Agriculture – Pêche

Ces agriculteurs sarthois veulent pouvoir continuer à utiliser le glyphosate

Par Julien Jean, France Bleu Maine et France Bleu lundi 18 septembre 2017 à 15:46

Les députés Damien Pichereau (LRM) et Jean-Carles Grelier (LR) dans un champ de moutarde à Chemiré-le-Gaudin.
Les députés Damien Pichereau (LRM) et Jean-Carles Grelier (LR) dans un champ de moutarde à Chemiré-le-Gaudin. © Radio France - Julien JEAN

Alors que cet herbicide controversé pourrait être prochainement interdit dans l'Union européenne, la FDSEA et les JA 72 alertent les parlementaires de la Sarthe sur les conséquences économiques et écologiques d'une telle interdiction.

"J'en ai besoin. Aujourd'hui c'est clair, on ne peut pas se passer de cet herbicide". Philippe Dutertre, agriculteur à Chemiré-le-Gaudin est catégorique : le glyphosate est indispensable pour cultiver sa centaine d'hectares de terres. Mais le renouvellement de son autorisation pour une période de 10 ans dans l'Union européenne est aujourd'hui menacé. Les Etats membres devront se prononcer d'ici la fin de l'année et la France a d'ores et déjà fait savoir, par la voix de son ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, qu'elle voterait contre ce renouvellement.

"Ce n'est pas raisonnable et pas responsable. On ne peut pas envisager une telle interdiction du jour au lendemain" estime Denis Pineau, le président de la FDSEA 72. Pourtant le Circ, le centre international de recherche sur le cancer, a dès 2015 classé la molécule comme "probablement cancérogène". Par ailleurs, jeudi dernier le 14 septembre, l'ONG Générations futures a révélé que des traces de glyphosate ont été retrouvées dans des céréales pour petit-déjeuner, des légumineuses et des pâtes, sans qu'ait été dépassé la limite maximale en résidus.

Trop coûteux et gain écologique douteux selon la FDSEA

Le président de la FDSEA de la Sarthe préfère lui relativiser : "Ou alors, on pourrait tout interdire, comme notre lessive ou le produit vaisselle qu'on utilise tous les matins pour laver notre bol". Philippe Dutertre se veut plus mesuré : "Je ne dis pas que c'est pas dangereux. Il faut admettre que le glyphosate peut l'être et essayer de réduire les doses. Mais soyons honnête, aujourd'hui la profession n'est pas prête à faire sans". La FDSEA et les JA affirment ainsi qu'un désherbage mécanique coûterait 15 à 30 euros supplémentaires par hectare cultivé. "Et puis si on n'utilise pas de glyphosate, il faut avoir conscience qu'on devra prendre d'autres herbicides et augmenter le dosage".

Ces agriculteurs sarthois affirment néanmoins "ne pas être attachés à la molécule" mais ils souhaitent obtenir un délai de plusieurs années pour trouver des substituts et comptent sur les parlementaires sarthois pour relayer cet appel. Mais Damien Pichereau, député LRM tempère : "Depuis 15 jours, j'ai lu une dizaine de rapports sur le glyphosate et tous se contredisent. Alors oui, peut être que le principe de précaution devrait s'appliquer". Le comité en charge du dossier se réunira les 5 et 6 octobre à Bruxelles.