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Dossier : Salon de l'Agriculture 2019

Au pays de la Limousine, la vache Salers gagne du terrain en Corrèze

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Par , France Bleu Limousin

Originaire du Cantal, la vache Salers se développe en Corrèze et gagne ses lettres de noblesse. La preuve : cinq des dix-huit animaux sélectionnés pour le concours général de la race, au salon de l'agriculture, viennent de Corrèze. Il y a notamment un taureau né sans corne... qui fait jaser !

Pour la première fois, "Mathieu", taureau de trois ans de David Fourtet (Corrèze) est en lice au concours de la race Salers au salon de l'agriculture
Pour la première fois, "Mathieu", taureau de trois ans de David Fourtet (Corrèze) est en lice au concours de la race Salers au salon de l'agriculture - DR

Si on était taquin, on parlerait de crime de lèse majesté... Une chose est sûre au pays de la Limousine, la vache Salers traverse de plus en plus la frontière entre Cantal, d'où elle est originaire, et Corrèze, où elle est de plus en plus élevée. Elle est aussi en train de marquer son territoire en terme d'excellence. Car, sur les dix-huit animaux sélectionnés pour participer au concours général de la race, au salon de l'agriculture à Paris ce mercredi 27 février (à partir de 14h30), cinq d'entre eux sont issus de quatre élevages de Corrèze. C'est du rarement vu.

Une centaine d'éleveurs et 5.000 Salers en Corrèze

Il faut dire que la Salers gagne du terrain d'année en année, dans le département, " avec près d'une centaine d'éleveurs à ce jour " selon Renaud Le Morvan, président du syndicat de la Salers en Corrèze. Cet éleveur installé à Aix ajoute qu'il y a " un effectif de 5.000 animaux et c'est une tendance qui se confirme dans le temps. Depuis une dizaine d'années, nous progressons tous les ans. Un petit peu, mais sûrement. C'est de l'ordre de 1 à 2% d'augmentation ".

"Dormez tranquille, élevez Salers"

Plusieurs raisons incitent certains éleveurs à choisir cette race plutôt qu'une autre. C'est le cas de la famille Fourtet, à Saint-Julien-aux-Bois, qui en élève depuis trois générations. David, 30 ans, présente pour la première fois Mathieu (taureau de moins de trois ans) et pour la quatrième fois Gracieuse (vaches âgées de plus de huit ans). Son cousin Victor est lui avec Jannu (taureaux âgés) à Paris. Ils sont installés dans le berceau de la race, aux confins du Cantal. " C'est une vache qui est facile à élever " résume David, " notamment par ses qualités de vêlage, ses qualités d'adaptation, ses très bons aplombs et ses aptitudes fonctionnelles. C'est une vache moderne, championne pour valoriser l'herbe " énumère ce passionné. La Salers s'adapte aussi bien au temps froid que sec et elle est " économe " reprend David Fourtet. " Les vaches ont assez de lait pour élever leurs veaux jusqu'au sevrage, et c'est sur des choses comme ça qu'on se défend. Aujourd'hui, vu l'augmentation du coût des intrants, la Salers a pleinement son mot à dire. On la vend mois cher à la fin, certes, mais on a des coûts de production qui sont beaucoup moins élevés. Que ce soit des coûts sanitaires, car elle est beaucoup moins fragile que d'autres races qui sont vraiment spécialisées dans la production de viande, et qui nécessitent plus d'intrants vétérinaires et plus d'intrants pour l'alimentation. En terme de rentabilité, puisque c'est un mot à la mode, la Salers tire son épingle du jeu ".

La Salers "permet de vivre"

Cette race de vache peut correspondre " à des éleveurs qui ont des choix de vie un peu différents de certains autres en terme de travail " reprend Renaud Le Morvan, " ce sont des choses qui comptent aujourd'hui. Ce n'est pas pour rien que le grand slogan de notre race, c'est 'dormez tranquille, élevez Salers' " sourit-il. Et, à l'heure de la question de la rémunération des éleveurs, la Salers " permet de vivre " n'élude pas David Fourtet. " Après, ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas se plaindre. Est-on justement rémunéré par rapport au temps qu'on passe et l'énergie qu'on fournit ? La réponse est non. Est-ce qu'aujourd'hui mon salaire me satisfait ? Oui, mais on devrait bénéficier de bien plus ".

"Gracieuse" est en concours à Paris pour la quatrième fois
"Gracieuse" est en concours à Paris pour la quatrième fois - DR

Un taureau né naturellement sans corne en lice au concours

La Salers casse les codes sur un autre plan cette année. Pour la première fois, un animal né naturellement sans corne sera en concours dans la catégorie des taureaux de moins de trois ans. Il s'appelle Marceau et appartient à Renaud Le Morvan qui place, pour sa part, le premier animal de sa vie à Paris. Sa sélection " fait un peu jaser " dans ce milieu assez conservateur, ne cache pas le président du syndicat de la Salers en Corrèze. " Cela demande surtout des explications " corrige-t-il. " Ce n'est pas dans le standard d'une vache car, pour beaucoup de monde, une vache à des cornes. Mais ce n'est pas une bonne image puisqu'à l'échelle de la planète, la plupart des vaches n'ont pas de cornes. Il n'y a vraiment qu'en France où on retrouve des cornes dans toutes les races. Pourtant, ce genre d'animal a de plus en plus été sélectionné dans toutes les races françaises ". Le dernier animal sélectionné issu de Corrèze est Marie (vaches jeunes) du Gaec Breuil de Rigier à Rilhac-Xaintrie.

Voici "Marceau", le taureau né naturellement sans corne sélectionné pour le concours de la race Salers au salon de l'agriculture
Voici "Marceau", le taureau né naturellement sans corne sélectionné pour le concours de la race Salers au salon de l'agriculture - DR
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