Agriculture – Pêche

Agriculteurs bio : ils attendent leurs aides depuis bientôt 2 ans !

Par Claire-Lise Macé, France Bleu Limousin mercredi 14 décembre 2016 à 18:58

En Haute-Vienne, 330 agriculteurs bio attendent leurs subventions.
En Haute-Vienne, 330 agriculteurs bio attendent leurs subventions. © Radio France - Claire-Lise Macé

Le groupement des agriculteurs biologiques de Haute-Vienne viennent d'envoyer une lettre au Préfet. Les producteurs bio en ont assez d'attendre les subventions auxquelles ils ont droit. Ces aides non perçues depuis 2 ans créent de véritable trous dans leurs trésoreries.

Les agriculteurs bio en ont ras-le-bol. Comme leurs collègues en agriculture conventionnelle, les producteurs bio s'énervent du retard accumulé dans le versement des aides de la PAC. Le groupement des agriculteurs biologiques de Haute-Vienne vient donc d'écrire une lettre au préfet du département. Dans cette lettre, le président du groupement, Jérôme Keller, réclame notamment le règlement des subventions 2015 et une avance sur les aides 2016.

Obligés de faire des prêts à la banque

Il faut dire que ces 2 ans de retard créent de véritables difficultés chez les agriculteurs bio. "J'ai dû faire un prêt relais pour avoir un peu de trésorerie" explique Cécile Maisonnier-Brunet, éleveuse de moutons bio à Saint-Hilaire-Bonneval. Elle devait percevoir entre 4000 et 5000€ d'aide pour 2015 et 2016. Christophe Bouzonie, lui attend 14 000€ pour son Gaec (groupement agricole d'exploitation en commun) de Rilhac-Rancon. Lui aussi pense à solliciter sa banque. "Si j'avais eu les aides comme prévu, je n'aurais pas à me poser ce genre de questions" s'énerve-t-il.

Une réunion avec le préfet

Sur 330 agriculteurs bio en Haute-Vienne, Jérôme Keller estime qu'une centaine se trouve actuellement en difficulté à cause du non-versement des aides. Le président du groupement des agriculteurs bio de Haute-Vienne enrage : "quand il s'agit de verser l'argent pour l'agriculture conventionnelle, on trouve des solutions rapidement, mais pour le bio, c'est autre chose. On est un peu la part congrue de l'agriculture française alors que notre progression est énorme. On ne se sent pas soutenu". Il annonce que son groupement devrait rencontrer le préfet à Limoges dans les prochaines semaines pour aborder toutes ces questions.