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Brexit : action coup de poing des pêcheurs au port de Boulogne-sur-Mer

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Environ 150 pêcheurs ont manifesté toute la nuit de jeudi à vendredi, à Boulogne-sur-Mer, 1er port de pêche français, contre les restrictions imposées par Londres pour aller pêcher dans les eaux britanniques depuis le Brexit, intervenu le 1er janvier 2021.

Un barrage filtrant installé à l'entrée du port de Boulogne-sur-Mer, dans la soirée, le jeudi 22 avril 2021
Un barrage filtrant installé à l'entrée du port de Boulogne-sur-Mer, dans la soirée, le jeudi 22 avril 2021 © Radio France - Stéphane Barbereau

Oeil pour oeil, dent pour dent. Les pêcheurs du Boulonnais ont voulu montrer ce jeudi soir aux Britanniques qu'ils étaient capables également de mesures de représailles tant qu'on les empêchera d'aller pêcher dans les eaux du Royaume-Uni. Depuis le 1er janvier, les Français doivent obtenir une licence de Londres que nos voisins accordent au compte-goutte : 22 bateaux l'ont décroché sur 120 à Boulogne-sur-Mer. Pour l'obtenir, il faut avoir prouvé une pêche côté anglais de 2012 à 2016 grâce à une balise GPS que peu de bateaux français avaient à cette époque. Alors, les pêcheurs ont installé des barrages filtrants à l'entrée du port, près du poste de contrôle sanitaire, pour exiger des camions anglais remplis de poissons depuis l'autre côté de la Manche, de démontrer également une activité d'export entre 2012 et 2016. Olivier leprêtre est le président du comité régional des pêches : 

Je ne fais rien de mal, je renvoie ce qu'ils font !

Des pêcheurs manifestent à l'entrée du port de Boulogne-sur-Mer contre les conditions imposées par Londres suite au Brexit
Des pêcheurs manifestent à l'entrée du port de Boulogne-sur-Mer contre les conditions imposées par Londres suite au Brexit © Radio France - Stéphane Barbereau

Aucun camion anglais ne s'est présenté hier soir, sans doute prévenu de l'action des pêcheurs français. Peu importe pour Olivier Leprêtre : 

On laissera pas mourrir les gens. S'il faut aller à la guerre, on ira à la guerre ! 

Olivier Leprêtre, le président du comité régional des pêches
Olivier Leprêtre, le président du comité régional des pêches © Radio France - Stéphane Barbereau

Subtilités d'un accord de 1 200 pages

Outre les licences, les autorités britanniques ont logé des subtilités dans les 1 200 pages de l'accord sur le Brexit : la zone anglaise soumise à licence ne débute depuis la côte mais à partir de bancs découvrants situés plus loin en mer, ce qui restreint encore la zone de pêche pour les Français. Les pêcheurs de la côte d'Opale doivent également venir pêcher avec un maillage de filets plus gros, ce qui fait moins de poissons à chaque prise. Enfin, conséquence de ces licences quasimment impossibles à obtenir, les eaux françaises ont vu arriver des bateaux belges et surtout néerlendais, ce qui entraîne une surpêche !

Pression sur Bruxelles

Pêcheurs et élus locaux en appellent donc à Bruxelles pour forcer le gouvernement anglais à assouplir ses règles pour délivrer les licences. Jean-François Rapin est sénateur du Pas de Calais et président de la commission des affaires européennes à la Haute-Assemblée : 

J'ai l'impresssion qu'on est tombé dans un piège, c'était inattendu

"Je suis d'autant plus surpris qu'on a eu un défilé de ministres au début à Boulogne nous disant : "mais attendez, ça va arriver ! Et on est là au bout de 3 mois et demi et vous voyez les chiffres".

22 licences accordées et encore seuls 2 à 3 bateaux se risquent dans les eaux anglaises aujourd'hui. Ils sont en général repoussés par les autorités britanniques qui les menacent de 20 000€ d'amende si leurs filets ne sont pas aux normes.

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