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Coronavirus : 70 % de ventes en moins pour les vignerons du Centre Loire

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Les ventes de nos vins du Centre Loire se sont effondrées de 70 % sur le marché français au mois d'avril, 50 % si on tient compte des exportations qui ont un peu mieux résisté. Les vignerons craignent des mois très difficiles pour leur trésorerie.

Olivier Luneau, coprésident des unions viticoles en Centre Loire Olivier Luneau, coprésident des unions viticoles en Centre Loire
Olivier Luneau, coprésident des unions viticoles en Centre Loire © Radio France - Michel Benoit

On observe une petite reprise avec le déconfinement mais les vignerons en Centre Loire s'estiment peu soutenus par le gouvernement, puisqu'ils n'ont pas droit aux exonérations de charges sur les salaires annoncées récemment pour les très petites entreprises (TPE) de certains secteurs économiques sinistrés comme le tourisme par exemple.  L'état avait bien proposé une distillation mais à un prix très réduit de 80 euros l'hectolitre, très loin des prix du marché des vins du Centre Loire : Un " non sens " pour Olivier Luneau, coprésident des unions viticoles du Centre Loire.  Les viticulteurs ont juste obtenu des prêts garantis par l'état : " Cela reste de simples prêts, qu'il faudra rembourser au bout d'un an, explique Olivier Luneau et on ne sait même pas quel sera le taux dans un an. Notre souci, c'est qu'on s'est engagé dans de nouvelles pratiques viticoles, plus durables , plus vertueuses. Les viticulteurs ont donc investi pour se réorienter et cette crise tombe très mal." 

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Des vignes berrichonnes de l'appellation Menetou-Salon © Radio France - Michel Benoit

Ces prêts garantis constitueront tout de même une bouffée d'oxygène pour certains vignerons dont la trésorerie est au plus bas mais tous devront faire le dos rond en attendant de meilleurs lendemains. Autre problème : les vignes ont besoin de bras en ce moment pour l'épanprage (la sélection des rameaux fructifères) et le relevage des fils et la main d'oeuvre ne se bouscule pas : " C'est pour nous, de fin avril à mi-juillet, la période la plus gourmande en main d'oeuvre pour préparer la bonne maturation des raisins. Ensuite, la prochaine étape, ce seront les vendanges qui s'annoncent très précoces, et cela renforce notre angoisse puisqu'elles pourraient avoir lieu fin août." 

Les vendanges s'annoncent précoces cette année en Centre Loire. © Radio France - Michel Benoit

Les viticulteurs espèrent que les travailleurs détachés pourront donc revenir rapidement en France, puisqu'on ne trouve pas la main-d'oeuvre suffisante ici. Heureusement, le vin n'est pas périssable : " On va pouvoir recréer du stock ajoute Olivier Luneau. C'est un moindre mal. Cela permettra de vendre un vin de meilleure qualité encore et surtout consommable dès la commercialisation. Ce stock nous permettra de continuer à livrer les fournisseurs en cas d'aléa climatique (grêle ou gel) et nous évitera d'être déréférencé."   En espérant que tous les viticulteurs auront suffisamment de trésorerie pour tenir.

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