Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Rémunération des agriculteurs par la grande distribution, "il faut que l'État fasse appliquer la loi"

-
Par , , France Bleu Auxerre

Les négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution se sont terminées lundi dans une ambiance très tendue. Peut-on vivre décemment aujourd'hui de son métier d'agriculteur ? La réponse de Karim Ferrag, exploitant à Villiers-Vineux, dans l'Yonne, et représentant "lait" à la FDSEA.

Karim Ferrag, producteur de lait à Villiers-Vineux, dans l'Yonne.
Karim Ferrag, producteur de lait à Villiers-Vineux, dans l'Yonne. © Radio France - Isabelle Rose

Bonjour Karim Ferrag. Vous avez une exploitation en polyculture avec 70 vaches laitières. Est ce qu'aujourd'hui, vous arrivez à vivre correctement votre travail ? Est ce que les agriculteurs sont rémunérés à leur juste prix, selon vous ?

Karim Ferrag : On a pu bénéficier en 2019-2020 de la loi Egalim*. Et c'est vrai que les prix à la production avaient augmenté. Ça avait donné des signaux forts à la filière et on avait pu refaire de la trésorerie et, même, avoir des projets et surtout, pour ceux qui s'installent. Depuis la crise sanitaire, il y a eu rupture de négociations. Très clairement, la loi Egalim a été interrompue. Aujourd'hui, les prix sont en deçà des coûts de production, ce qui nous entraîne à chaque fois vers une perte de trésorerie. 

La loi Egalim est censée permettre de rémunérer plus justement les agriculteurs. Des négociations viennent de se terminer d'ailleurs en ce début de semaine avec la grande distribution. Pourtant, le compte n'y est pas. Est ce que, selon vous, il y a des mesures plus plus dures vis-à-vis de la grande distribution pour que, justement, ils baissent leurs marges ? 

Ce qu'on demande, tout simplement, c'est que l'État fasse appliquer la loi. Je pense que ça donne une certaine traçabilité à chaque niveau de la filière sur les coûts de production, pour nous, producteurs, pour l'ensemble des opérateurs, mais également une transparence envers les consommateurs. Dans l'immédiat, [ce qu'on veut] c'est que l'État reprenne en main ce qu'il a pu mettre en œuvre et sur le travail qu'on avait opéré auparavant sur l'ensemble de la loi. Ce qui est important pour nous, c'est au moins un outil législatif et qu'il puisse être opérationnel.  

"Pour être à un niveau de rémunération correct, il faudrait qu'on soit à 39 centimes du litre. On n'y est pas encore aujourd'hui" dénonce Karim Ferrag, de la FDSEA 89..
"Pour être à un niveau de rémunération correct, il faudrait qu'on soit à 39 centimes du litre. On n'y est pas encore aujourd'hui" dénonce Karim Ferrag, de la FDSEA 89.. © Getty - dowell

Si on prend par exemple le prix du lait, qui est un bon repère pour les agriculteurs et aussi pour les consommateurs. Aujourd'hui, il se vent, en moyenne, 320 euros les 1.000 litres à peu près. Est ce que c'est rentable pour les agriculteurs aujourd'hui ? Qu'est ce qu'il faudrait pour que ça soit vraiment rentable ?

Aujourd'hui, non. Très clairement ! Il faut bien savoir que pour l'instant, le 320 euros les 1.000 litres, c'est le prix moyen. Il faut savoir qu'on a, quand même, certains de nos producteurs qui sont payés encore un type en petit peu en deçà. Donc, sur les moins de 200 producteurs de lait d'Yonne, il y a quand même quelques producteurs qui sont en dessous de ça. Pour être à un niveau correct, il faudrait qu'on soit à 39 centimes du litre. On n'y est pas encore aujourd'hui. On est un petit peu loin. C'est ce qu'il faudrait pour nous rémunérer notre travail et avoir une certaine cohérence pour la vie de l'exploitation.

Est ce que ça incite justement certains à passer outre la grande distribution et à trouver d'autres réseaux de distribution comme la vente directe, la "vache à roulettes" ou encore la marque "C'est qui le patron". Ça fonctionne ?

Toutes ces initiatives fonctionnent très bien. En fait, on s'est aperçu que c'est la filière où les producteurs restaient dynamiques, que les circuits courts, c'est un plus. Voilà donc à la ferme Gillot, il y a très longtemps qui sont investis dans la vente directe. Mais toutes les autres initiatives permettent de reconquérir de la valeur ajoutée, que ça soit vers un producteur en vente directe, mais "c'est qui le patron ?" donne aussi une très bonne image vers les consommateurs. Voilà tout ce qu'on peut valoriser, quelques que soient les filières, nous donnera de la valeur ajoutée et un dynamisme professionnel.

______________________________________

*Loi Egalim, dite Loi « pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable » a été promulguée le 1er novembre 2018. Cette loi est issue des États généraux de l'alimentation qui se sont déroulés en 2017.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess