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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : pour éviter l'invasion de sangliers, des dérogations de chasse accordées dans l'Eure

Le confinement n'arrête pas les sangliers et autres nuisibles de s'attaquer aux terres cultivées de Normandie. La chasse est suspendue et des agriculteurs craignent la prolifération. En réaction, la préfecture de l'Eure a signé des dérogations locales pour permettre une chasse ciblée de nuit.

Souvent en bande et actifs de nuit, des dizaines de sangliers peuvent ravager une parcelle : l'an dernier, ce terrain de 11 hectares de Stéphanie Toutain, agricultrice euroise, a été durement touché.
Souvent en bande et actifs de nuit, des dizaines de sangliers peuvent ravager une parcelle : l'an dernier, ce terrain de 11 hectares de Stéphanie Toutain, agricultrice euroise, a été durement touché. - Stéphanie Toutain

"Les opérations de destruction des animaux nuisibles sont suspendues (...) pour une durée indéterminée." L'arrêté de la préfecture de l'Eure est tombé le 20 mars dernier, en plein confinement lié à la pandémie de coronavirus Covid-19. Fin mars, pour de nombreux agriculteurs normands, c'est l'époque des semis de blé, petits pois, colza... Des cultures menacées par ces animaux nuisibles, sangliers en tête : rien que dans l'Eure, il en est prélevé environ 10 000 par an. Avec cette suspension de la chasse, faut-il craindre de gros dégâts dans les terres cultivées normandes ?

"On ne peut pas se permettre de subir plus de dégâts."

Les sangliers, Stéphanie Toutain connaît bien. Sans parler des années précédentes, cette gérante d'une exploitation de 230 hectares à Heuqueville (Eure) vient d'avoir affaire à eux à la fin du mois de mars, lors des premiers semis de blé, petits pois et colza. "Dès le lendemain des semis, nous avons pu observer des trous dans la terre", révèle-t-elle. Avec son groin, le sanglier prend un rang de petits pois et soulève la terre en avançant. "Quand ils sont trente ou quarante, ils sont capables de faire des dégâts importants en une seule nuit."

L'agricultrice s'est donc informée auprès de la fédération de chasse et de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour savoir comment se protéger des nuisibles : "D'un point de vue économique, on ne peut pas se permettre de subir plus de dégâts", avoue-t-elle. Et des dégâts, il y en a : l'an dernier, ils ont été estimés à 900 000 euros dans le département de l'Eure.

Dérogations de chasse nocturne

Pour éviter la prolifération des sangliers et autres nuisibles (comme les pigeons, qui ravagent par centaines les terres cultivées), des dérogations ont été concédées par la préfecture de l'Eure ce lundi 30 mars, notamment dans trois communes : Romilly-la-Puthenaye, Heuqueville, Saint-Aubin-sur-Quillebeuf.

En pratique, l'un des quinze lieutenants louvetiers de l'Eure peut effectuer une opération de prélèvement sur l'une de ces communes, de nuit. Ces sorties nocturnes peuvent avoir lieu tout au long de l'année, mais vu le contexte de confinement et de crise sanitaire, elles ont été remaniées.

Les opérations sont en général faites à partir d'un véhicule. "En temps normal, le lieutenant de louveterie est accompagné de collaborateurs, qui conduisent le véhicule et tiennent les phares à la main", précise Zéphyre Thinus, chef du service des forêts et de la biodiversité à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) dans l'Eure. En ce moment, "les sorties se font seul. Le lieutenant doit trouver une solution pour s'éclairer par lui-même."

Mesures préventives

Zéphyre Thinus le rappelle : "Notre objectif, c'est de n'envoyer les louvetiers que s'il y a des dégâts significatifs." D'ailleurs, même quand il fait dégainer le fusil, l'idée n'est pas de tirer tout ce qui bouge. "Les prélèvements sont mesurés. Dans une compagnie de sangliers, un lieutenant de louveterie en abat un ou deux, trois maximum", le but n'étant pas d'éradiquer la compagnie mais de la faire fuir. Cette technique de prélèvement "faible" est répétée toutes les deux semaines environ.

Pour garder un œil sur les cultures normandes et éviter leur dévastation, la DDTM joue aussi la carte de la prévention avec plusieurs options :

  • La possibilité de poser des clôtures, soit autour des parcelles semées, soit autour des bois pour essayer de contenir les sangliers.
  • Pour les pigeons et autres oiseaux nuisibles aux semis, l'un des moyens reste le canon à gaz pour les faire fuir. 
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