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Agriculture – Pêche

Comment les agriculteurs prennent-ils des vacances ?

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Par , France Bleu Creuse

Impossible d'abandonner l'exploitation, même pendant quelques jours. Pour que les agriculteurs et les agricultrices puissent prendre des vacances, une association organise la valse des remplacements.

Un peu moins de 500 agriculteurs creusois ont bénéficié du service de remplacement
Un peu moins de 500 agriculteurs creusois ont bénéficié du service de remplacement © Radio France - Thierry Colin

Creuse, France

S'il est un métier qui suppose d'être au travail tous les jours, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente ou qu'il fasse canicule... C'est bien celui d'agriculteurs. Les légumes ne cessent pas de pousser, les animaux ne cessent pas de s'alimenter quand les exploitants sont malades ou souhaitent s'absenter. Prendre des vacances relève donc, souvent, de la gageure.

"C'est nécessaire, pour se retrouver en famille, profiter des enfants, prendre du temps... comme tout le monde" - Jean-Marc Velleine, éleveur bovins à Saint-Hilaire-le-Château

Ils sont pourtant de plus en plus nombreux, en Creuse, à essayer de s'aménager quelques jours pour souffler et s'éloigner de l'exploitation. "C'est nécessaire, pour se retrouver en famille, profiter des enfants, prendre du temps... comme tout le monde", raconte Jean-Marc Velleine, éleveur bovins à Saint-Hilaire-le-Château. Cette année, début août, toute la famille va prendre une semaine de vacances, loin de la Creuse. "Nous essayons de le faire au moins une fois par an, depuis une dizaine d'années, précise-t-il. Au début, mes parents prenaient la relève. Désormais, avec l'âge, on fait appel au service de remplacement."

Jean-Marc Velleine, exploitant

Direction les locaux, en plein centre de Guéret, des Services de remplacement de la Creuse, une association indépendante, affiliée à une fédération nationale. Dans le bureau de Cécile Fournier, la directrice, le téléphone sonne sans discontinuer. "C'est la période où l'on reçoit le plus d'appels pour les congés d'été", explique-t-elle. "Grâce à la bonne météo, nos agriculteurs et nos agricultrices ont bien avancé dans les travaux de fenaison et les travaux de moisson ont commencé. Ils vont réussir à se dégager un peu de temps début août."

25% de sollicitations en plus chaque année

En 2018, 492 agriculteurs ont utilisés les services de l'association. Quasiment trois fois plus qu'en 2008. Depuis deux ans, Cécile Fournier constate une hausse de 25% chaque année du nombre de sollicitations. Dans la majorité des cas, il s'agit de remplacer un agriculteur blessé ou malade, mais la part de celles et ceux qui sollicitent l'association pour prendre de véritables vacances progresse aussi. Pourtant, "ce n'est pas facile pour nos agriculteurs de prendre des congés", tempère la directrice. Ils doivent anticiper longtemps à l'avance pour s'organiser et obtenir un remplacement aux dates demandées.

Cécile Fournier, directrice des Services de remplacement dans la Creuse

"C'est un peu comme confier son enfant à une tierce personne, cela demande beaucoup de confiance." - Jean-Marc Velleine

Ils doivent surtout accepter de céder les rênes à un étranger. "C'est très angoissant", confirme Jean-Marc Velleine. "On craint le problème, on reste joignable sur nos portables, on communique tous les numéros d'urgence. C'est un peu comme confier son enfant à une tierce personne, cela demande beaucoup de confiance." Du dialogue, également. Cécile Fournier consacre du temps, par téléphone, pour rassurer les exploitants : "Nos remplaçants sont des professionnels qui travaillent bien et en tout autonomie, ils sont polyvalents et lors d'une première collaboration, il y a toujours une prise de contact et le remplaçant se déplace sur l'exploitation qu'il va gérer, il prend des notes et toutes les informations nécessaires pour assurer la transition."

130 euros par jour pour un remplaçant

Mickaël Losing pratique l'agriculture comme remplaçant depuis déjà quinze ans. À 35 ans, il a donc pu acquérir une large palette de compétences : "dans le bovin, l'ovin, le porcin... et même les abeilles ! J'ai du faire un remplacement d'apiculteur, une fois, ça s'est bien passé". Il comprend l'anxiété de ses collègues : "Au début, pour les premiers remplacements, ils sont réticents. Ils nous confient tout, le cheptel, la ferme entière. Ensuite, la confiance s'installe entre nous deux et puis, ça roule."

Financièrement, "ça rentre dans le budget vacances", explique Jean-Marc Velleine. Le coût d'un remplaçant avoisine les 130 euros par jour, "mais environ 50% peuvent être récupérés en crédit d'impôt, plafonnés à 14 jours par exploitant, précise Cécile Fournier. Par ailleurs, la bonne nouvelle, c'est que ce dispositif fiscal est reconduit au moins jusqu'en 2022."