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Dossier : Brexit

VIDÉOS - Brexit : quelles conséquences pour les pêcheurs français en cas de "no deal" ?

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Par , France Bleu, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel

Britanniques et Européens ont commencé à dégager petit à petit la voie vers un possible accord post-Brexit mais il reste encore l’épineux dossier de la pêche. Un sujet qui inquiète le secteur maritime. Un "no deal" serait surtout une catastrophe économique pour les pêcheurs français.

Un bateau de pêche devant la citadelle de Port-Louis près de Lorient.
Un bateau de pêche devant la citadelle de Port-Louis près de Lorient. © AFP - Philippe Roy / Aurimages

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier 2020 mais il continue de respecter les règles européennes pendant une période de transition qui s'achèvera le 31 décembre prochain. Si aucun compromis n'est trouvé d’ici là, les Britanniques reprendront le contrôle total de leurs eaux le 1er janvier prochain. 

Comment fonctionne le partage des eaux entre les Britanniques et leurs voisins européens ? 

"Fin 19e, début 20e siècle, tous les pêcheurs allaient un peu près où ils voulaient pour pêcher" explique Hubert Carré, Directeur général du comité national des pêches maritimes et des élevages marins. Mais, début des années 80 tout a changé, notamment avec la convention de Montego Bay sur le droit de la mer qui a instauré une zone économique exclusive (ZEE) qui s'étend jusqu'à 200 milles marins (270 km environ) au large de ses côtes. Dans cette zone, les Britanniques peuvent notamment règlementer certaines activités comme la pêche.  

A cela s’est ajouté aussi la politique commune de la pêche (PCP), qui régit toutes ces activités en Europe et que le Royaume-Uni a accepté d'appliquer, lorsqu’il a adhéré à l'Europe en 1973. Des quotas de pêche pour les stocks partagés avec les Britanniques qui ont d’ailleurs été reconduits provisoirement jeudi pour trois mois. Ils seront renégociés après l'éventuel accord entre Bruxelles et Londres sur leur relation post-Brexit. 

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S’il y a bien une zone économique exclusive, il existe malgré tout une petite subtilité depuis une dizaine d’années. Elle concerne une zone située dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (entre 11 et 22 km). C’est essentiellement dans cette zone que les pêcheurs français notamment viennent pêcher. "Les Anglais avaient accepté que d’autres pêcheurs européens qui avaient jusqu’alors l’habitude de pêcher pouvaient y pénétrer dans certaines conditions, et y pêcher certaines espèces" précise Hubert Carré. 

Les zones économiques exclusives (ZEE)
Les zones économiques exclusives (ZEE) © AFP

S’il n’y a pas d’accord ?  

Dans le cas d’un "no deal" cet accord dans les 6-12 milles marins ne sera plus en vigueur. Les Anglais ne reconnaîtront plus ces activités traditionnelles. L’accès sera fermé aux pêcheurs français. Les Anglais décideront qui a le droit d'accéder à leurs eaux.  

Selon Hubert Carré, au moins 1000 navires français vont pêcher dans cette zone britannique. Pour certains pêcheurs français, de Boulogne ou de Lorient, + de 90% des prises se font uniquement dans cette zone. Près de 100 espèces de poisson sont concernées. 

Quelle est la particularité des eaux britanniques ?

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Si les Français pêchent dans les eaux britanniques c’est parce qu’avec 15.000 km de côtes, le Royaume-Uni est particulièrement bien doté en eaux poissonneuses. Les poissons pêchés dans ces eaux sont essentiellement du merlan, de la plie, du maquereau, du cabillaud, du chinchard, du hareng ou de la lotte en mer d’Ecosse. "La côte française est _une zone nourricière_. A mesure qu'il grandit, le poisson va prendre le large", c'est la raison pour laquelle les pêcheurs vont capturer les poissons dans les eaux britanniques explique Clara Ulrich, directrice adjointe à la direction scientifique de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, l'Ifremer. "Les œufs et les larves sont transportés par les courants". 

Si les eaux britanniques sont les plus poissonneuse d’Europe, le changement climatique accentue encore davantage le phénomène constate cette ingénieure halieutique de l'Ifremer. "La plie de Mer du Nord par exemple se trouvait beaucoup dans les eaux hollandaises, danoises et avec le réchauffement climatique on la retrouve de plus en plus le long de l’Ecosse, de l’Angleterre".  

Problème de cohabitation 

Pour Hubert Carré, le Directeur général du comité national des pêches maritimes et des élevages marins, "si les pêcheurs français sont exclus des eaux britanniques, ils vont se retrouver avec les autres pêcheurs européens dans les eaux françaises notamment. Cela va donc poser un problème de cohabitation" et il faudra aussi faire attention "aux nouveaux usages qui ont fait leur apparition en mer comme les câbles sous-marins, les parcs marins ou encore les futurs zones d’éoliennes".  

En attendant un éventuel accord, Londres a fait savoir il y a quelques jours que des navires de la Royal Navy se tenaient prêts à protéger les zones de pêche britanniques où pourraient survenir des tensions en cas d'échec des négociations. S’il n’y a pas d’accord, les bateaux britanniques n’auront plus accès aux eaux européennes et inversement.
Une situation d’autant plus absurde que les Britanniques ne mangent pas leurs poissons. "70 % des poissons et fruits de mer britanniques sont exportés vers l’Europe" précise Frédéric Moncany de Saint-Aignan, le président du Cluster maritime français. En cas de "no deal" "c'est toute la filière maritime qui va être impactée" rappelle Frédéric Moncany de Saint-Aignan.  

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