange entre le Canada et l'Union Européenne, ouvrant ainsi aux Canadiens, et à leurs productions moins normées, le marché européen. L'accord avec le Mercosur est lui toujours en suspens.

Quel avenir pour l'agriculture en Corrèze ?

La question de la transmission des exploitations a aussi occupé les discussions. Hervé Malinie, 63 ans, est l'exemple même de la problématique rencontrée par des dizaines d'agriculteurs corréziens. Installé à Perpezac, il est doucement en train de passer la main du patrimoine et des terres reçus de ses parents. "Trouver la personne crédible, c'est ça le plus dur".

5% d'agriculteurs en moins tous les ans

Si, pour lui, l'opération devrait se faire, c'est très loin d'être le cas pour les agriculteurs sur le point de devenir retraités. "On a une population vieillissante et des compétences qui vont partir" lance Daniel Couderc, le président du syndicat FDSEA en Corrèze. "Les chiffres sont alarmants" alerte le président de la chambre d'agriculture, Tony Cornelissen. "Le nombre d'exploitants diminue quasiment de 5% par an, le nombre d'animaux diminue lui quasiment de 3% par an, toutes les productions diversifiantes sont aussi en diminution".

Hervé Malinie, à gauche, est en passe de céder son exploitation et de prendre sa retraite
Hervé Malinie, à gauche, est en passe de céder son exploitation et de prendre sa retraite © Radio France - Nicolas Blanzat

Comme on n'arrête pas de faire de l'agribashing [...] on ne donne pas forcément envie

L'agriculture corrézienne vacille véritablement, et il n'y a pas que là. La problématique n'est pas étrangère au ministre Julien Denormandie, ingénieur agronome de formation. "Comme on n'arrête pas de faire de l'agribashing, comme on n'arrête pas de caricaturer, comme on reste à des idées préconçues, on ne donne pas forcément envie à des nouveaux de s'installer". Le constat est connu, les solutions pour y remédier beaucoup moins. "C'est un vrai combat de rendre plus attractif ce métier là". La rémunération des productions et du travail des agriculteurs est un point d'entrée déterminant.

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