Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

De la bouse de corne pour les vignes

jeudi 19 avril 2018 à 4:58 Par Sonia Ghobri, France Bleu Drôme Ardèche

Dans la Drôme, le domaine Paul Jaboulet Aîné, utilise de la bouse de corne sur une partie de son vignoble. C'est une préparation que l'on trouve en biodynamie. Un type d'agriculture biologique qui prend également en compte l'influence des énergies cosmiques et terrestres sur les plantes.

Vignes du domaine Paul Jaboulet Aîné (Drôme)
Vignes du domaine Paul Jaboulet Aîné (Drôme) © Radio France - Sonia Ghobri

Le domaine Paul Jaboulet Aîné dans la Drôme s'est lancé dans la biodynamie en 2013. Ce n'est pas seulement de l'agriculture biologique. La biodynamie prend en compte tout l'environnement et notamment les énergies terrestres et cosmiques (la lune, le soleil). Nous connaissons, par exemple, l'influence de la lune sur les marées. La biodynamie considère qu'il y a aussi un lien avec les plantes et pour favoriser la connexion entre les plantes et les énergies, il existe des préparations comme la bouse de corne. Le domaine Jaboulet l'utilise pour une partie de ses vignes. 

De la bouse de vache dans une corne 

La bouse de corne c'est une corne de vache que l'on remplit de bouse de vache. Les déjections des vaches, nous le savons, peuvent servir d'engrais. La particularité de la préparation se trouve dans la corne de vache, comme l'explique Sébastien Baillon, chef de culture au domaine Jaboulet : "les cornes de vache sont comme des antennes, ce n'est pas exactement ça mais c'est l'idée, elles vont capter les rayonnements cosmiques et les transmettre à la bouse".

Pour cela, il faut enterrer le tout, trois mois pendant l'hiver. Lorsque la bouse est retirée de la corne, elle n'est plus liquide mais pâteuse. Cette  préparation doit être dynamisée, c'est le terme : elle est brassée avec de l'eau dans une grande cuve.  Et dans les deux heures qui suivent, l'eau dynamisée est épandue sur les sols. La corne elle peut être réutilisée. 

Cuve en cuivre où la bouse de corne est brassée avec de l'eau  - Radio France
Cuve en cuivre où la bouse de corne est brassée avec de l'eau © Radio France - Sonia Ghobri

La bouse de corne est utilisée depuis 2013 sur le domaine Paul Jaboulet Aîné mais ce n'était qu'une expérimentation sur deux hectares. " Et à partir du moment où on a été convaincu de cette direction, nous avons commencé les phases de production l'an dernier, avec 24 hectares. Et cette année nous serons à 50 hectares", explique Sébastien Baillon, le chef de culture. Le domaine compte 120 hectares. 

_"Les vignes sont en meilleure santé. Elles ont donc de meilleures défenses immunitaires" -_ Sébastien Baillon.

Les résultats sont satisfaisants : "la terre est plus riche, les vignes sont bien alimentées et le vin est meilleur" constate Sébastien Baillon : "Nous avons fait les premiers essais sur une parcelle de Crozes-Hermitage blanc et nos vins étaient plus frais avec davantage d'acidité. La fraîcheur dans les vins blancs c'est quelque chose d'important. On a amélioré cette sensation".

"Tout ne s'explique pas "

Sébastien Baillon comprend que certains puissent trouver la biodynamie farfelue : "moi au début, je me disais que c'était assez étrange. Je suis de formation scientifique. Maintenant voilà, nous avons mené l'expérience. Et nous avons constaté des choses. J'explique pas tout. Tant pis ce n'est pas grave, il faut être un peu modeste. Peut-être que l'on comprendra un jour".

Une étude de l'INRA jusqu'en 2023

Cette année et jusqu'en 2023, des chercheurs de L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Dijon viendront étudier les sols du domaine pour tenter d'expliquer ces phénomènes. Ils observeront également les différences entre l'agriculture biologique et biodynamique.