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Agriculture - Pêche

Glyphosate : grand écart des taux chez les agriculteurs selon les laboratoires

Dix agriculteurs du canton de Plabennec ont effectué pour la première fois un double test pour détecter le glyphosate dans leurs urines. Entre les résultats obtenus via le laboratoire allemand, référence pour les "pisseurs volontaires", et ceux d'un laboratoire français, c'est le grand écart.

Dix agriculteurs du canton de Plabennec ont fait détecter le glyphosate dans leurs urines
Dix agriculteurs du canton de Plabennec ont fait détecter le glyphosate dans leurs urines © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Plabennec, France

Des taux de glyphosate dans les urines qui passent de "traces non détectables" à 2,97 microgrammes par litre : c'est le paradoxe qu'ont voulu mettre en lumière des agriculteurs de Plabennec pour dénoncer la méthode utilisée par les pisseurs volontaires qui réclament la fin du glyphosate dans l'agriculture.

Méthodes divergentes

Dix agriculteurs en conventionnel et un retraité vivant dans la campagne de Plabennec, n'ayant jamais travaillé dans le monde agricole, ont participé à ce test. Un échantillon d'urine prélevé le 7 novembre pour chacun, à jeun, a été divisé et envoyé à deux laboratoires différents. "C'est un huissier qui a fait la mise sous pli et l'envoi, on ne voulait pas être accusés d'avoir trafiqué les échantillons", précise Jean-Luc Bergot, agriculteur à l'initiative de ce double test.

Le laboratoire allemand Biocheck est plébiscité d'ordinaire par les "pisseurs volontaires" qui s'opposent à l'utilisation du glyphosate. "Il s'agit d'un test Elisa dont la fiabilité est assez contestée puisqu'il révèle des réaction anticorps avec un grand nombre de faux positifs quand il est fait sur un échantillon d'urine", indique Charline Alenda, chargée de mission environnement à la FDSEA. 

Les échantillons ont donc été envoyés également à Labocéa, à Plouzané, qui utilise la chromatographie en phase liquide couplée à une analyse par spectrométrie de masse. En clair : une méthode qui sépare les molécules d'un mélange complexe et quantifie précisément chacune d'elle. "Cette méthode est jugée plus précise que celle du laboratoire allemand, c'est un laboratoire certifié par l'Etat", selon Charline Alenda.

Toujours en dessous de la dose journalière maximale

Le résultat des tests est sans appel : les taux de glyphosate obtenus varient très largement selon le laboratoire. En passant par Biocheck, ils vont de 0,44 à 2,97 microgrammes par litre. Quant à Labocéa, les traces sont si faibles qu'elles sont non détectables, soit en dessous de 0,05 microgrammes par litre. 

Les résultats sont radicalement différents selon le laboratoire - Radio France
Les résultats sont radicalement différents selon le laboratoire © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

La dose journalière admissible (DJA) de glyphosate, soit la dose maximale d'exposition sans effet chez l'homme retenue par l'Anses, est largement supérieure à l'ensemble des résultats : "les taux obtenus avec Labocéa en France correspondent à une _ingestion de résidus de glyphosate 80.000 fois inférieure à la dose journalière admissible_, précise Charline Alenda. Même les résultats avec Biocheck sont 1.300 fois à 9.000 fois inférieurs".

Remettre les agriculteurs dans le débat

Pour Jean-Luc Bergot, l'objectif est atteint : "on est très content d'être positif au glyphosate en Allemagne et négatif en France. _Ça nous conforte dans ce qu'on a pu lire sur le laboratoire allemand, qui ne nous semblait pas tout à fait crédible_". Pour ceux qui ont participé au test, pas de surprise : "on se doutait bien qu'on était pas contaminés comme ça au glyphosate", lance Dominique Acquitter, agriculteur à Bourg-Blanc.

"La non fiabilité du laboratoire allemand est aujourd'hui avérée, estime Jean-Alain Divanac'h, le président de la FDSEA du Finistère. Il y a pour nous de la malhonnêteté de certaines associations qui polluent le débat médiatique et l'ambiance vis-à-vis des agriculteurs sur la base de ce test". Aujourd'hui, plus de 5.000 plaintes ont déjà été déposées par des pisseurs volontaires : "il faut arrêter de déborder les tribunaux avec ces procédures qui sont nulles et non avérées d'après nous".

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