Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Coronavirus - la détresse des horticulteurs alsaciens : « On jette nos fleurs, ça fait mal au cœur »

-
Par , France Bleu Alsace

Les horticulteurs de la région n’ont pas le droit d’ouvrir et sont donc durement impactés par la crise du coronavirus. Ils réalisent 50 à 80% de leur chiffre d'affaires entre mars et mai. Ils jettent leurs fleurs printanières et ne savent pas s'ils pourront vendre leurs productions estivales.

En Alsace, des dizaines de milliers de fleurs non vendues finissent sur le compost
En Alsace, des dizaines de milliers de fleurs non vendues finissent sur le compost © Maxppp - Sylvie Cambon

Tous les horticulteurs alsaciens vivent le même cauchemar, que ça soit les petites ou des grosses structures. Les points de vente sont fermés, le gouvernement estime qu’il ne s’agit pas « d’un commerce présentant un caractère indispensable ». Au Point Vert Eichinger à Hochstatt, au sud de Mulhouse, plus de 20.000 primevères, 15.000 pensées, 5.000 pâquerettes et 2.000 myosotis ont donc été détruits le premier jour du confinement. « _On jette notre propre production, on est dans du vivant, ça fait mal au cœur, c’est une blessure_, témoigne la responsable Katia Eichinger. Sur mars, avril, mai, on fait 80% de notre chiffre d’affaire. Les productions d’été, on les a en mains, mais on  ne sait pas ce qu’elles vont devenir. On est dans l’incertitude la plus totale. C’est une situation dramatique. »

"On joue à la roulette russe"

Effectivement, la production estivale est elle aussi menacée. Ce sont les géraniums, mais aussi tous les plants vendus aux jardiniers amateurs de la région, comme les tomates, les fraisiers, les choux, les salades. « C’est difficile à vivre, raconte Stéphane Schwarz, un horticulteur installé à Geudertheim, près de Brumath. Les salariés me demandent tous les jours si on continue. On va rempoter ça, mais est-ce qu’on pourra le vendre ? On joue à la roulette russe en ce moment. On ne sait pas si on pourra vendre ou pas. J’espère que ça va se décanter vers le 15 mai et qu’on pourra encore vendre un peu. Mais c’est catastrophique, moi j’ai plus de 500.000 euros de marchandise en stock, on verra si on peut la sortir ou pas. »

Difficile d'offrir ces fleurs

Pour la trentaine d’horticulteurs alsaciens (sans compter les pépiniéristes), c’est un peu la double peine, car ils sont aussi critiqués sur les réseaux sociaux pour avoir jeté leurs fleurs, plutôt que de les offrir par exemple au personnel soignant, qui lutte contre la pandémie de coronavirus. Ils avaient envisagé ce genre d’initiative, mais ils y ont renoncé pour plusieurs raisons. Techniquement, c’est compliqué de charger les pots qui sont au sol, il faut les ramasser un à un pour les mettre sur les chariots et les horticulteurs eux aussi commencent à manquer de main-d’œuvre. Et puis tout simplement, comme les rassemblements sont interdits, ils ont renoncé par exemple à déposer leurs productions devant leurs magasins par exemple.

"La concurrence déloyale" des hypermarchés

Les représentants de la profession ont demandé un plan d’aide et de soutien pour les horticulteurs à l’échelle nationale. Ils dénoncent aussi "la concurrence déloyale" des grandes surfaces, qui restent ouvertes et peuvent continuer à vendre des plantes et des fleurs.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu