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Agrandissement de la porcherie de Jouillat en Creuse : ferme familiale ou projet industriel ?

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Par , France Bleu Creuse

Un éleveur de Jouillat souhaite agrandir sa porcherie pour accueillir 1 700 cochons et 900 porcelets. Un projet aux dimensions industrielles selon un collectif de citoyens et d'écologistes.

Photo d'illustration. Un cochon dans une ferme de l'Aisne.
Photo d'illustration. Un cochon dans une ferme de l'Aisne. © Radio France - Martine Bréson

Après l'opposition à l'agrandissement de la porcherie de Tercillat l'an dernier, une nouvelle extension fait débat en Creuse. A Jouillat, des écologistes s'opposent au projet d'un éleveur porcin. Il prévoit de multiplier par près de quatre le nombre de cochons.

Pour mieux comprendre il faut savoir qu'en agriculture on ne compte pas les têtes mais les "animaux-équivalents", un porcelet prenant moins de place qu'un adulte. Actuellement le Gaec Le Breuil compte 497 animaux-équivalents : 285 porcelets et 440 porcs à l'engraissement. Le projet prévoit 1 898 animaux-équivalents : 930 places de porcelets et 1 712 places de porcs à l'engraissement.

Certes, le nombre de cochons est important. Cet élevage serait alors environ quatre fois plus gros que la moyenne des élevages porcins creusois qui font de l'engraissement selon les statistiques d'un institut spécialisé. En revanche, le projet est dans la moyenne française des élevages de porcs.

Un projet industriel pour les écologistes

Sept personnes appartenant à Europe écologie les verts et au Collectif Creuse 2021 ont écrit à la préfète de la Creuse mi-avril. Elles s'inquiètent de cette extension. Pour Arnaud Chapal, membre du Collectif Creuse 2021, il s'agit d'un projet industriel : "Il faut intervenir avant que la catastrophe ne s'abatte sur nous. Il y a plus d'une dizaine de projets de ce type (industriels, NDLR) en Creuse. Or ce n'est plus ce qu'attend le consommateur. On peut faire de l'élevage de porcs autrement en Creuse et c'est cela qu'il faut préserver."

Il estime qu'il s'agit d'un mauvais choix économique qui pénalise à terme les agriculteurs eux-mêmes : "Ce sont des projets portés toujours par la même coopérative. Les agriculteurs investissent et vont se retrouver en difficulté dans quelques années", explique Arnaud Chapal. Les écologistes pointent aussi du doigt les conséquences de cet agrandissement sur les ressources en eau, les nuisances olfactives et la pollution engendrée par les allers-retours des camions.

Une ferme familiale pour la FDSEA

L'agriculteur qui porte ce projet d'extension n'a pas souhaité répondre à notre micro. Il est excédé par ce début de polémique. Il explique qu'il donne les meilleures conditions d'élevage pour ses cochons depuis trente ans, que ce projet lui permet d'accueillir un troisième associé dans le GAEC et qu'il dispose de deux labels rouges : Porcs du Limousin et Porc délice. Un argument balayé par Arnaud Chapal : "Ce ne sont pas des cahiers des charges suffisamment exigeants, ces labels ne prévoient qu'un mètre carré par cochon."

Cet éleveur fait partie de la FDSEA et le président du syndicat en Creuse Christian Arvis assure qu'on est très loin d'un élevage industriel : "Un élevage de 1 800 porcs ce n'est pas forcément le plus gros élevage de France, c'est dans la norme. Il y a des agriculteurs qui font du porc plein air, qui peuvent se le permettre et c'est très bien, d'autres qui élèvent dans des bâtiments. Je pense que les deux sont complémentaires en Creuse."

Le président de la FDSEA s'agace : "Je ne vois pas de quel droit des politiques viennent mettre des bâtons dans les roues à un agriculteur qui essaye de se développer."

La préfecture doit trancher d'ici juin

La commune de Jouillat a donné un avis favorable au projet. Les communes de Bonnat, Champsanglard, Genouillac, Jouillat et Roches sont concernées par le plan d'épandage. Pour l'instant, le projet est dans les mains de la préfecture qui doit prendre une décision d'ici le 21 juin.

La consultation publique a duré un mois et s'est terminée le 19 avril. Le Gaec Le Breuil espère une validation de la préfecture afin de terminer les travaux d'agrandissement d'ici fin 2022.

Début janvier, la préfecture a validé un autre projet d'extension de porcherie qui avait fait polémique, celui de Tercillat. L'éleveur peut donc lancer les travaux pour accueillir 1.000 porcs et 500 porcelets.

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