Agriculture – Pêche

Dans les vignes du Chablisien, le gel a fait des ravages

Par Kevin Dufreche et Benoît Jacobo, France Bleu Auxerre jeudi 20 avril 2017 à 18:53

Les dégâts sont importants dans les vignes icaunaises après deux nuits de gel. Certaines parcelles ont vu leurs bourgeons totalement brûlés.
Les dégâts sont importants dans les vignes icaunaises après deux nuits de gel. Certaines parcelles ont vu leurs bourgeons totalement brûlés. © Radio France -

Des bourgeons brûlés sur des dizaines d'hectares de vignes gelées : les viticulteurs du Chablisien revivent les dégâts de l'an dernier faits par le gel. Le mercure est passé sous la barre des 0° durant deux nuits consécutives. 2017 ne s'annonce pour le moment pas mieux que 2016..

Ils le redoutaient, et ils ont eu raison : les viticulteurs du Chablisien n'ont pu que constater les dégâts faits par le gel dans la nuit de mercredi à jeudi. Beaucoup d'entre eux ont passé leur nuit dans les vignes, à allumer des "bougies", ces petits braseros pour éviter le gel.

Jusqu'à 100% de pertes

Mais cela n'a pas suffit. Dans certaines exploitations, l'intégralité des bourgeons ont été brûlés par le gel. "L'année s'annonçait très bien, parce que les bourgeons étaient vraiment très beaux, témoigne Romain Poullet, viticulteur à Maligny. On s'attendait pas trop à avoir des gelées aussi importantes."

"On sait que c'est une période qui peut être compliquée, mais là, c'est vraiment violent..." - Romain Poullet, viticulteur à Maligny

Romain Poullet, viticulteur à Maligny : "C'est vraiment violent"

"C'est notre métier, mais c'est toujours compliqué physiquement, et moralement", poursuit l'exploitant, un peu découragé par ces événements.

Le spectre de l'année 2016

C'est un nouveau coup dur, après une année 2016 marquée par un épisode de gel, et par les fortes intempéries, qui avaient vu la grêle ravager de nombreux hectares de vignes. "J'ai connu des années difficiles, mais là c'est un gros coup, concède Claude Ventoura, viticulteur à Fontenay-près-Chablis. L'année dernière on a déjà pas fait de vin. Ca recommence mais ça revient un peu souvent." Sur son exploitation, 7 hectares sur 11 ont été touchés, dont 3 totalement brûlés.

"Ca va être dur, on va essayer de survivre... et on verra bien." - Claude Ventoura, viticulteur à Fontenay-près-Chablis

Les systèmes pour protéger les vignes du gel existent, mais ils coutent très cher, plusieurs milliers d'euros pour une seule nuit, ce qui n'est pas supportable pour la plupart des exploitations. Surtout quand on a d'autres charges : "Les banques sont là, mais bon on a des prêts sur le dos, et il va bien falloir les rembourser, poursuit Claude Ventoura. On passe un mauvais cycle là", conclut-il, visiblement ému par la situation.

"C'est le métier, c'est le jeu comme on dit. Mais... c'est pas facile." - Claude Ventoura, viticulteur à Fontenay-près-Chablis

Les températures s'annoncent plus douces pour le week-end. Mais les viticulteurs redoutent un nouvel épisode de gel la semaine prochaine. Il faudra alors de nouveau veiller au grain, pour espérer limiter les dégâts sur le millésime 2017.

Claude Ventoura, viticulteur à Fontenay-près-Chablis, a vu 7 hectares sur les 11 de son exploitation touchés par le gel