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Agriculture – Pêche

Dans l'Yonne, l'autorisation de la mise sur le marché du sulfoxaflor inquiète les apiculteurs

samedi 28 octobre 2017 à 4:07 Par Isabelle Rose, France Bleu Auxerre

Les apiculteurs ne comprennent pas pourquoi ce nouvel insecticide est autorisé alors que dès l’année prochaine les néonicotinoïdes seront interdits. Le sulfoxaflor aura les mêmes conséquences, disent-ils. Il est hautement toxique pour les abeilles car agit aussi sur les neurotransmetteurs.

Luc Meunier apiculteur à Parly devant son rucher
Luc Meunier apiculteur à Parly devant son rucher © Radio France - Isabelle Rose

Parly, France

Alain Baron, le président des apiculteurs de l’Yonne, craint qu’il y ait de nouveau des intoxications massives des ruches. « Il faut savoir que tous ces produits-là, les néonicotinoïdes, se transmettent par la sève et les abeilles emportent à la ruche du pollen qui est intoxiqué. Ensuite ce pollen il est consommé par les larves pendant l’hiver et cela a un effet à retardement sur le développement des colonies, ça les détruit ou çà les fragilise. Ce n’est pas une mort brutale la plupart du temps, ce sont de perturbateurs des liaisons entre les cellules nerveuses et cela empêche parfois les abeilles de revenir à la ruche, elles perdent leur sens inné de l’orientation et du coup la ruche se dépeuple. Et quand elles reviennent à la ruche, le couvain va être plus sensible à de nombreuses pathologies qui existent au naturel ».

Alain baron , président des apiculteurs de l'Yonne

Dans l'Yonne, on compte un millier d'apiculteurs dont 400 adhérents au syndicat des apiculteurs de l'Yonne.

L’un des plus anciens apiculteurs du département habite au hameau des Guichards, entre Parly et Pourrain. Cela fait maintenant 54 ans que Luc Meunier élève des abeilles dans un petit bois situé 300 mètres derrière sa maison. « J’ai commencé en 1964 explique-t-il avec une cinquantaine de ruches. A l’époque, on ne faisait attention à rien les abeilles allaient dans les champs butiner et revenaient sans problèmes. Les essaims duraient plusieurs années alors qu’aujourd’hui c’est plus difficile de les garder. Je m’occupe aujourd’hui d’une vingtaine de ruches dont seulement neuf m’appartiennent». Luc meunier a vu au fil des années l'impact des néonicotinoïdes sur ces abeilles « ca les empoisonnent tout doucement. Elles partent chercher du miel dans les champs mais n’arrivent plus à s’orienter pour revenir. Alors elles meurent avec le pollen. Du coup à la ruche, il y a moins de nourriture donc le couvain souffre et meurt. C’est comme une usine à qui l’on ne fournit plus de matières premières ».

Une production de miel divisé par quatre

Et la production de miel s'en ressent. Cette année, Luc Meunier a récolté quatre fois moins de miel qu'il y dix ans. Il estime qu’autoriser aujourd'hui la mise sur le marché du sulfoxaflor est une hérésie. Il faut que chacun en soit conscient car la nature c’est nous. Selon une étude de l'INRA, l'Institut National de Recherche en Agriculture, si les abeilles disparaissent, 65 % des plantes agricoles ne seraient plus pollinisées soit un tiers de notre alimentation.

Rencontre avec Luc Meunier inquiet pour son rucher à Parly

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur le miel, rendez-vous à Toucy samedi 28 octobre pour un marché aux miels de 8h30 à 18h à la halle aux grains. Alain Baron, président des apiculteurs de l'Yonne y animera une conférence à 15 heures.