Agriculture – Pêche

Après Lactalis, Carrefour est dans le collimateur des agriculteurs

Par Charlotte Derouin, France Bleu Mayenne mercredi 7 septembre 2016 à 17:44

Les représentants de l'Etat en visite dans une exploitation agricole à Saint-Ouën-des-Toits.
Les représentants de l'Etat en visite dans une exploitation agricole à Saint-Ouën-des-Toits. © Radio France -

Les éleveurs sont mobilisés pour faire plier Carrefour. L'enseigne tire les prix vers le bas selon les agriculteurs qui réclament de justes prix.

Depuis aujourd'hui, les éleveurs manifestent devant les magasins Carrefour. Ils réclament un meilleur prix d'achat de leur viande : 4,50 euros le kilo en moyenne. Un engagement qu'ont déjà pris d'autres enseignes comme Système U.

Visite d'une exploitation

En Mayenne, aucune action n'a eu lieu devant l'enseigne, la FDSEA et les JA ont préféré invité les représentants de l'Etat et de Carrefour à visiter une exploitation à Saint-Ouën-des-Toits. Aucun responsable de la grande surface n'est finalement venu. La direction a interdit toute communication avant la session de négociation qui a lieu à Paris à partir de 17h.

Une déception pour Yannick Vallée, le président de la section bovine de la FDSEA de la Mayenne, "ça veut dire que soit ils nous ignorent, soit ils minimisent les problèmes qu'on a, ils ne veulent pas regarder les choses en face et ça c'est inacceptable", conclut-il.

Les grandes surfaces récoltent le fruit de notre travail, Jérôme Moullière, éleveur

Sur son exploitation, Jérôme Moullière élève une centaine de blondes d'Aquitaine. Une race de qualité qui lui vaut d'être un peu mieux payé que ses collègues, 4,80 le kilo mais ce prix reste insuffisant pour couvrir ses coûts de production. "Il nous manque 45 à 50 centimes, on se demande comment sera fait l'avenir", lâche l'agriculteur. "Les grandes surfaces récoltent le fruit de notre travail sans se poser aucune question, sans se demander comment les éleveurs font pour nourrir leurs familles", poursuit-il.

Les agriculteurs envisagent déjà des actions d'envergure si les négociations n'aboutissent pas.

Partager sur :