Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Charente-Maritime : l'orobanche fait des ravages dans les champs de colza et menace les abeilles

lundi 25 juin 2018 à 18:39 Par Marie-Laurence Dalle, France Bleu La Rochelle

L'orobanche est une plante parasite qui vit sur le Colza en Charente-Maritime et oblige à terme les agriculteurs à changer de culture. Les abeilles en souffrent : si la surface de colza diminue, elles perdent leur principal garde manger. Et il n'y a pas de solution pour l'instant.

L'orobanche, c'est cette petite plante qui fait des fleurs bleues, un parasite du Colza
L'orobanche, c'est cette petite plante qui fait des fleurs bleues, un parasite du Colza © Radio France - Marie-Laurence Dalle

Charente-Maritime, France

Nous sommes dans un champ de colza de 10 hectares, près du Gua (Charente-Maritime). Chaque pied est colonisé par de petites fleurs bleues maintenant fanées : ce sont des orobanches, une plante parasite peu connue du grand public, mais qui depuis 20 ans fait des ravages. La Charente-Maritime est le principal foyer de progression de l'orobanche sur le colza en France. Mais l'invasion progresse : il y a 20 ans, seule une toute petite zone était concernée aux environs de Saint-Jean d'Angély, on la trouve maintenant au Gua. L'orobanche a progressé jusqu'à 150 km au nord du département, elle a colonisé la Vendée, et 100 km au sud, elle s'est installée en Gironde

Ce champ de colza au Gua (Charente-maritime) est condamné, il y a de l'orobanche partout, il va falloir changer de culture  - Radio France
Ce champ de colza au Gua (Charente-maritime) est condamné, il y a de l'orobanche partout, il va falloir changer de culture © Radio France - Marie-Laurence Dalle

Il n'y a pas de solution, il faut changer de culture 

"Cet hiver, du coté de Saint-Jean d'Angély, des agriculteurs ont dû labourer leurs champs de colza, il n'y avait plus rien, l'orobanche avait tout détruit" raconte Nicolas Boursier, technicien agronome en Charente-Maritime pour le groupe céréalier Soufflet. Dans le champ du Gua, Pascal Chauvet, l'agriculteur, sait qu'il ne récoltera que 200 kg/hectare de colza cette année au lieu de 3,5 tonnes à 4 tonnes. "Là il faut arrêter le colza, c'est peut-être même l'année de trop", dit-il. Comme les graines d'orobanche vivent de 20 à 50 années, ce champ est infesté pour longtemps. Mais par quoi remplacer le colza sur ces terres caillouteuses à petit potentiel, s'interroge l'agriculteur ? Il a de la chance, ce champ est sa seule parcelle concernée, le reste de ses terres, sur une autre commune, est argileuse et il n'y a pas d'orobanche. 

Nicolas Boursier, agronome pour le groupe céréalier Soufflet est un spécialiste de l'orobanche  - Radio France
Nicolas Boursier, agronome pour le groupe céréalier Soufflet est un spécialiste de l'orobanche © Radio France - Marie-Laurence Dalle

_"L'orobanche n'est pas une espèce venue d'ailleurs, elle était là naturellement"_, explique Nicolas Boursier, le technicien agronome. "Elle a été identifiée en 1850, elle s'est développée avec le développement de la culture de colza dans les terres à petit potentiel". Et il n'existe pas, aujourd'hui de moyen de l'éradiquer. Alors, comme d'autres confrères, Nicolas Boursier cherche des cultures résistantes : "on essaye de travailler sur le pois chiche ou la lentille, mais il faut apporter un revenu aux agriculteurs", sans qu'ils aient besoin des aides européennes. "Et ça aujourd'hui c'est difficile". C'est lui qui conseillera l'agriculteur du Gua, qui pensait faire de la luzerne, dans le champ contaminé, l'an prochain. Mais le marché de la luzerne semence s'effondre, et pour la luzerne fourrage, il y a de moins en moins d'éleveurs.  

Si le Colza disparaît, la nourriture des abeilles disparaît 

La progression de l'orobanche, et la disparition des champs de colza inquiète les apiculteurs : "les ruches ont besoin de ressources continues. Nous avons besoin de démarrer les populations avec les ressources importantes que donnent le colza pour ensuite produire massivement du miel sur le tournesol", explique Philippe Lecomte, président du réseau Biodiversité pour les abeilles, "si le colza disparaît cela va réduire la production de miel". Les abeilles sont confrontés à beaucoup de problèmes entraînant leur mortalité. Mais, dit-il, "la nutrition est fondamentale, s'il y a disparition du colza, et donc de la nourriture des abeilles, les autres problèmes deviennent mineurs".