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Dégâts des sangliers : les chasseurs des Landes vont-ils pouvoir continuer à payer ?

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Par , France Bleu Gascogne, France Bleu

Le problème devient majeur dans les Landes. Les dégâts causés par les sangliers sont de plus en plus importants. Cette année, alors que la période des semis est loin d'être terminée, plus de 130 dossiers sont déjà arrivés à la Fédération des chasseurs, contre seulement une quarantaine l'an dernier.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - SEBASTIEN LAPEYRERE

Des dégâts multipliés par trois et depuis trois semaines entre six et huit appels par jour d'agriculteurs pour demander la marche à suivre, après le passage de sangliers. Le constat fait par Denis Lafargue, agriculteur à Heugas et élu à la Chambre d'agriculture des Landes, est sans appel. "Nous sommes dans une situation de _crise pour le monde agricole_. On essaie tous de se mettre face à lui, que ce soit la Fédération des chasseurs, l'administration ou bien nous, mais on n'arrive pas à enrayer cette population qui est exponentielle" explique Denis Lafargue. Lors de la dernière campagne de chasse, 14.000 sangliers ont été prélevés

Le problème devient donc majeur dans les Landes. Les dégâts causés par les sangliers sont de plus en plus importants, notamment en terme de surfaces détruites et cette année, on atteint des records "des agriculteurs qui ont resemé deux ou trois fois leurs cultures sont exténués", rajoute Denis Lafargue. Alors que la période des semis est loin d'être terminée, plus de 130 dossiers sont déjà arrivés à la Fédération des chasseurs, contre seulement une quarantaine l'an dernier explique le directeur de la Fédération, Régis Hargues. 

Un régime d'indemnisation à bout de souffle

Depuis une loi de 1968, tous les dégâts sont intégralement remboursés par les chasseurs et aujourd'hui, ça devient très compliqué poursuit Régis Hargues. Dans les Landes,  chaque année, un million d'euros est alloué au budget dégâts. De la seule poche des chasseurs. 

Ce budget est alimenté de plusieurs façons. Grâce au plan de chasse, chaque année, les associations de chasseurs, les ACCA, paient des bracelets à la Fédération pour tuer un quota de cerfs et de chevreuils sur leur territoire, mais c'est en fait le chasseur qui, par le biais de sa carte de d'adhésion, finance cette taxe. Pour autant ça ne suffit pas. Chaque année, le budget dégâts est en déficit. 230.000 euros de déficit pour la dernière campagne, sur 2017-2018. Pour combler ce trou la Fédération touche encore au porte monnaie. En Assemblée Générale, le mois dernier, elle a voté 4 euros en plus du permis pour tous les chasseurs. Et puis, chaque association de chasse paie également une contribution territoriale en fonction des dégâts et de la superficie chassable. Une association peut ainsi payer jusqu'à 10.000 euros par an

Une situation compliquée d'autant que la population de sangliers ne cesse d'augmenter malgré toutes les mesures prises en concertation avec les services de l'Etat et le monde agricole. Le nombre de chasseurs, lui, baisse dans les Landes. Les pratiques agricoles évoluent avec de plus en plus de cultures à haute valeur ajoutée, comme le maïs semence, dont l'indemnisation à l'hectare est beaucoup plus importante que du maïs de consommation. Le poids de la sylviculture dans les Landes, une forêt de pins, cultivée et par conséquent qui n'est pas nourricière poussent les animaux, affamés, à se rendre dans les champs où les cultures sont appétantes. Les protections, les clôtures électrifiées n'y font rien. 

Des chasseurs fatigués

"On ne peut plus assumer cette charge seuls", résume régis Hargues, "on ne dit pas qu'il faut s'en désengager totalement, mais c'est certain qu'il faut réfléchir à un système qui permet de trouver des financements externes parce que les dégâts sont bien présents, _il faut que les agriculteurs puissent être indemnisés_, mais il faut aussi s'apercevoir que le montant financier pour les seuls chasseurs devient très complexe à gérer".

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