Agriculture – Pêche

Crise agricole : les faillites d'élevages ont doublé en Sarthe

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Maine lundi 23 janvier 2017 à 5:00

Manifestation d'agriculteurs sur le rond-point de Beauregard, le 25 novembre 2015.
Manifestation d'agriculteurs sur le rond-point de Beauregard, le 25 novembre 2015. © Maxppp - Olivier Blin

Le nombre d'exploitations agricoles sarthoises en cessation de paiement et en liquidation a doublé entre 2014 et 2016. Les chiffres du tribunal de grande instance du Mans, que France Bleu Maine révèle ce lundi, montrent les effets de la crise agricole sur les finances des élevages.

Depuis l'été 2015, de nombreux agriculteurs alertent sur leurs difficultés économiques, causées par la baisse des cours. Effectivement, presque deux fois plus d'exploitations se sont déclarées en cessation de paiement devant le TGI du Mans en 2016 qu'en 2014 (30 contre 16).

La même tendance se retrouve dans les liquidations judiciaires (les fermetures définitives avec vente des actifs, qui durent plusieurs années). Il y en avait 16 en cours fin 2014 et 30 fin 2016.

Davantage d'échecs dans les redressements

Tous dispositifs confondus (redressement, observation...) 47 exploitations agricoles sarthoises étaient sous protection de la justice fin 2016. Ce qui ne suffit pas toujours : quatre de ces plans ont échoué en cours d'exécution, soit une proportion inédite, et d'autres ont été suspendus.

Suite aux grandes manifestations de 2015, l’État a mis en place plusieurs dispositifs de soutien. La principale enveloppe, consacrée à la prise en charge des intérêts des crédits dûs par les agriculteurs, représente 2,1 millions d'euros pour la Sarthe. Les exploitations laitières ont aussi eu accès à plusieurs centaines de milliers d'euros pour leur trésorerie, mais cette somme ne représente que 1 600 euros par demandeur.

La baisse du nombre d'exploitations agricoles ne date bien sûr pas de cette crise. Entre les recensements agricoles de 2000 et de 2010, l'Insee a ainsi enregistré une chute de 34%. Au difficile renouvellement des générations et aux regroupements, il faut désormais ajouter une autre explication : la crise de l'élevage.