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Bordeaux : pesticides dans des vins labellisés "haute valeur environnementale", la filière se défend

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Par , France Bleu Gironde

Une association girondine publie une analyse de vins de Bordeaux labellisés "haute valeur environnementale" montrant la présence de résidus de pesticides. "Une malhonnêteté intellectuelle" pour la porte-parole de "Alerte aux toxiques !". Choqué, le CIVB envisage de porter plainte pour diffamation.

Un pied de vignes dans le Bordelais.
Un pied de vignes dans le Bordelais. © Maxppp - Thibaud MORITZ

Dans son bureau, Valérie Murat détaille le résultat de l'analyse publiée par "Alerte aux toxiques !", l'association girondine dont elle est porte-parole. Elle a sélectionné 22 bouteilles de vins, pour la plupart issues de domaines bordelais pour les faire analyser par un laboratoire. "Sur les 22 bouteilles, il y a 28 substances actives qui ont été détectées, toutes les bouteilles sont chargées. On retrouve systématiquement des perturbateurs endocriniens, des pesticides qui peuvent nuire au fœtus aussi, etc." 

Des pesticides autorisés par un label non vertueux selon l'association

Aucun des pesticides listés n'est interdit par la loi ni par le label HVE, ce qui préoccupe la militante : "Les effets d’annonce d’une pratique plus vertueuse comme la certification HVE, « Haute Valeur Environnementale » sont un leurre puisqu’elle n’interdit pas les pesticides de synthèse ; les vignerons sont même autorisés à utiliser les plus dangereux" affirme-t-elle sur le site de l'association. De vive voix, Valérie Murat explicite son point de vue : "Rien qu'à voir son logo, un papillon, un carré de vignes avec des bosquets au loin et son nom, ce label renvoie à une image vertueuse auprès du consommateur. Il est porté par le ministère de l'Agriculture et localement, ici dans le Bordelais, par le Conseil interprofessionnel des Vins de Bordeaux. _Et ce que je reproche c'est de semer la confusion dans l'esprit du consommateur et de lui faire croire que ce label serait équivalent à un label bio_, c'est faux." L'analyse, qui a coûté 5000 euros a été financée par 155 donateurs via un crowdfounding. Elle a été réalisée par le laboratoire Dubernet à Montredon dans l'Aude.

Le CIVB envisage de porter plainte pour diffamation

Valérie Murat n'hésite pas à qualifier ce label HVE d'opération de greenwashing. Ce à quoi le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux réagit par le biais de son directeur de communication : "On estime que toutes les certifications environnementales sont bonnes. A partir du moment où un viticulture qui n'y est en rien obligé s'engage dans une démarche environnementale qu’elle soit bio, biodynamique, HVE, Demeter... c'est à chaque chef d'entreprise de décider de son choix de culture. Je pense qu'elle [Valérie Murat] n'a aucune compétence pour juger ce label à partir d'une analyse aussi réduite", affirme Christophe Chateau.  

Une réaction à laquelle s'attendait la porte-parole d'"Alerte aux toxiques !" qui s'inquiète des phrases de risques liées aux résidus de pesticides retrouvés : "peuvent nuire au foetus", "risque de cancers", "mortel par inhalation", etc. et dénonce des traces significatives dans les vins analysés. Faux, répond le CIVB : "Nous sommes choqués par ces propos car nous pensons qu'il s'agit d'une escroquerie intellectuelle. Il n'y a aucun des pesticides cités qui ne serait pas homologué par les pouvoirs publics et les doses retrouvées sont 100 à 1000 fois en deçà des seuils fixés par les pouvoirs publics" explique Christophe Chateau avant de poursuivre : "Il n'y a rien de dangereux pour les consommateurs dans ce qui a été produit par les viticulteurs, le laboratoire lui-même le dit, et par la polémique, elle salit la marque et ça c'est inacceptable." Le CIVB a d'ailleurs transmis le dossier à son avocat et se réserve la possibilité de porter plainte pour diffamation.

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