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Coronavirus : bientôt 500.000 tonnes de pommes de terre sur les bras des producteurs des Hauts-de-France ?

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Par , France Bleu Picardie

Avec la fermeture des bars, des restaurants et des cuisines des collectivités, les usines de transformation qui fabriquent les frites tournent au ralenti. Ce qui crée un embouteillage sans précédent dans la filière. Les agriculteurs de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais commencent à s'en inquiéter.

Des pommes de terre (image d'illustration)
Des pommes de terre (image d'illustration) © Maxppp - Patrick Lefèvre

"C'est une catastrophe" pour Laurent Degenne, producteur de pommes de terre à Licourt dans l’est de la Somme et président de la Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FRSEA) des Hauts-de-France. Les mesures de confinement prises pour freiner la progression de l’épidémie de coronavirus ont de lourdes conséquences pour les producteurs de pommes de terre de la région.

Laurent Degenne, le président de la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles des Hauts-de-France
Laurent Degenne, le président de la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles des Hauts-de-France © Radio France - Claudia Calmel

La crainte d’un effondrement des cours

Les Hauts-de-France sont la première région française productrice de pommes de terre avec plus de 2/3 de la production nationale. Avec la fermeture des restaurants, des bars et des cantines pour cause de confinement, la consommation de frites industrielles « hors domicile » s’est effondrée. Les frites surgelées achetées par les particuliers en grande surface ne représentent que 30% du marché. Le reste est destiné à l’export et aux professionnels qui ne travaillent pas (ou très peu) en ce moment. Un coup dur pour la région selon Laurent Degenne : _« Il y a quelques semaines, on a eu des soucis à l’exportation vers l’Asie. Maintenant, avec le confinement, l_a restauration rapide -qui est un gros client- fonctionne au ralenti. Les usines de transformation tournent aussi très lentement, avec une ou deux lignes. En amont, les pommes de terre restent bloquées chez les agriculteurs. A un moment donné, ça va forcément peser sur le marché : nous redoutons un effondrement des cours. »

« Je ne dors pas très bien en ce moment »

Une inquiétude partagée par Alain Dequeker, producteur de pommes de terre à Avesnes-le-Sec entre Cambrai et Valenciennes. Il est aussi secrétaire général de l’Union Nationale des producteurs de Pommes de Terre. « Pour la seule région des Hauts-de-France, près de 500.000 tonnes de pommes de terre pourraient ne pas être transformées, faute de débouchés industriels d’ici la fin de la campagne au mois de juin. »  En attendant, les pommes de terre sont stockées, principalement chez les agriculteurs, selon Alain Dequeker : « Je suis très inquiet des conséquences économiques que cette situation va occasionner pour les producteurs. Si je prends mon cas, _j’ai 600.000 euros de pommes de terre en attente_, entreposées chez moi. Je peux vous assurer que je ne dors pas très bien en ce moment. » 

Des solutions alternatives pour écouler les stocks ? 

Alain Dequeker, secrétaire général de l'Union Nationale des producteurs de Pommes de Terre
Alain Dequeker, secrétaire général de l'Union Nationale des producteurs de Pommes de Terre - DR

Alain Dequeker et les producteurs de la filière réfléchissent à des solutions pour écouler leurs pommes de terre, si le confinement venait à durer : « L’export pourrait absorber 10% des pommes de terres qu’on a sur les bras. Après, il nous faudra trouver des solutions comme l’alimentation animale, la méthanisation même si aujourd’hui ces débouchés nous semblent anecdotiques. Une des solutions pourrait être la réouverture des féculeries qui produisent de l’amidon pour l’industrie agro-alimentaire, mais elles fonctionnent de façon saisonnière et sont actuellement en maintenance. Une maintenance elle-même contrariée par le confinement. » Quand à la possibilité de donner des pommes de terre aux particuliers, Alain Dequeker la juge illusoire : _«_Je donne plusieurs tonnes de pommes de terre aux Restos du Cœur chaque année. Mais avec l’épidémie actuelle, même ce débouché-là est compliqué ! Et puis même si nous décidions de les donner, qui viendra chercher 500.000 tonnes de pommes de terre ? C’est un volume énorme : on ne voit pas la solution. »

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