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Coronavirus : les épandages agricoles accusés d'aggraver les symptômes du Covid-19

Poitiers, France

Plusieurs médecins et chercheurs français estiment que la pollution liée aux épandages de lisiers au printemps accélérerait la propagation dans l'air et les symptômes du coronavirus. Les syndicats agricoles de Poitou-Charentes répondent "halte à l'agribashing".

Certains médecins s'inquiètent d'une possible relation entre pollution aux particules fines et propagation du coronavirus.
Certains médecins s'inquiètent d'une possible relation entre pollution aux particules fines et propagation du coronavirus. © Maxppp - Romain Boulanger

Si le confinement imposé par l'épidémie de Covid-19 provoque une baisse de la pollution atmosphérique en Europe, les épandages agricoles qui font florès au printemps pourraient avoir l'effet inverse, selon le réseau d'associations de surveillance de la qualité de l'air (Atmo). Et certains médecins craignent même que cette pollution ne favorise la propagation du coronavirus.

Une baisse en trompe-l'oeil 

"C'est vrai que pour le dioxyde d'azote lié notamment aux rejets de pots d'échappement, la diminution est très nette, par contre, ce n'est pas le cas pour les autres polluants que nous observons", explique Christelle Bellanger, responsable de la communication d'Atmo Nouvelle-Aquitaine.

"Nous avons enregistré samedi 28 mars une hausse de la pollution aux PM10, ces particules fines en suspension dans l'air, dans la Vienne et les Deux-Sèvres"

Cette concentration n'a rien d'exceptionnelle à cette période de l'année, assure l'Atmo. "C'est un phénomène courant au printemps au moment des travaux dans les champs, notamment les épandages d'engrais azotés, on sait qu'il y a des émission d'ammoniac. Et ce gaz va réagir avec le dioxyde d'azote présent dans l'air pour former des microparticules de nitrate d'ammonium", précise Christelle Bellanger.

Des particules fines qui peuvent "véhiculer" le Covid-19

Ce sont justement ces dernières particules fines qui inquiètent l'Association santé environnement France (Asef) contactée par France Bleu Poitou - La Rochelle. "Notre problème, c'est qu'un grand nombre d'éléments montre que ces particules peuvent transporter tout qui se trouve dans l'atmosphère et notamment le coronavirus", déclare le docteur Pierre Souvet, cardiologue et président-fondateur de l'Asef.

"Une étude italienne a révélé qu'il existe une relation entre des épisodes de pollution et des exacerbations de l'importance de l'épidémie"

Elu "médecin de l'année" en 2008 pour son combat sur les questions de santé et d'environnement, le Dr. Pierre Souvet rappelle que ce lien de cause à effet entre d'une part, la pollution de l'air qui enflamme le système respiratoire et affaiblit nos défenses immunitaires, et puis d'autre part, la propagation d'un virus, a déjà été constaté lors d'épidémie de rougeole ou de la grippe. "Il semble qu'il y ait un lien entre la pollution atmosphérique, que peuvent favoriser les épandages agricoles, et la propagation et la diffusion d'un virus." 

Les syndicats agricoles "en tombent littéralement par terre"

L'inquiétude à l'égard des traitements dans les champs suscite l'ire du principal syndicat agricole. "Effectivement, affirme Alain Chabauty, responsable de la FDSEA dans les Deux-Sèvres, les agriculteurs le prennent très mal, c'est un nouvel exemple d'agribashing"(Ndrl, le dénigrement à l'égard du monde paysan).

"C'est dommage et lamentable d'accuser tout de suite les agriculteurs alors qu'on s'efforce de produire malgré le contexte parce qu'il faut bien continuer à nourrir les gens" (Denis Bergeron, FDSEA 86)

"D'une, c'est faux car rien n'est fondé. De deux, si les gens préfèrent manger des produits traités aux Etats-Unis, en Italie ou en Espagne, qu'ils le fassent et qu'ils arrêtent de nous emmerder", rétorque Cédric Tranquard, céréalier de Charente-Maritime, président de la FRSEA de Nouvelle-Aquitaine.

Le Dr. Pierre Souvet se défend de "tout agribashing" à l'instar de l'Atmo qui salue "le travail indispensable des agriculteurs". Déjà le 23 mars dernier, plusieurs chercheurs et médecins du Grand Est publiaient une tribune pour alerter l'Etat sur la "nécessité de limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en oeuvre pour limiter la propagation du virus".

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