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Agriculture – Pêche

"Ça a été du travail pour rien, il faut tout recommencer", Jean-Pierre Mirouze, éleveur ariégeois qui a perdu 255 brebis

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Par , France Bleu Occitanie

Huit jours après la mort de ses 255 brebis en Ariège, l'éleveur Jean-Pierre Mirouze a accepté de témoigner. Il a été reconnu qu'un ours était responsable de ce dérochement survenu dans la nuit du 24 au 25 juin dernier. Les bêtes sont tombées de la falaise alors qu'elles étaient en estive.

Jean-Pierre Mirouze, éleveur de brebis dont l'exploitation est située près de Pamiers à Saint-Bauzeil
Jean-Pierre Mirouze, éleveur de brebis dont l'exploitation est située près de Pamiers à Saint-Bauzeil © Radio France - Marion Aquilina

Aston, France

Jean-Pierre Mirouze dort mal depuis un peu plus d'une semaine, depuis le dérochement qui s'est déroulé il y a huit jours et qui a coûté la vie à 255 de ses brebis. Elles étaient en estive au-dessus d'Aston, près de Tarascon-sur-Ariège. Apeurées par la présence d'un ours, elles sont tombées d'une falaise.

Cette reconnaissance de la responsabilité de l'ours est très importante pour l'éleveur ariégeois : "_J'avais besoin qu'on dise que l'ours faisait dérocher des animaux_. Ces ours-là sont opportunistes, ils ne s'adapteront jamais à nos Pyrénées, ils vous tuent une brebis quand ce n'est pas sept ou huit ou quand ils n'en font pas dérocher 255. Et pour manger quoi ? La moitié d'un pis, un cœur ou le foie et puis ils ne reviennent pas sur les cadavres."

Jean-Pierre Mirouze, éleveur ariégeois : "J'avais besoin qu'on dise que l'ours faisait dérocher des animaux"

Certaines brebis de Jean-Pierre Mirouze, éleveur à Saint-Bauzeil - Radio France
Certaines brebis de Jean-Pierre Mirouze, éleveur à Saint-Bauzeil © Radio France - Marion Aquilina

L'entreprise va être indemnisée. D'après les calculs, à raison de 195€ par animal, le montant de l'indemnisation s'élèverait à un peu moins de 50 000€. Mais ces éleveurs avaient déjà perdu des bêtes dans un dérochement il y a 14 ans : "Ça a été du travail pendant 14 ans pour rien, tout ça pour tout recommencer... Et jusqu'à quand ? L'usure arrive vite. Ça ne peut pas le faire très longtemps. Jamais de la vie."

Jean-Pierre Mirouze, éleveur ariégeois : "Ça a été du travail pendant 14 ans pour rien, tout ça pour tout recommencer"

Pourtant il faut bien que l'exploitation tourne chaque jour même après ce qu'il s'est passé : "Mes deux frères sont là-haut. Ils se relaient. Il y en a un qui dort sous un caillou à 2 300 mètres d'altitude et l'autre dort à la cabane pour se reposer et pouvoir surveiller la journée. Moi je suis ici à Saint-Bauzeil pour m'occuper des affaires, faire les foins, les réserves pour l"hiver et les démarches administratives par rapport à ce qui nous est arrivé. _Je n'arrive pas à dormir la nuit parce que je pense à mes frères qui dorment sous un caillou alors que moi, je suis dans mon lit douillet. Je trouve que tout ça n'est pas normal_."

Je n'arrive pas à dormir la nuit parce que je pense à mes frères qui dorment sous un caillou