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Avec les intempéries, les moissons retardées et certaines récoltes en péril dans la Marne

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Après trois jours de pluies continues et un mois de précipitations intenses, les agriculteurs sont dans l'impossibilité de récolter le blé et le colza. Les moissons sont retardées et d'autres cultures souffrent du trop plein d'eau dans les champs. Reportage à Isse dans la Marne.

Des blés couchés, ici à Isse. Des blés couchés, ici à Isse.
Des blés couchés, ici à Isse. © Radio France - Sophie Constanzer

Les blés sont versés, couchés, sur un bon tiers de la parcelle, et dans la terre on s'enfonce. "On a une telle saturation en eau que l'eau ne peut pas descendre et on va rester avec des conditions humides pendant... des jours, des semaines", constate Pascal Collard, agriculteur à Isse, dans cette plaine de Champagne crayeuse si fertile. La récolte des escourgeons a été possible mais le blé et le colza ne peuvent pas être récoltés dans ces conditions. 

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Un sol impraticable pour plusieurs jours 

Impossible d'y faire passer un tracteur et encore moins une moissonneuse. "Même si la pluie s'arrête, il faudra attendre plusieurs jours pour intervenir", souligne l'exploitant qui est aussi élu à la Chambre d'agriculture de la Marne qui ajoute : "un blé couché comme ça est plus près du sol donc va subir l'humidité du sol, et quand les machines vont passer la terre va coller, et le gros souci c'est que la structure du sol va s'abîmer avec le poids des machines"

Le tiers de la parcelle est couché. © Radio France - Sophie Constanzer

Un tiers de la pluviométrie annuelle tombée en un mois dans le secteur

A ce stade, impossible de prévoir les rendements, mais la question de la qualité du blé est posée. "Ce qui fait drôle c'est que la paille est fortement abîmée, les grains sont gorgés d'eau, on peut les écraser facilement et il reste rien". Alors que les trois dernières années ont été marquées par la sécheresse et des moissons précoces dans la région, la situation est exceptionnelle. Et Pascal Collard en la preuve sur son téléphone portable avec le bilan de la pluviométrie

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"Un tiers de la pluviométrie annuelle en un mois, c'est considérable, c'est abyssal, on peut trouver tous les termes pour cet excès d'eau", insiste Pascal Collard qui cultive 430 hectares avec son frère. Dont 80 hectares consacrés aux pommes de terre, et là le constat est tout aussi inquiétant. 

Les pommes de terre touchées par le mildiou 

"On a depuis plusieurs jours des conditions extrêmement favorables au mildiou, on a de l'humidité en permanence, des températures entre 18 et 20 degrés, et le mildiou sur pommes de terre touche la végétation et va atteindre les tubercules qui peuvent être complètement pourries à la récolte", souligne Pascal Collard. Impossible de le savoir pour l'instant, mais les inquiétudes sont là. 

Et d'autres cultures sont aussi en retard, comme ces oignons dans le champ d'à côté qui ont une forme de poireau alors qu'ils devraient déjà avoir une forme de bulbe. Impossible de traiter contre les maladies avec les précipitations, et comme pour les moissons il n'y a que l'attente. 

Un champ de pommes de terre inondé et touché par le mildiou. © Radio France - Sophie Constanzer

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