Agriculture – Pêche

Les annonces d'Emmanuel Macron sur l'agriculture : une "avancée majeure" pour Pascal Denolly (FDSEA 38)

Par Simon De Faucompret, France Bleu Isère jeudi 12 octobre 2017 à 8:37

Mercredi 11 octobre, le président de la République a promis une loi plus favorable aux agriculteurs dans un discours à Rungis.
Mercredi 11 octobre, le président de la République a promis une loi plus favorable aux agriculteurs dans un discours à Rungis. © Maxppp - François Mori

Lors de son discours de Rungis le mercredi 11 octobre, Emmanuel Macron a promis une loi plus juste pour les producteurs agricoles et l'équilibre de leur économie. Un pas en avant pour Pascal Denolly, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) en Isère.

À l'occasion des États généraux de l'alimentation, le président de la République Emmanuel Macron était ce mercredi 11 octobre à Rungis. Il y a annoncé l'élaboration d'une législation plus favorable aux agriculteurs : le prix des produits ne serait plus fixé par la grande distribution, mais établi en fonction des coûts supportés par les producteurs. Une inversion de la logique actuelle, qui devrait se jouer par ordonnances dès le début de l'année 2018, pour une loi prévue à la fin du premier semestre.

"C'est une marche en avant positive." Pascal Denolly, président de la FDSEA en Isère.

Pascal Denolly était sur France Bleu Isère ce jeudi 12 octobre : le réécouter ici.

Pascal Denolly, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) en Isère, a réagi à ces annonces au micro de France Bleu Isère ce jeudi 12 octobre. "C'est une avancée majeure", concède-t-il. "Pour ce qui est de fixer les prix, la place des producteurs était nulle. En inversant le mode de calcul, on repart du coût de production." En somme, les distributeurs et transformateurs ne feront pas leur marge au détriment des producteurs, mais seulement après que ce coût de production aura été établi.

Il tient cependant à tempérer les ardeurs : "Ce sont des mécanismes de négociations qui se jouent tous les ans", révèle-t-il. "C'est sympathique de dire que les agriculteurs doivent vivre de leur travail. Mais la question est de savoir comment." La création d'une loi semble être un élément encourageant. "Les vents de sable effacent très vite ce qui est gravé dans le marbre, il faut rester prudent", sourit Pascal Denolly. "Mais c'est une marche en avant positive. C'est la première fois qu'on nous parle dans ce sens-là." Il n'a pas oublié la loi sous Nicolas Sarkozy, "exactement l'inverse" de celle qui est promise par Emmanuel Macron. Ni la loi Sapin de 2016 qu'il juge "très molle".

"Je suis très prudent pour ce nouveau round de négociations commerciales."

La loi sera précédée par des ordonnances, prévues pour janvier 2018. "La bonne tenue des débats risque d'être sujette à la bonne volonté des négociateurs", craint le syndicaliste. "Je suis très prudent pour ce nouveau round de négociations commerciales." Quoi qu'il en soit, les choses semblent être en mouvement et propices aux discussions : une bonne nouvelle, pour Pascal Denolly.