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Agriculture – Pêche

De nouvelles mesures pour aider les agriculteurs frappés par la sécheresse en Bourgogne-Franche-Comté

dimanche 7 octobre 2018 à 18:30 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

En Côte-d'Or et dans la plupart des départements de la région les éleveurs sont contraints d'utiliser leurs stocks d'hiver pour nourrir les bêtes. L'État annonce de nouvelles mesures d'aides pour les exploitants agricoles. Qu'en pensent-ils? On a posé la question à un éleveur de Créancey.

L'exploitation de Jean-Marc Lucotte, éleveur à Créancey, souffre de la sécheresse. Pour lui les mesures annoncées par le gouvernement et relayée par la Préfecture ne sont que du "saupoudrage".
L'exploitation de Jean-Marc Lucotte, éleveur à Créancey, souffre de la sécheresse. Pour lui les mesures annoncées par le gouvernement et relayée par la Préfecture ne sont que du "saupoudrage". © Radio France - Thomas Nougaillon

21320 Créancey, France

La Préfecture de Bourgogne-Franche-Comté muscle son jeu pour lutter contre les effets de la sécheresse. Le 4 octobre dernier elle annonçait la mise en oeuvre de nouvelles mesures décidées par le gouvernement pour aider les agriculteurs les plus impactés par ce fléau qui dure depuis mi-juin dans notre grande région. 

Parmi ces mesures, le dégrèvement de la taxe foncière sur le foncier non bâti, la possibilité de déclencher des procédures de calamités agricoles... Fin août des mesures exceptionnelles avaient déjà été mises en oeuvre notamment pour soutenir la trésorerie des exploitations agricoles.   

Jean-Marc Lucotte est éleveur à Créancey près de Pouilly-en-Auxois, pour lui des mesures simples pourraient être prises comme des reports d'annuités ou encore l'encadrement des prix du fourrage - Radio France
Jean-Marc Lucotte est éleveur à Créancey près de Pouilly-en-Auxois, pour lui des mesures simples pourraient être prises comme des reports d'annuités ou encore l'encadrement des prix du fourrage © Radio France - Thomas Nougaillon

France Bleu Bourgogne a fait lire le communiqué de la Préfecture et les annonces qu'il contient à Jean-Marc Lucotte. Cet éleveur de l'Auxois possède 90 vaches allaitantes, il exploite 300 hectares à Créancey près de Pouilly. Voici son décryptage. "Les services de l'État travaillent aux côtés de la profession agricole -lit-il à haute voix- pour déterminer les opportunités du dépôt d'un dossier de demande de reconnaissance auprès du comité national de gestion des risques en agriculture... C'est bien compliqué tout ça !" 

Notre reporter explique pourquoi Jean-Marc Lucotte n'est pas emballé par ce nouveau train de mesures

"Ces mesures ne sont pas suffisantes"

Lunettes sur le nez, l'éleveur poursuit sa lecture à haute voix tout en commentant certains points. 

"La commission européenne a accordé une dérogation permettant le pâturage ou le fauchage des jachères... Alors sur ce point là ils ont réagit et c'est bien mais c'était un peu tard car les jachères étaient déjà transformées en paille lorsqu'on a eu le droit de les récolter. Et puis les jachères ne représentent pas de grandes surfaces ni de gros tonnages. Ces mesures ne sont pas suffisantes, c'est du saupoudrage comme à chaque fois" explique Jean-Marc Lucotte. 

Jean-Marc Lucotte n'est pas convaincu par ces nouvelles annonces

Julien Gaunet, 25 ans, salarié agricole depuis une dizaine d'années sur l'exploitation de Jean-Marc Lucotte. - Radio France
Julien Gaunet, 25 ans, salarié agricole depuis une dizaine d'années sur l'exploitation de Jean-Marc Lucotte. © Radio France - Thomas Nougaillon

"Le gouvernement veut-il que nous disparaissions à petit feu?"

Voici ce qu'il faudrait faire, selon Jean-Marc Lucotte, pour aider concrètement les éleveurs. "Ce qui serait facile à mettre en place ce sont des reports d'annuités, la prise en charge des intérêts sur les prêts, encadrer les prix des aliments du bétail et des fourrages parce que tout cela flambe ces derniers temps. Et les prix de vente de nos viandes -eux- restent toujours désespérément bas. 

Mais peut-être au fond que ce que veut notre gouvernement: que nous disparaissions à petit feu?" s'interroge Jean-Marc Lucotte. En attendant pas sûr que Julien Gaunet, 25 ans, salarié agricole sur l'exploitation depuis une dizaine d'année, reprenne un jour la ferme de Jean-Marc comme c'était prévu. 

"C'est peut-être faisable mais le monde agricole doit se porter un peu mieux qu'aujourd'hui. Parce que tout cela ne me motive pas trop" avoue le jeune homme qui se pose beaucoup de questions depuis quelques mois. Des questions qui reviennent avec encore plus d'acuité aux vues de cette nouvelle catastrophe climatique.   

Quelles mesures voit-il pour sortir les éleveurs de ces grosses difficultés actuelles?

Jess, un taureau Charolais qui sera présent sur la ferme de Côte-d'Or à la Foire Gastronomique de Dijon au mois de novembre prochain. - Radio France
Jess, un taureau Charolais qui sera présent sur la ferme de Côte-d'Or à la Foire Gastronomique de Dijon au mois de novembre prochain. © Radio France - Thomas Nougaillon

Comme en écho à ces interrogations qui traversent le monde agricole, d'autres mesures pourront être mobilisées dit encore la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté. Parmi elles le recours à l’activité partielle pour les salariés agricoles ; ou encore le report ou l’allègement des cotisations sociales sur demande individuelle auprès des caisses de la Mutualité Sociale Agricole (MSA).

Pourquoi cette sécheresse n'en finit t-elle plus de faire souffrir nos éleveurs et que faudrait-il faire concrètement pour améliorer leur sort? Réponse de notre reporter.