Agriculture – Pêche

Allier : la FNSEA et les JA défendent le glyphosate

Par Justine Dincher, France Bleu Pays d'Auvergne lundi 2 octobre 2017 à 19:51

Christophe, agriculteur à Fourilles (Allier).
Christophe, agriculteur à Fourilles (Allier). © Radio France - Justine DINCHER

Dans l'Allier, le syndicat FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont invité les élus pour leur montrer comment ils travaillent avec le glyphosate. Ils s'opposent à une interdiction "du jour au lendemain" de ce pesticide dans leur exploitation.

Les agriculteurs vont-ils devoir bientôt s'en passer ? Fin septembre, le gouvernement a annoncé un plan de sortie du glyphosate. Ce pesticide très utilisé est très "probablement" cancérogène selon l'organisation mondiale de la santé. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas fixé de date butoir et de calendrier précis. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, et le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, présenteront avant la fin de l'année une stratégie de sortie de ce produit.

Des élus absents

Quelques jours après cette annonce, dans l'Allier, le syndicat FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont convié certains élus à venir voir comment ils travaillent avec les produits phytosanitaires. Ils s'opposent à une interdiction rapide du glyphosate, estimant ne pas avoir d'alternative. Les élus invités (députés, sénateurs et préfet) ne sont pas venus. "Ils sont tous bien occupés, sourit Gilles Cabart, président de la FDSEA 03, j'ose penser que c'est un problème d'emploi du temps... mais j'ai peut-être une crainte que nos politiques n'aient pas très envie de communiquer sur le glyphosate." Christophe, jeune agriculteur à Fourilles, est déçu : "cela fait toujours plaisir de montrer qu'on ne fait pas que des bêtises. J'ai un BTS en technologie végétale, j'ai été formé au problème du glyphosate. Ils se seraient rendu compte que les agriculteurs sont raisonnés et raisonnables."

La FNSEA 03 et les Jeunes agriculteurs avaient lancé l'invitation aux élus. - Radio France
La FNSEA 03 et les Jeunes agriculteurs avaient lancé l'invitation aux élus. © Radio France - Justine DINCHER

Pas d'alternative

Christophe avait prévu de faire un tour dans ses vignes, avec les élus. Sur ses 39 hectares de parcelle, l'ambroisie, très allergisante, pousse partout. "On l'a broyé le mois dernier avant les vendanges, raconte le jeune agriculteur, aujourd'hui, elle fait déjà 10 centimètres, elle a fait des graines et on en aura l'année prochaine. Sans glyphosate, on ne pourra pas la détruire". Christophe, qui fait aussi de l'élevage et de la culture ( blé, colza, betterave, ou encore maïs) dit qu'il ne peut pas se passer du glyphosate à l'heure actuelle : "c'est un produit qu'on utilise essentiellement en rattrapage, lorsqu'on est dans une impasse mécanique, lorsqu'on en a vraiment besoin. Et aujourd'hui, nous n'avons pas d'autre alternative. La robotique représente un coût exorbitant. Le désherbage mécanique, dans des vignes à 4.000 pieds, reviendrait à 2.000 euros par hectare, alors qu'on fait un chiffre de 5.000 euros, maximum, par hectare en moyenne."

Un délai de quelques années

Gilles Cabart, président de la FDSEA 03 demande donc un peu de temps au gouvernement, avant d'interdire le glyphosate : "on demande un délai. L'Union européenne propose 10 ans de renouvellement, le ministre de l'agriculture français a proposé 5 à 6 ans. Peut-être que ce délai nous laisserai le temps de retrouver d'autres alternatives chimiques ou mécaniques, d'autres méthodes. On ne défend pas le glyphosate pour le glyphosate. On le défend parce que nous n'avons pas d'alternative. Si on nous annonce une interdiction complète au 1er janvier 2018, cela poserait d'énormes problèmes pour les agriculteurs de l'Allier."