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Agriculture – Pêche

Des agriculteurs de Puisaye veulent cultiver la noix

vendredi 27 avril 2018 à 18:17 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

9 exploitants de l’Yonne lancent une filière de noix et de noisettes. Une nouvelle activité qui doit leur permettre de se diversifier mais il faudra être patient : la première récolte n’est pas attendue avant 2025.

9 producteurs ont lancé l'association "Noix et noisettes de Bourgogne".
9 producteurs ont lancé l'association "Noix et noisettes de Bourgogne". © Radio France - Delphine Martin

Étais-la-Sauvin, France

Ils sont 9 exploitants agricoles : céréaliers ou éleveurs, parfois les deux. Ils viennent de Thury, Etais-La-Sauvin, Tannay ou encore Courson-Les-Carrières... Et en 2016, après une année catastrophique pour les céréales, ils se disent qu’il faut faire quelque chose. "On s’est tous retrouvé avec le moral dans les chaussettes au mois d’août, et on s’est dit qu’il fallait trouver des solutions pour sauver nos exploitations. Et on s’est basé sur l’expérience de notre président Hugues, qui avait été se former l’année précédente dans le Lot à la conduite du noyer. Il nous a dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire", se souvient Loïc Guyard, agriculteur à Thury.

Objectif : 50 hectares d'ici l'an prochain

Alors les agriculteurs de Puisaye prennent le taureau par les cornes, s’unissent, se renseignent, se forment dans le Lot, et créent l’association "Noix et Noisettes de Bourgogne". Ils ont planté les premiers noyers cette année, sur une surface d’environ 20 hectares (soit 2500 arbres). Ils vont planter une trentaine d’hectares supplémentaires l’an prochain, soit 4000 arbres de plus.

L’objectif est de créer une nouvelle filière de noix et de noisettes dans le département, ce qui n’existait pas jusqu’ici. Certes, les anciens disent qu’il y avait pas mal de noyers au XIXe siècle dans l’Yonne. Et il y a toujours des particuliers qui ont quelques noyers ou noisetiers. 

Les arbres qui viennent d'être plantés mesurent à peine entre 60 et 90 centimètres. - Radio France
Les arbres qui viennent d'être plantés mesurent à peine entre 60 et 90 centimètres. © Radio France - Delphine Martin

Là, il s’agit d’aller plus loin. Pour cela, il faudra « pousser un peu » les arbres, leur donner une attention toute particulière pour qu’ils donnent des fruits plus rapidement. Et ça passera, pour certains agriculteurs qui le peuvent, par de l’irrigation. "Comme toute production, il faut beaucoup d’eau pour avoir une croissance rapide. Là, on a des arbres qui font entre 60 et 90 centimètres. Il faut de l’eau, des fertilisants, des matières organiques pour qu’ils poussent vite. L’objectif, c’est d’entrer en production dans 5 ou 6 ans, au lieu de 7", explique Laurent Yverneau, d’Etais-La-Sauvin, qui vient de planter 7 hectares de Noyers.

Quand on a des difficultés dans une exploitation, il ne faut pas tarder à prendre des virages. C’est le choix qu’on a fait tous les 9. On espère que c’est le bon (Loïc Guyard)

"C'est un investissement lourd mais on a décidé de prendre un virage" Loïc Guyard, agriculteur

Mais c’est un investissement lourd pour ces exploitants, puisque planter des noyers coûte 5 000 euros par hectare. "D’autant que le retour sur investissement est encore inconnu pour le moment", ajoute Loïc Guyard, "les banques ne nous suivent pas forcément, mais pour les défendre un petit peu, il faut dire que c’est une activité inconnue dans le secteur. Donc il faut avoir les reins solides pour planter, car l’entrée en production, c’est dans 5 ou 6  ans ! Ce n'est pas pour demain. Mais quand on a des difficultés dans une exploitation, il ne faut pas tarder à prendre des virages. C’est le choix qu’on a fait tous les 9. En se disant on prend un virage maintenant, on espère que c’est le bon. Et on change de production".

Une vraie demande de noix françaises

C’est un projet sur le long terme, pour faire autre chose que des céréales, et avoir une plus grande maîtrise de sa production. D'autant qu'il y a une vraie demande de noix françaises de qualité. "Il y a beaucoup de demande. Dans le Lot, ils n’arrivent plus à fournir. On s’en est rendu compte quand on a fait la formation", explique Damien Guyard, jeune agriculteur à Lainseq. "Du coup, on espère répondre à la demande qu’il y a en France et dans le monde. Une demande qui vient des industriels, mais on veut aussi développer la vente localement." 

"Il faudra beaucoup d'eau et de nutriments si on veut pouvoir entrer en production rapidement" - Laurent Yverneau, agriculteur

Dans ce projet, les agriculteurs icaunais sont accompagnés par la Chambre d'Agriculture de l'Yonne, une conseillère technique du Lot. Ils bénéficient aussi du soutien de l'Agence de l'Eau Seine Normandie et du fonds VIVEA.

Il faudra donc attendre plusieurs années avant de récolter les premières noix. D’ici-là, les agriculteurs de l’association espèrent faire d’autres adeptes dans la région. Après l’escargot ou la truffe, ils font le pari qu’on parlera peut-être un jour, avec gourmandise, de la « noix de Bourgogne ».

"Il y a une vraie demande" - Damien Guyard

Les producteurs veulent répondre à une forte demande des consommateurs. (Chambre d'Agriculture de l'Yonne) - Radio France
Les producteurs veulent répondre à une forte demande des consommateurs. (Chambre d'Agriculture de l'Yonne) © Radio France -