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Crise du lait : les producteurs à l'action devant une quinzaine d'usines Lactalis

Par Marina Cabiten et Raphaël Godet, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu lundi 29 août 2016 à 15:25 Mis à jour le lundi 29 août 2016 à 22:14

Des producteurs de lait rassemblés devant l'usine Lactalis de Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine et Loire
Des producteurs de lait rassemblés devant l'usine Lactalis de Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine et Loire © AFP - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Les négociations sur le prix du lait vont reprendre ce mardi matin entre Lactalis et les organisations de producteurs. Malgré tout, la FNSEA a maintenu ce soir ses actions devant une quinzaine d'usines de Lactalis. Elles pourraient durer toute la nuit.

Des tracteurs par dizaines, des coups de klaxons, des distributions de tracts... Les producteurs de lait maintiennent leur mobilisation devant une quinzaine d’usines Lactalis ce soir. Pas question pour eux de renoncer, même si le géant laitier a annoncé cet après-midi une reprise des négociations demain matin, dans les bureaux de la Préfecture de Mayenne à Laval, où se trouve le siège de l'entreprise. Des actions sont en cours en Haute-Saône, dans la Manche, dans le Calvados, mais aussi dans le Maine et Loire, la Loire ou encore le Cantal. Plusieurs tonnes de paille et de fumier ont par exemple été déversées devant l'usine Lactalis de Cuincy dans le Nord. Ces actions doivent se prolonger cette nuit.

La FNSEA, à l'origine de ces actions, ne relâche pas la pression sur Lactalis. Il compte toujours obtenir de meilleurs prix. "Ce que l'on demande c'est que Lactalis arrive au moins entre 290 et 300 euros" par litre de lait, a déclaré un responsable du premier syndicat agricole. Selon lui, obtenir plus est inenvisageable en raison du marché, plombé par la surproduction européenne.

Sensibilisation dans les supermarchés

"Beaucoup de producteurs se demandent de quoi sera fait leur avenir, certains ont pris déjà la décision d'arrêter", explique Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes-d'Armor. Des agriculteurs vont aussi se rendre dans les prochaines heures dans des supermarchés en Bretagne, dans le Grand Est, les Hauts-de-France ou en Rhône-Alpes pour sensibiliser les consommateurs, avec par exemple des opérations de "stickage" (pose d'autocollants portant des slogans anti-Lactalis sur les produits du groupe).

Le gouvernement se dit impuissant

La FNSEA avait annoncé dimanche cette mobilisation générale, pour tenter de forcer le n°1 mondial du lait à remonter ses prix d'achat, après l'échec de deux sessions de négociations, jeudi à Paris et vendredi à Laval. En élargissant le combat à l'ensemble du pays, les producteurs de lait cherchent à augmenter la pression sur Lactalis, resté silencieux depuis vendredi. Le groupe laitier avait alors proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros, une proposition perçue comme un camouflet par les agriculteurs.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affirmé ce lundi ne pas avoir le numéro de téléphone portable d'Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, ni avoir jamais rencontré ce patron très secret. "Je suis encore disponible pour faciliter et pousser au dialogue, mais je n'ai pas de moyen de pression direct", a-t-il répété, tout en jugeant "pas acceptable" que Lactalis soit l'entreprise "qui paye le litre de lait au producteur le moins cher de toutes les laiteries de France".

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