Agriculture – Pêche

Agriculture biologique : les aides jugées insuffisantes

Par Florian Royer, France Bleu Champagne-Ardenne samedi 5 août 2017 à 7:00

La nouvelle répartition des aides ne satisfait pas les agriculteurs bio.
La nouvelle répartition des aides ne satisfait pas les agriculteurs bio. © Radio France - Florian Royer

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a annoncé, fin juillet, une modification dans les aides allouées aux exploitations biologiques. Mais cette nouvelle répartition ne satisfait pas les agriculteurs qui craignent un ralentissement des conversions au bio.

Fin juillet, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a présenté une nouvelle répartition des aides de la PAC (Politique Agricole Commune). Un dispositif d'aides sera délesté de 4,2% de sa dotation au profit d'un autre, destiné notamment aux exploitations biologiques. Seulement, cette augmentation ne contente pas la Fédération Régionale des AgroBiologistes (FRAB) de Champagne Ardenne. Pour sa présidente, Sylvie Corpart, également agricultrice bio à Cormicy, "ces aides ne correspondent pas à la forte dynamique de conversion qui dure depuis deux ou trois ans". La Champagne Ardenne a connu une augmentation de 12% de ses surfaces bio entre 2015 et 2016. Les 4,2% accordé par le gouvernement contiennent plusieurs aides accordées à l'agriculture dite vertueuse, "nous craignons que la part allouée au bio soit trop faible", poursuit Sylvie Corpart.

La Fédération craint que l'enveloppe ne suffise pas à aider les 583 fermes bio ou en cours de conversion que compte la Champagne Ardenne. "Dès la première année de conversion, le rendement chute d'au moins 30%", explique Vincent Gauvain, exploitant bio installé près de Reims. En revanche, les produits ne sont valorisés en bio qu'à partir de la troisième année. Ceux qui pratiquent ce type d'agriculture ont aussi davantage recours à la main-d'oeuvre. Le bio revient donc un peu plus cher à produire.

Les cultures biologiques coûtent plus cher à produire, estime Sylvie Corpart

Des retards dans les aides

Les agriculteurs bio doivent aussi faire face aux retards de leurs aides spécifiques. "Pour 2015, il me manque 8 000 à 9 000, pour 2016, c'est 16 000 à 18 000 euros" affirme Vincent Gauvain. Ces retards répétés et des aides jugées insuffisantes pourraient décourager certains exploitants de se convertir à l'agriculture biologique et freiner la dynamique. Pourtant, le plan Ambition bio 2017 (cliquer pour accéder au plan), présenté sous le ministère de Stéphane Le Foll, répertorie plusieurs mesures incitatives et prévoit le doublement des parcelles bio pour la fin de l'année.

Les agriculteurs qui pratiquent le bio doivent donc adapter leur trésorerie en fonction des rendements et des aides. "Pour passer d'une récolte à une autre, nous avons besoin de plus d'argent, détaille Vincent Gauvain, les céréales sont stockés et valorisés plus tard". Il n'y pas de schéma calé comme dans l'agriculture conventionnelle. Parmi ceux qui passent au bio, il y a aussi des "conversions de désespoir", indique Sylvie Corpart. Ce sont des conventionnels qui ont du mal s'en sortir. "Ils ne viendront pas au bio si l'accompagnement n'est pas suffisant", conclut-elle.