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Blancafort : le malaise des employés de l'abattoir

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Par , France Bleu Berry

L'abattoir de volailles de Blancafort vient de se voir suspendre son agrément par la préfecture du Cher suite à une inspection tandis que L214 mettait en ligne une vidéo édifiante. Des salariés dénoncent de leur côté, des cadences infernales, des burn out et même des suicides.

Extrait de la vidéo mise en ligne par l'association L214 sur l'abattoir de Blancafort (Cher)
Extrait de la vidéo mise en ligne par l'association L214 sur l'abattoir de Blancafort (Cher) © Radio France - Michel Benoit

60.000 volailles, commercialisées sous la marque Le Gaulois, sont tuées à Blancafort, chaque semaine dans des conditions particulièrement difficiles si on en croit une vidéo mise en ligne par l'association L214. Le groupe LDC a quarante-huit heures pour mettre en place des correctifs et engager un plan d'action.  Cette vidéo a été tournée par un ancien salarié de l'abattoir. Aujourd'hui des salariés (ils sont 340) n'hésitent plus à dénoncer ces conditions d'abattage et ces conditions de travail. 

L214 a lancé une pétition concernant l'abattoir de Blancafort
L214 a lancé une pétition concernant l'abattoir de Blancafort © Radio France - Michel Benoit

Ces dindes issues d'élevages industriels sont tout d'abord transportées dans des cages trop petites. Cette salariée de l'abattoir en atteste : " Elles sont entassées, elles sont à moitié étouffées les pauvres bêtes. Parfois, elles restent de 5 heures du matin à 13H00 sur le parking." Sur la chaîne d'abattage, les volailles, suspendues par les pattes doivent relever la tête pour ne pas racler le sol, avant d'être étourdies dans un bain d'eau électrifiée. Une autre salariée témoigne : " Elles sont simplement étourdies, mais elles ne sont pas mortes. Quand on donne le coup de couteau, elles se débattent." L214 recommande une autre technique de mise à mort. Brigitte Gothière co-fondatrice de l'association : " Les scientifiques recommandent plutôt des méthodes par atmosphère contrôlée. Ce serait moins pire pour les oiseaux. " 

Certaines dindes meurent pendant leur transport jusqu'à l'abattoir, entassées dans des cages trop petites.
Certaines dindes meurent pendant leur transport jusqu'à l'abattoir, entassées dans des cages trop petites. © Radio France - Michel Benoit

La préfecture du Cher affirme avoir réagi suite à une inspection des services vétérinaires et non à la vidéo de L214... Elle aurait dû le faire il y a bien longtemps affirme Brigitte Gothière : "Les inspecteurs vétérinaires présents sur place, auraient dû sonner l'alarme depuis bien longtemps et demander la suspension de l'agrément jusqu'à ce que l'abattoir soit aux normes. Le cheminement des volailles avant d'être abattues dure plus de 2 minutes. Ca se voit ça et ce n'est pas légal ! " Même des salariés se plaignent de leurs conditions de travail. Clothilde est en burn out depuis mars : " Les cadences, ça ne va jamais. Il faut toujours faire plus, faire de la qualité en allant vite. Il faut faire des heures et ne rien dire. C'est infernal. Ils ont fait des investissements soi-disant pour améliorer nos conditions de travail. En réalité, c'est pour améliorer simplement la productivité. On n'est pas assez nombreux. Pour travailler ici, il faut vraiment ne pas avoir le choix et c'est pas évident de trouver du monde." 

L'abattoir de Blancafort a deux jours pour améliorer les choses
L'abattoir de Blancafort a deux jours pour améliorer les choses © Radio France - Michel Benoit

Le responsable de l'abattage s'est suicidé il y a trois semaines, ainsi que deux autres salariés...  Dans un communiqué, la direction de l'abattoir affirme mettre en place dans les 48 h, des mesures pour diminuer la durée de suspension des animaux avant étourdissement et procéder à la mise à jour de la formation  à la protection animale des opérateurs.

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