Agriculture – Pêche

Apiculture : bonne fécondation, mauvaise récolte de miel

Par Martin Cotta, France Bleu Nord et France Bleu mardi 16 août 2016 à 6:00

Yvan Hennion, apiculteur à Halluin (59)
Yvan Hennion, apiculteur à Halluin (59) © Radio France - Martin Cotta

La météo capricieuse, surtout au printemps, n'arrange pas les apiculteurs des Hauts-de-France. Les récoltes de miel sont en deçà des espérances. Reportage chez Yvan Hennion à Halluin.

Si les récoltes en blés sont catastrophiques cette année, les apiculteurs ont de quoi faire grise mine aussi. Le printemps pluvieux a affaibli les récoltes en miel. Celles-ci ne devraient pas être pires qu'en 2012 mais à Halluin, près de Lille, Yvan Hennion est inquiet.

Apiculteur depuis l'âge de 8 ans, et à la tête de son entreprise familiale, les problèmes ont commencé dès le mois de mars. "Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il faisait beau et cela n'est pas bon. Souvent quand il fait beau de bonne heure, on le paie très cher dans le Nord" analyse Yvan Hennion.

À cause de la pluie, ses abeilles n'ont pas pu butiner correctement dans certaines fleurs : le colza, les acacias, mais un peu dans les tilleuls. Du coup la production de miel par ruches, s'en fait maintenant ressentir. "Disons qu'au lieu de produire 30-40 kilos, une ruche en produit 9" explique l'apiculteur. Yvan a déjà chiffré les pertes pour cette année. Elles devraient avoisiner les 30.000 euros.

"Souvent quand il fait beau de bonne heure, on le paie très cher dans le Nord"

La femme de l'apiculteur, est également inquiète. Dans leur magasin les ventes de miel baisseront forcément malgré un intérêt croissant des particuliers. "De plus en plus les gens viennent, essaient de manger du miel et de cuisiner avec" explique Véronique.

Pour pallier ses difficultés, le couple a redéfini sa stratégie en produisant des essaims. "Quand on en fabrique un c'est un peu comme si on avait fait du miel. On en vend beaucoup aux particuliers, en Belgique et à des entreprises qui forment leur salariés" déclare Yvan Hennion.

"De plus en plus les gens viennent, essaient de manger du miel et de cuisiner avec"

La seule bonne nouvelle pour l'apiculteur : c'est la fécondation de ses abeilles. Cela a plutôt bien fonctionné. En 2016, mille reines sont nées. "Quand ces messieurs, en plein vol, vont faire crac-crac, mâle va sortir son petit matériel et couic il meurt. Instantanément. Et la reine lui coupe le service trois-pièces. Et ensuite il y en a un autre qui passe derrière et un autre et un autre...", sourit l'homme. 2016 sera une mauvaise année pour Yvan Hennion, mais pas la pire. En 2012 les pluies diluviennes d'un côté et des fortes chaleurs de l'autre n'avaient rien arrangé.