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Agriculture – Pêche

Blocage des raffineries par les agriculteurs: "c'est comme si vous mettiez sur un ring un poids lourd et un poids plume"

lundi 11 juin 2018 à 9:18 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

Les agriculteurs de la FNSEA comptent bloquer 14 raffineries - dont celle de Donges - et dépôts de carburant pour dénoncer les importations d'huile de palme et, plus globalement, les importations de tous les produits qui ne respectent pas les normes imposées aux agriculteurs français.

Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, invitée de France Bleu Loire Océan
Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, invitée de France Bleu Loire Océan © Radio France - Pascal Roche

Donges, France

Les agriculteurs de la FNSEA, le syndicat majoritaire, compte bloquer 14 raffineries et dépôts de carburant, dont la raffinerie de Donges, au moins jusqu'au 13 juin. Des actions contre les importations d'huile de palme pour faire de l'agro-carburant et, plus globalement, contre toutes les importations de produits qui ne respectent pas les normes imposées aux agriculteurs français. Pour y voir plus clair dans ce dossier assez technique, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA était l'invitée de France Bleu Loire Océan ce lundi matin.

80% de la viande qui se retrouve dans les cantines pour nourrir nos enfants, nos prisonniers, nos malades provient de pays étrangers qui ne respectent pas les même règles que nous

FBLO : vous considérez qu'il y a deux poids, deux mesures entre vous et les agriculteurs en dehors de l'Europe

Christiane Lambert : "Ce que nous dénonçons, c'est l'incohérence du gouvernement. Il impose en France des normes extrêmement strictes, que nous comprenons puisqu'elles sont attendues par nos clients, les consommateurs. Par contre, c'est une tromperie que de laisser entrer des produits qui viennent d'ailleurs et qui ne respectent pas les mêmes règles. C'est le cas pour la viande, et ça touche beaucoup les Français, parce qu'on ne veut pas d'animaux élevés avec des hormones ou des activateurs de croissance, et donc de leur viande qui se retrouve dans les plats cuisinés, dans les cantines. 80% de la viande qui se retrouve dans les cantines pour nourrir nos enfants, nos prisonniers, nos malades provient de pays étrangers qui ne respectent pas les même règles. Avoir d'un côté des agriculteurs à qui on dit : soyez plus beaux, plus sains, plus environnement, etc. donc avec des coûts de production plus importants, mais laisser venir d'ailleurs des produits qui sont moins chers, c'est condamner l'agriculture française et tromper les consommateurs".

Nous sommes au travail pour avoir moins de soja OGM et plus de colza non OGM

Vous ne voulez pas de certaines importations, en même, beaucoup d'animaux français sont nourris avec du soja OGM que les agriculteurs sont bien contents de pouvoir importer

Il y en a de moins en moins. Et nous sommes au travail pour avoir moins de soja OGM et plus de colza. Mais, pour ça, il faut que la France soutienne sa filière colza. Et c'est pas en important de l'huile de palme qu'on va soutenir la filière colza. Je vous donne un exemple : dans notre exploitation porcine, dans le Maine-et-Loire, nous étions, il y a 10 ans, avec du soja sud-américain. C'était du soja OGM. Nous avons voulu changer. Le soja non OGM coûte 40% plus cher. Aujourd'hui, 10 ans après, parce que la filière colza s'est développée, notamment avec des industries de transformation qui se trouvent dans les Pays-de-la-Loire, nous avons 100% de tourteaux de colza non OGM, et donc nous sommes dans une démarche qualité reconnue, étiquetée sur les barquettes que les consommateurs peuvent retrouver. Voilà ce que veulent les agriculteurs".

Exporter, oui. Importer, oui. Mais avec des règles équitables

Mais les accords commerciaux avec les pays du continent américains, ils peuvent aussi permettre aux agriculteurs français d'exporter plus facilement leurs produits

La viande française qui est exportée, elle est premium. Nous, nous ne sommes pas contre le commerce. Exporter, oui. Importer, oui. Mais avec des règles équitables. Aujourd'hui, ce n'est pas équitable. C'est comme si vous mettiez sur un même ring un poids lourd et un poids plume. Moi, je ne vous donne pas cher pour savoir qui va gagner".