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Agriculture - Pêche

Cadences ralenties, lumières tamisées, cascade d'eau : l'abattoir "éthique" de Bourganeuf bientôt prêt

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu

Le "Pôle viandes locales" de Bourganeuf pourrait ouvrir ses portes au printemps. Cet abattoir, financé par 65 éleveurs du Limousin, a mis en place plusieurs outils pour limiter le stress et la souffrance animale avant la mise à mort.

Le "Pôle viandes locales" devrait ouvrir au printemps.
Le "Pôle viandes locales" devrait ouvrir au printemps. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bourganeuf, France

C'est un abattoir unique en France, qui mise tout sur l'éthique et le respect des animaux : le "Pôle viandes locales" de Bourganeuf pourrait ouvrir au printemps. Ce sera le seul abattoir de Creuse, après la fermeture du dernier en 2006. Les travaux sont désormais terminés, mais il reste quelques réglages à effectuer avant la mise en route.

Le 15 janvier, un test a été effectué avec des animaux, sans mise à mort finale, en présence d'un "conseil scientifique" composé d'éleveurs, de services de l'Etat (DDCSPP), de chercheurs et d'associations en faveur du bien-être animal. Tous suivent ce projet innovant depuis ses débuts, et conseillent les 65 éleveurs du Limousin qui l'ont mis en place et financé à hauteur de 4,5 millions d'euros.

"Ce n'est pas parce que l'animal va à la mort qu'il faut lui faire du mal"

Le principe de cet abattoir : limiter au maximum la souffrance animale. Pour cela, un impératif : l'homme ne touche jamais la vache, le cochon ou le mouton, c'est une barrière qui l'accompagne doucement à travers la bouverie. "On ne le tape pas pour le faire avancer, ce n'est pas parce qu'il va à la mort qu'il faut lui faire du mal" appuie Jacky Tixier, éleveur à la retraite et responsable protection animale au "Pôle viandes locales".

ÉCOUTEZ - Le reportage France Bleu Creuse dans l'abattoir de Bourganeuf

Pour déstresser les animaux, les lumières sont tamisées, les bruits métalliques sont en partie atténués et une cascade d'eau va être installée pour créer une ambiance rassurante. "Je n'ai jamais vu ça ailleurs, c'est très original !" applaudit Luc Mirabito de l'institut de l'élevage, une association où il travaille sur les questions de protection animale.

Le robot qui étourdit l'animal est commandé par cette machine équipée d'un écran et située dans une autre pièce. - Radio France
Le robot qui étourdit l'animal est commandé par cette machine équipée d'un écran et située dans une autre pièce. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Un robot automatisé étourdit les animaux

"Tout est pensé pour que les animaux restent au calme, avec une présence humaine réduite et surtout un rythme adapté, relativement lent", souligne Claudia Terlouw, qui travaille l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) sur les questions de stress à l'abattage. La conception du box d'étourdissement est unique en France selon elle : "Des capteurs permettent d'éviter que l'animal soit trop comprimé."

Claudia Terlouw, qui travaille à l'Institut national de la recherche agronomique sur les questions de stress à l'abattage.

L'étourdissement est réalisé automatiquement, sans contact humain là non plus : "Le robot travaille sur  la reconnaissance faciale, pour régler l'endroit précis où est donné le coup de matador afin d'assommer l'animal." La dernière étape, la saignée, est quant à elle réalisée par l'homme. L'animal inconscient est accroché par une patte arrière et soulevé par un treuil.

Une viande vendue en circuit-court

Le "Pôle viandes locales" n'est pas seulement un abattoir : il assurera non seulement la mise à mort mais aussi la découpe et la transformation de la viande. Tout sera ensuite vendu en circuit-court, directement par les éleveurs. "On était à la recherche d'un outil de paysan en Creuse pour avoir la traçabilité totale de nos animaux. On ne va pas être dans l'abattage de mille bêtes par semaine mais seulement dix" souligne Sébastien Perrier, éleveur de bovins à Vigeville et qui revendique le terme d'"abattage éthique".

Sébastien Perrier, éleveur de bovins à Vigeville et actionnaire du "Pôle viandes locales".

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