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Agriculteurs en difficulté : "avec la crise sanitaire, on est inquiet" à la Chambre d'agriculture de l'Yonne

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Par , , France Bleu Auxerre

Il y a cinq ans, la chambre d'agriculture de l'Yonne a lancé "Réagir 89", un dispositif d'aide d'écoute et d'information pour les exploitants agricoles en difficulté. Un dispositif d'autant plus nécessaire avec la crise sanitaire explique Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture 89.

La chambre d'agriculture de l'Yonne a lancé, il y a 5 ans "Réagir 89", un dispositif d'écoute et d'information pour les exploitants en difficulté.
La chambre d'agriculture de l'Yonne a lancé, il y a 5 ans "Réagir 89", un dispositif d'écoute et d'information pour les exploitants en difficulté. © Getty - Valentin Russanov

En cinq ans, quel bilan peut-on tirer du dispositif "Réagir 89" ?

Arnaud Delestre : Ce dispositif a su faire ses preuves et a accompagné (ou au moins renseigner) un peu plus de 200 agriculteurs en cinq ans. Ce dispositif se base sur des partenariats avec tout un environnement agricole, entre la MSA et tous les partenaires qu'il peut y avoir sur le territoire.  

Cette année il y a eu moins d'appels ?

Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, parce qu'on a eu une année 2020 très compliquée, qui ressemblait fortement à l'année 2016 (celle qui avait justement lancé des dispositif), on a aujourd'hui beaucoup moins d'appels, un peu moins d'une quinzaine qui ont contacté le dispositif "Réagir" depuis la moisson.

Pourtant, la situation sanitaire économique est critique. On pourrait s'attendre à ce qu'il y ait plus d'appels, non ?

Oui ! On a fait une réunion comme on fait tous les ans avec l'ensemble des partenaires. On est à peu près une trentaine de partenaires autour de la table. Avec la crise sanitaire, on a pu en effet échanger et chacun est très inquiet et en veille. L'importance du dispositif, c'est que chacun le connaissent sur le territoire. Donc, ça va de tous les organismes qui gravitent autour de l'agriculture, mais aussi les élus, car ils sont des fois en première ligne. Informer aussi les voisins. Il faut savoir que ce dispositif existe et qu'une cellule est en place de la Chambre d'agriculture pour pouvoir écouter les agriculteurs et leur venir en aide si besoin.

On sait que les agriculteurs sont souvent pudiques et qu'on ne parle pas facilement de ses problèmes...

C'est évident que la première chose qu'on avait constaté, on le connaissait aussi évident. En effet, quand on sent qu'on a des difficultés qui apparaissent, de pouvoir se retourner vers quelqu'un, demander un coup de main ou un regard extérieur, ce n'est pas facile.

Après, même si on n'a pas forcément d'analyse très fine, il y a d'autres raisons (à cette baisse d'appels, ndlr). On s'aperçoit que, depuis cinq ans, on est quand même dans cette zone intermédiaire qui connaît des difficultés et qui prend le réchauffement climatique aussi de plein fouet et qui s'est, quelque part aussi, désendettée.

Je pense que des exploitations agricoles qui tournent avec des capitaux souvent importants, depuis quelques années, font plus attention pour garder leur capacité à produire. Il y a donc moins d'endettement et, sans doute, des exploitations un peu plus résilientes face à ces chocs qui peuvent arriver. Certes, ce n'est pas une solution de long terme et il faut tous ensemble trouver des solutions. J'ai d'ailleurs entendu [sur votre antenne NDLR] tous les agriculteurs qui se remettent en cause et qui cherchent et trouvent des solutions pour se diversifier.  

D'où viennent les dettes des agriculteurs ? Ce sont des problèmes de rendements, des investissements qui deviennent trop lourds ?

Il y a un endettement que je qualifierais de normal, c'est de l'investissement auprès des banques pour renouveler du matériel, pour renouveler les bâtiments, pour investir dans les outils de travail. C'est un endettement normal. Et après, le problème, c'est quand la rentabilité manque. Donc après ce manque de rentabilité, on va dans des" prêts court terme", qui se sont énormément développés en 2016 et que les années suivantes n'ont pas permis de résorber comme c'était prévu au démarrage. C'est surtout sur des prêts de trésorerie qui perdurent et qu'on peine à finir.  

Il y a une ligne téléphonique dédiée, une fois que l'agriculteur en difficulté s'est fait connaître. Comment vous procédez ? Qu'est ce qui se passe ensuite?  

C'est d'abord de l'écoute. On a une cellule d'écoute avec quelques conseillers qui suivent ça de très près à la Chambre d'agriculture. Ils sont formés aussi pour pouvoir écouter. Ensuite, on peut proposer une rencontre avec l'agriculteur pour faire un point sur où sont ces difficultés? Souvent les difficultés peuvent être de plusieurs ordre : purement économiques, manque de rentabilité. C'est ce qu'on voit le plus souvent dans les causes. Ensuite, on fait un point sur l'endettement, voir faire un prévisionnel sur plusieurs années pour voir quelles sont les solutions, est-ce qu'on peut réétaler les dettes. Est-ce qu'on peut travailler avec les différents partenaires pour faire une table ronde et voir qu'il est possible d'accompagner l'agriculteur pour rebondir ?

Et puis, dans quelques cas, notre rôle c'est d'accompagner la sortie du métier. Ça arrive rarement, mais, il y a aussi un certain nombre de dispositifs qui existent pour accompagner les agriculteurs pour sortir du métier. 

Infos pratique

  • Un numéro unique : 03 86 94 22 22
  • Toutes les informations sont réunies sur un site internet dédié.
  • "Réagir 89" est un service gratuit et confidentiel.
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