Agriculture – Pêche

Des agriculteurs créent un centre de méthanisation à Préchacq-Navarrenx

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn dimanche 1 octobre 2017 à 19:07

Le chantier du futur centre de méthanisation de Préchacq-Navarrenx
Le chantier du futur centre de méthanisation de Préchacq-Navarrenx © Radio France - Axelle Labbé

A Préchacq-Navarrenx, 15 agriculteurs sont en train de faire construire un centre de méthanisation, baptisé Méthalayou. Un investissement à 6 millions d'euros, financé en partie par des particuliers.

A Préchacq-Navarrenx, 15 agriculteurs sont en train de faire construire un centre de méthanisation. Les travaux de Méthalayou ont commencé en février, ils devraient être terminés en mai. Le principe est simple : transformer le fumier en biométhane et revendre ce gaz à TIGF.

En fait c'est un peu comme si on reproduisait le système digestif d'une vache à très grande échelle. Chaque jour, 50 tonnes de déchets arriveront à Méthalayou : du fumier, du lisier, mais aussi de l'herbe tondu, des déchets de cantine ou des rebuts de fruits et légumes de supermarché. Tout cela va décanter dans plusieurs bassins. Les bactéries vont proliférer et produire du gaz contenant 60% de méthane. Ce gaz va ensuite être nettoyé, puis il sera injecté dans les tuyaux de TIGF pour arriver directement dans votre gazinière.

Moins d'engrais chimiques

Cela va permettre aux agriculteurs de ne pas gaspiller. Avec la méthanisation, rien ne se perd. Les matières qui ne se transforment pas en gaz forment une sorte de compost appelée digestat, sans odeur. Elles sont aussi réutilisées explique Thierry Aurisset, l'un des agriculteurs à l'origine du projet : "le digestat qui sera produit sur l'unité sera enfoui ou épandu sur des cultures qui ont déjà poussé. Donc uniquement quand les plantes en ont besoin, ce qui permet de bien mieux utiliser les éléments fertilisants et d'économiser les engrais chimiques. Il faut aussi se rappeler qu'on est les premiers voisins de nos épandages, donc quand ça sent, c'est nous les premiers impactés. Dans un litre de lisier, il y a 50 Wh, de quoi éclairer une pièce pendant une bonne heure. Avec les quantités qu'on sort des élevages, il y a de quoi faire beaucoup de choses".

Un financement participatif

Un investissement à 6 millions d'euros, financé par les agriculteurs eux mêmes (350 000 euros), des subventions (1,7 millions), des emprunts (3,5 millions) et par des particuliers. 79 personnes ont ainsi investit au total plus de 120 000 euros dans ce projet.

Comme Jean Reboul, qui vit à Morlas. Sa compagne et lui ont mis chacun 5000 euros dans le projet Méthalayou : "je suis utilisateur d’énergies renouvelables et j'ai préféré investir dans un projet local, et en plus basé sur l'agriculture, un des piliers de la région. J'avais le choix, j'aurais pu investir pour moi dans des panneaux solaires mais je me suis rendu compte que pour la même somme, on est beaucoup plus efficace en participant à des projets de grande envergure. On produit deux à trois fois plus d'énergie par rapport à un investissement personnel. De toute façon, l'investissement n'est pas perdu, c'est de l'argent que je peux récupérer. À partir du moment où je peux récupérer ma mise c'est suffisant. Après si ça ne rapporte pas, et bien ça ne rapporte pas! Mais je pense que ça va rapporter, ce sont des ressources disponibles, il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser. Tout ce qui est déchets végétaux, déchets de l'agriculture, il n'y qu'à bien les utiliser pour produire. À partir du moment où c'est fait, je pense que la rentabilité est assurée".