Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Salon de l'agriculture 2016

Comprendre la crise agricole : la filière avicole

-
Par , , France Bleu

La filière avicole est la moins représentée dans les manifestations des agriculteurs, et pour cause, elle est relativement épargnée par la crise. Cependant, dans le sud-ouest, le retour de la grippe aviaire a entraîné des mesures drastiques, "suicidaires" pour beaucoup de petits producteurs.

La grippe aviaire touche durement les producteurs de foie gras du sud-ouest
La grippe aviaire touche durement les producteurs de foie gras du sud-ouest © Maxppp

Les producteurs de volailles sont moins durement touchés par la crise agricole actuelle que leurs homologues des filières porcine ou bovine, en ce qui concerne leurs revenus. Mais depuis novembre dernier, le retour de la grippe aviaire dans le sud-ouest inquiète fortement les producteurs de palmipèdes à foie gras, canards et oies.

La "peste aviaire", un fléau pour les producteurs de foie gras

En novembre dernier, un premier cas de grippe aviaire, également appelée "peste aviaire" ou encore "Ebola du poulet", a été détecté dans une basse-cour en Dordogne. Le premier depuis 2007. Ce virus se transmet quasi-exclusivement entre volailles, mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint sa mutation, et théoriquement une pandémie qui pourrait frapper l'homme. Le gouvernement français a donc rapidement mis en place un plan d'éradication, non seulement dans les huit départements où des foyers ont été détectés, mais également dans dix autres départements autour de cette zone.

Le vide sanitaire, une première en France

La principale mesure de ce plan d'action contre la grippe aviaire est un "vide sanitaire" dans les élevages d’oies et de canards de ces 18 départements. Concrètement, du 18 avril au 16 mai, les éleveurs ont l’interdiction de faire entrer de nouveaux palmipèdes sur leurs exploitations qui vont donc se vider. Pendant ce temps, les élevages devront être totalement désinfectés, pour reprendre l’exploitation sur « des bases saines » selon le gouvernement. C’est une première en France.

Ce plan exige aussi des éleveurs des mesures préventives, qui ne concernent pas seulement oies et canards cette fois, mais l’ensemble des élevages de volailles et dans tout le pays. Cette action préventive concerne notamment la modernisation des bâtiments dans les élevages.

Des mesures radicales et controversées

Ce vide sanitaire va geler la production pendant plusieurs mois. Selon le CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras), l'impact économique du plan d'éradication de la grippe aviaire est estimé entre 250 et 300 millions d'euros. L’État a promis d’accompagner les éleveurs, en débloquant notamment 130 millions d’euros d’aides supplémentaires pour les éleveurs de palmipèdes. Mais ces aides sont largement insuffisantes pour la Confédération paysanne qui représente les petits producteurs. Ces derniers ont manifesté à plusieurs reprises ces derniers mois pour dénoncer ces mesures, applicables selon eux uniquement à l’échelle des grands industriels.

Par ailleurs, certaines entreprises de la filière s'attendent à perdre jusqu'à 70% de leur chiffre d'affaires annuel, avec à la clé chômage partiel et licenciements économiques.

La volaille, une filière mieux protégée mais fragile

Si les producteurs de foie gras sont en ce moment les plus inquiets, le reste de la filière avicole a également des problèmes. Le plus important est la part croissante des importations. Aujourd'hui en France, 90% de la volaille consommée en restauration, hors de chez soi, est importée. Ce sont les marchés Label rouge et bio qui maintiennent les producteurs français à flot, mais aussi un système de contrats avec les industriels qui n'existe que dans la filière avicole. Ces accords permettent de mieux harmoniser l'offre et la demande, et de maintenir des marges stables pour les éleveurs.

Pour Christian Marinove, de la Confédération française de l'aviculture (branche volaille du syndicat FNSEA), c'est aussi parce que 80% des bâtiments sont amortis chez les producteurs de volaille de chair que ces derniers vivent encore décemment. Mais pour combien de temps ? Ces infrastructures sont plus qu'amorties, elles sont vieillissantes, et les marges actuelles ne suffisent pas à investir pour les moderniser. Or, ce renouveau est le seul moyen de tenir tête à la concurrence étrangère.

>> Retrouvez notre décryptage complet pour comprendre la crise agricole filière par filière

Choix de la station

À venir dansDanssecondess