Agriculture – Pêche

Côtes d'Armor : les pêcheurs inquiets après la pollution d'un cours d'eau

Par Jérôme Collin, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel jeudi 20 avril 2017 à 5:58

Des milliers de poissons morts ont été retrouvés dans le Jaudy
Des milliers de poissons morts ont été retrouvés dans le Jaudy - Eau et rivières de Bretagne

L'effondrement du mur d'une porcherie à Pédernec a entraîné le déversement de lisier dans le Jaudy. Le cours d'eau a été pollué sur plus de 13 kilomètres selon les associations environnementales. Des milliers de poissons morts ont été retrouvés. Les pêcheurs sont en colère.

Des milliers de poissons morts. Les images sont impressionnantes. Samedi 10 avril, du lisier s'est répandu dans le Jaudy, le cours d'eau qui traverse les Côtes d'Armor. C'est en fait le mur d'une porcherie qui s'est effondré à Pédernec, près de Guingamp. Les conséquences sont dramatiques selon les associations de défense de l'environnement.

Tout un éco-système menacé ; pas de retour à la normale avant une dizaine d'années !

Parmi les pêcheurs, l'inquiétude est très forte. C'est d'abord "un terrain de jeu" qui disparaît pour eux. Mais surtout, plusieurs espèces sont clairement en danger. "*_Il y en a certaines qui sont en voie de disparition*. Avant qu'elles reviennent, il faudra au moins dix ans_", indique Nicolas Jézéquel. Les associations locales de pêcheurs vont donc déposer une plainte dans les prochains jours.

Nous n'avons pas croisé un seul poisson vivant sur 13 kilomètres. C'est une situation dramatique et tout un éco-système qui est menacé. Parce que les loutres et les martins-pêcheurs ne peuvent plus s'alimenter ici..." Nicolas Jézéquel, président de l'association de pêche de Pontrieux

Comment éviter de tels catastrophes environnementales ?

Les pêcheurs et l'association "Eau et Rivières de Bretagne" réclament un audit pour toutes les bâtiments agricoles de plus de 20 ans. Impossible répond un membre de la Chambre d'Agriculture des Côtes d'Armor. "En Bretagne, ça concerne l'immense majorité des exploitations. Cela serait beaucoup trop coûteux !" explique Yvon Boutier.